TNP Villeurbanne

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L’architecture

 

Le TNP dans les Gratte-Ciel

L’essor de la Ville de Villeurbanne date de la fin du 19e siècle et du début du 20e.
Villeurbanne affirme toute son identité en plantant bien droit ses Gratte-Ciel dans les années 30. Riche de ses audaces architecturales, de ses avancées sociales et de ses affirmations politiques, c’est en partie pour cela que cette ville a le charme de la différence et toutes les nuances de la tolérance.

Au début des années 30, au milieu de champs parsemés de maisonnettes et d’usines, commençaient à se dresser les Gratte-Ciel. Des géants de brique et d’acier, pour une population habituée à des bâtiments, ne dépassant guère les cinq étages. Le maire d’alors, le Dr Lazare Goujon, a imaginé et lancé ce nouveau centre-ville moderne, voire futuriste pour l’époque. Et cela, en pleine dépression économique.
Jusqu’en 1934, des centaines d’ouvriers se sont relayés pour sortir ce centre-ville de terre en un temps record.

L’aménagement du nouveau TNP a été l’objet d’un concours remporté conjointement par le cabinet d’architecture Fabre/Speller, implanté à Clermont-Ferrand et l’architecte Massimo Scheurer de l’agence A rassociati de Milan. Auteurs d’une vingtaine de constructions ou rénovations de théâtres, ils s’attachent à l’efficacité de l’usage scénique ainsi qu’à la qualité d’accueil et de mise en scène du public, qui renoue avec les valeurs d’une tradition classique modernisée.

Parmi leurs réalisations on retiendra : le Théâtre des Salins à Martigues, le Théâtre du Carré à Château-Gontier, la salle Maria Casarès du Théâtre de Montreuil, et les rénovations des théâtres d’Arles, Valence, Vannes, Montluçon, Saint-Dizier, la restructuration du Théâtre de la Cité Internationale et du Théâtre du Rond-Point à Paris, le Théâtre-Opéra Mariinky de Saint-Pétersbourg, La Fenice de Venise… pour celle du Théâtre National Populaire de Villeurbanne, les architectes ont souhaité renouer avec l’esprit des lieux, révélés en 1930.
Cette même équipe œuvre actuellement au chantier de rénovation du cinéma Le Louxor, à Paris et le nouveau théâtre de Villeneuve-le-Roi.

 

L’architecture extérieure

L’architecture initiale de Morice Leroux, réalisée dans les années 1930, est à la fois respectée et réinterprétée à partir de sources historiques. Après une trentaine de mois de travaux, le chantier se referme.
Les ouvertures de la façade côté place Lazare-Goujon ont été remplacées par des fenêtres de tailles variées, aux matériaux soignés, en bois et en métal. De nombreuses fenêtres structurent la façade du TNP comme dans les années trente et une couleur d’un ton clair couvre l’ensemble du bâtiment.

 

L’architecture intérieure

La scène

Une des caractéristiques majeures du chantier est l’agrandissement de la cage de scène.
Celle-ci commence par les dessous de scène (6,10 m au-dessus de la rue Becker) qui comprennent un couloir permettant aux comédiens de circuler entre le côté cour et le côté jardin. Au-dessus, à 10,10 m de la voirie, se trouve le plateau de scène, plus grand qu’auparavant, avec une zone de coulisses pour les changements de décors. 20 m plus haut, des passerelles métalliques ont été créées sur trois niveaux (entre 21,50 m et 27,70 m) pour les cintriers responsables de la manipulation des décors. Situé à 31,35 m, le gril est constitué d’un vaste plancher métallique sur lequel se trouve l’appareillage de la machinerie. À 37 m se trouve le toit de la cage de scène. Pour desservir l’ensemble de ces niveaux, un ascenseur de scène a été installé.
Le monumental monte-camions dessert le Petit théâtre, les réserves, les dessous de scène et le plateau.

La salle

Cette salle, mythique par l’excellence des spectacles qu’elle a pu recevoir, avait été dessinée en 1971, juste avant que l’appellation TNP lui soit dévolue.
Singulière par la répartition de ses gradins, épousant la forme d’une coquille Saint-Jacques (creusée en son centre avec des bords harmonieusement relevés), elle était appréciée notamment pour ce mouvement qui assure aux spectateurs une visibilité égale et une répartition démocratique. Cette spécificité est conservée et même radicalisée par le parti pris de supprimer les allées qui coupaient les rangées de fauteuils. Désormais, les spectateurs constituent un groupe solidaire bénéficiant d’un meilleur angle de vue.
Avec ses fauteuils rouge répartis en écailles, ses boiseries de wengé aux murs, son sol moquetté de couleur marron glacé, son plafond acoustique constitué de plaques aux formes très esthétiques, elle s’offre à tous avec chaleur et harmonie.

Les espaces publics et professionnels

Les espaces publics, hall d’accueil, brasserie, foyer ont été repensés à partir des matériaux, couleurs et formes de l’époque, à savoir : sol carrelé, murs recouverts de boiserie, baies vitrées travaillées en vitrail ; pour les couleurs, harmonisation du rouge, jaune, brun-brique et gris. Les espaces de bureaux sont de couleur blanche, murs et mobilier. Les couloirs qui les desservent, sont eux, de couleurs vives, différentes selon les étages.
Enfin, en plus des quatre salles de répétitions qui n’existaient pas dans l’ancien TNP, il faut noter la réalisation d’un atelier costumes avec, attenant, un espace de stockage.