Presse
ico.presse.pdb.jpg

Par-dessus bord, la presse en parle

- Les quotidiens

Le Monde
C'est un événement: la création, en intégrale, de Par-dessus bord, de Michel Vinaver, au Théâtre National Populaire de Villeurbanne. Un événement à divers titres, mais, d'abord, celui-ci: le spectacle signé par Christian Schiaretti, le patron du TNP, est une éclatante réussite, qui fera date dans l'histoire théâtrale française. Cette épopée de sept heures ne jette à aucun moment le spectateur par-dessus bord, mais l'embarque pour un captivant voyage dans une histoire commune: celle de la France de l'après-guerre, telle que l'a changée le tournant capital de 1968.
Cette épopée du capitalisme contemporain, où Vinaver s'est inspiré du Grec Aristophane, est aussi une comédie extrêmement drôle. Ce qu'a parfaitement compris Christian Schiaretti, dont la mise en scène, d'une justesse époustouflante, tient la balance parfaite entre la gravité souterraine et l'ironie percutante de Michel Vinaver, qui observe le passage d'un monde à un autre sans prendre parti. Fabienne Darge

Le Figaro La pièce est d’une puissance hilarante. Elle s’appuie sur la lucidité d’un regard féroce mais aussi sur l’empathie de l’auteur pour la plupart des personnages. L’épaisseur de ces derniers, qu’ils soient «croqués» ou longuement présents, est bouleversante, comme l’est la trame tissée serré et qui ne se contente pas de nous raconter une histoire d’entreprise qui cherche les parades à la concurrence et finira absorbée par les Américains. Plongée au cœur d’une économie qui nous domine aujourd’hui. Pendant ce temps, la famille se déchire, les employés se chamaillent, sont virés sans état d’âme malgré leur fidélité… et la terre tourne. Des vies minuscules qui ont l’ampleur de l’épique. Ici portés par une troupe exceptionnelle et chacun mériterait qu’on le cite et qu’on analyse le travail superbe.
Michel Vinaver va au-delà de Hellzapoppin et de Pirandello, d’Aristophane et de Shakespeare, de Rabelais et du théâtre de boulevard. Oui, il y a tout cela dans Par-dessus bord (on jette tout le monde par-dessus-bord dans notre monde). Mais il y a aussi l’histoire qui précède. La grande catastrophe du XXe siècle. Et il continue. Il a écrit une pièce sur le 11 septembre et entrera l’an prochain au répertoire de la Comédie-Française. Armelle Héliot

Libération En 1973, Roger Planchon monte une version écourtée de Par-dessus bord. Trente cinq ans plus tard, Christian Schiaretti, son successeur à la tête du Théâtre National Populaire réalise l’un de ses vieux rêves: revenir à la démesure originelle et représenter l’intégrale, près de sept heures de spectacle (avec un entracte), menées sans temps faible par trente acteurs et quatre musiciens. Une plongée dans l’histoire – la France d’il y a quarante ans – qui est une traversée du monde tel qu’il est et déraille toujours aujourd’hui.
Par-dessus bord est une épopée du capitalisme, vécue, sublimée et dynamitée de l’intérieur par un auteur au fait de tous ses rouages. René Solis

L’Humanité Christian Schiaretti s’est emparé avec gourmandise de ce matériau à la richesse incommensurable. Et le résultat est à la hauteur de cette démesure. Trente acteurs, quatre musiciens, un rythme effréné, soutenu, pour raconter cette fresque conçue en six mouvements, cette irrésistible ascension du nouveau capitalisme à laquelle nous assistons, médusés, sept heures durant. On n’en perd pas une miette. On est subjugué par le souffle épique qui balaie d’un revers toutes nos habitudes. C’est audacieux, drôle, flamboyant. Le théâtre est partout, à cour, à jardin, devant, derrière. Les décors, les lumières, les costumes, la présence de chacun des acteurs, tout concourt à vous faire vivre et vibrer, à réveiller vos consciences quelques peu somnolentes. C’est du théâtre à l’état brut, sans fioritures, sans faux-semblants. Schiaretti n’a pas renoncé et il passe dans cette mise en scène une énergie que l’on perçoit sur le plateau et qui le communique à la salle. On n’est pas dans le discours, on est dans l’action, en permanence, au cœur des contradictions humaines, au cœur des interrogations à venir toujours d’actualité. Marie-José Sirach

Le Progrès L’émancipation de la femme, la liberté sexuelle, la prise de conscience de la Shoah, mais aussi la communication made in USA, l’acharnement thérapeutique, les enquêtes d’opinion, la pilule, l’homophobie…, par petites touches, Michel Vinaver brosse le portrait d’une société que beaucoup ont du mal à imaginer telle qu’elle était. Alors mieux que les images formatées des magazines ou de la télévision, ce spectacle vous permettra de toucher la réalité de Mai 68… avec humour, tendresse et décontraction. Antonio Mafra


- Les hebdomadaires

La Croix
Il est des soirées d’exception au théâtre. La création de Par-dessus bord est à marquer d’une pierre blanche. En relevant le défi, Christian Schiaretti ne se contente pas de rendre un juste hommage au plus grand des dramaturges vivants français. Il révèle une œuvre au discours visionnaire et à l’écriture extraordinairement moderne… Sur le plateau trente-six comédiens apportent avec ferveur et tendresse leur part d’humanité aux personnages. Didier Méreuze

Télérama Quel culot. Quelle puissance… Le plus étonnant peut-être de ce magnifique spectacle en musique, danses et chansons, c’est la gaieté, l’énergie qui y règnent et qui témoignent d’une époque révolue où la société française n’était encore ni frileuse, ni déprimée… Michel Vinaver est un immense auteur dont Christian Schiaretti vient de superbement traduire en spectacle l’univers. Fabienne Pascaud

Le Nouvel Observateur Écrite en 1969, Par-dessus bord est une comédie d’une férocité, d’une liberté de ton et de forme réjouissante. On y entend d’hilarantes séances de brainstorming de publicitaires, on y croise un étrange Monsieur Onde, professeur au collège de France, discourant sur la lutte des dieux nordiques, un jeune rocker juif en révolte, une performeuse adepte de Claes Oldenburg, deux secrétaires en bisbille… C’est la France d’hier et d’aujourd’hui, c’est formidable. Christian Scharetti conduit pendant six heures une foule impressionnante dans un décor d’entrepôt relooké: un quatuor de musiciens, la chanteuse meneuse Guesch Patti, et une trentaine de comédiens croquant des silhouettes proches de la BD, parfois plus creusés, ainsi Alain Rimoux, P.D.-G très Roi Lear se croyant trahi par son fils bâtard: Isabelle Sadoyan, grossiste à la malignité craquante; David Mambouch, le jeune rocker; Daniel Kenigsberg, alias Monsieur Cohen, comptable dévoué et grand conteur hassidique, tandis qu’Olivier Balazuc incarne un dénommé Passemar, écrivain et chef du service des ventes… Quarante ans, des tonnes de PQ et de discours plus tard, la pièce de Vinaver est toujours aussi insolente. Odile Quirot

Le Point La mise en scène de Christian Schiaretti relève avec un visible bonheur la démesure de moyens imaginée par Michel Vinaver, enchaînant les scènes-chorales où comédiens, musiciens, danseurs jouent simultanément plusieurs scènes, se répondant l’une à l’autre. Et transformant ses six heures en un moment de théâtre rare et – presque – trop court. Alice Géraud

L’Express Longtemps dédaigné par les auteurs et les metteurs en scène, le monde de l’entreprise inspire une nouvelle génération de créateurs. Dans le sillage de Michel Vinaver le bleu, la blouse et le col blanc ont bel et bien acquis la dignité de personnages de théâtre comme témoigne le succès du moment, sa pièce intitulée Par-dessus bord. S’il faut rendre à César ce qu’il lui appartient, c’est bien à Vinaver qu’il faut attribuer la paternité de la génération actuelle, qui ne craint plus d’aller regarder les cols blancs sous le nez ni de pénétrer dans l’usine même, et surtout, une fois fermée. Laurence Liban

Le Journal Du Dimanche Cette création a fait événement.
Pièce en six mouvements, puissante, éclatée, riche et remarquablement structurée, la pièce de Vinaver mêle la comédie et la gravité et Schiaretti en explore toutes les strates. Scénographie, musique, interprétation s’accordent pour un spectacle total, débordant d’énergie.
Un grand moment de théâtre, exceptionnel dans son acuité et son actualité. Annie Chenieux

La Tribune de Lyon Schiaretti sait mieux que quiconque exprimer le jus politique de cette dense épopée, aérée, bon escient et reposant sur une distribution de prestige. La palme revient à l’excellent Olivier Balazuc, merveilleux en compteur/coryphée pirandellien. Faites en sa compagnie l’expérience de la durée. Vincent Raymond

Le Petit Bulletin L’œuvre est colossale, le projet démesurée, la réussite totale. Christian Schiaretti livre une copie parfaite, une plongée délurée et magistralement interprétée dans l’univers de Michel Vinaver, l’un des plus grands auteurs de théâtre français vivant. Dorotée Aznar

Les Petites Affiches Lyonnaises Christian Schiaretti et ses comédiens racontent avec humour, tendresse et lucidité, les péripéties d’une petite entreprise, cadre de Par-dessus bord, un texte ambitieux de Michel Vinaver. A la mise en scène Christian Schiaretti fluidifie l’action à la manière d’un cinéaste, caméra sur l’épaule, en apportant de l’humour et de la légèreté, du rythme et de l’imagination. A cette réussite, il faut associer un plateau intergénérationnel de trente comédiens qui jouent le jeu d’un théâtre dépouillé de ses artifices psychologiques.
Une distribution qui danse avec les caisses mobiles d’une scénographie aérée, l’utilisation astucieuse de projections d’images et les musiques de Yves Prin qui ponctuent les changements de tableaux. Antonio Mafra

La Quinzaine littéraire Christian Schiaretti qui tient à se situer dans la filiation de Vilar et de Vitez, donne la première place à ces comédiens. Il a mesuré toute la part de la parodie dans l’aspiration de Passemar (Olivier Balazuc), alter ego de l’auteur, à un théâtre total. Il traite donc avec sobriété l’apport de la musique et de la danse prévu par la pièce.
Une même cohérence esthétique caractérise la scénographie de Renaud de Fontainieu qui évite de charger le plateau, malgré la multiplicité des lieux et la simultanéité des actions.
Cette version originale s’avère d’une grande audace dans la violence des relations et surtout dans la scatologie, sous l’influence libératrice d’Aristophane selon l’auteur.
La profonde ironie dramatique du dénouement, en apparence euphorique, conforme dans une comédie au triomphe du principe de plaisir sur le principe de réalité, est soulignée par la réapparition de Monsieur Onde (Philippe Morier-Genoud), professeur au Collège de France, retraité manifestement désemparé, qui continue, en l’absence de tout auditoire, à raconter les conflits des Ases et des Vanes, à célébrer illusoirement la paix éternelle entre les ennemis d’hier! Monique Le Roux


- Les mensuels

La Terrasse A l’incroyable clairvoyance politique et morale de Vinaver (qui saisit tout des rapports de force, des modalités renouvelées du pouvoir et des évolutions anxiologiques de la société mutante qu’il ausculte), s’ajoute une drôlerie impayable qui tient autant à l’énormité farceuse d’une scatologie finement distillée où l’ordure est dans l’objet et jamais dans la démonstration, qu’à l’art de croquer des personnages hauts en couleurs dons les contours psychologiques sont dessinés avec une précision formidablement efficace.
Cette épopée du capitalisme est interprétée par une troupe er dirigée par une main de maître, dont les comédiens sont aussi juste individuellement qu’en chœur.
Le texte de Vinaver, qui joue des glissements, des effets de miroir, des mises en perspective et des mises en abyme, des juxtapositions synchroniques, est remarquablement servi et ingénieusement spatialisé. L’ensemble compose, à tous égards, un spectacle à l’équilibre parfait et signe la rencontre bienheureuse de talents de haute volée. Catherine Robert

491 Les personnages les plus divers, de plus en plus nombreux (il y en a soixante), sont joués par des comédiens investis, visiblement tout à la joie de jouer. Ils se croisent, se frottent, les scènes qui s’ouvrent ici et là se coupant la parole sur l’immense plateau du TNP sans que se perde un instant le fil narratif. Disons-le, Christian Schiaretti réussit grâce à une mise en scène dynamique, audacieuse, à éveiller l’intérêt du spectateur pendant chaque minute de ces six heures inoubliables. Il est de ces prestidigitateurs qui savent, avec une apparente simplicité qui est sa marque, capturer l’attention de l’auditoire, sans le brusquer. Son art, dans Par-dessus bord, confronté à l’enchaînement infernal des tableaux, est à mesurer à l’aune du talent génial de l’écrivain Michel Vinaver, qui, s’interrogeant sur la forme, s’est permis de la bousculer, de la flouter, sans la ménager. Étienne Faye


- Les sites

webthea.com C’est une vie – celle de la société en marche – et c’est une série de vies. A découvrir la pièce en son entier, le théâtre de Michel Vinaver résonne différemment de ce qu’on pense généralement. Il a des ressorts mythiques, il découpe la réalité à coups d’humour, il a une langue qui n’est pas la reproduction du langage moyen. Les acteurs – Olivier Borle et Dimitri Rataud, dans les rôles des frères concurrents, Clara Simpson en Américaine folle de la France, Isabelle Sadoyan et Jérôme Quintard jouant le monde extérieur du petit commerce, pour ne citer qu’eux - dessinent avec une science allègre les personnages variés. Alain Rimoux incarne à la fois – et il le fait avec souffle – le directeur vieillissant et le patron américain. …L’expérience est unique et la fresque absolument saisissante. Gilles Costaz


sistoeurs.net Il y a urgence à aller s’accorder 6 heures de théâtre si possible d’affilée et pas sur deux soirées. Christian Schiaretti a, comme souvent, ouvert son plateau au maximum, grignoté les premiers rangs et installé un décor de cartons se transformant en un flamboyant et gigantesque bureau vintage au tournant de la pièce. Les situations sont constamment mêlées les unes aux autres dans un parlé très «cut», sans temps morts.
Schiaretti met tout le monde d’accord et englobe avec brio l’histoire de notre société et celle de son art. Et, in fine, le plus long dans cette aventure, c’est l’entracte! Nadja Pobel

Les Trois Coups Un format classique n’aurait peut-être pas suffit à restituer l’excellence de Par-dessus bord.
La mise en scène de Schiaretti est une véritable réussite, une copie parfaite du texte. Ce qu’il y a de magique et de hautement admirable, c’est ce respect de l’œuvre à commencer par la durée, de la pièce – près de six heures – et le nombre d’acteurs, une trentaine, sur un plateau où se mêlent musique free jazz, danse, vidéo, contribuant à restituer le côté art total de Par-dessus bord. Le ton y est en apparence léger, drôle, voire quelquefois trivial, pour mieux masquer la réelle cruauté du propos de la pièce.
A l’heure où le capitalisme est plus que jamais d’actualité, ce spectacle au TNP est incontestablement ce qu’il faut aller voir d’urgence en ce moment!