Le TNP, centre dramatique national

© Michel Cavalca

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’idée de Jean Vilar selon laquelle le théâtre est un service public qui doit pouvoir atteindre tous les foyers « comme l’eau, le gaz et l’électricité » s’impose. La mise en place d’une politique théâtrale accompagne la reconstruction du pays : la création et la culture doivent exister en dehors de la capitale. En 1946 et 1947, avec la fondation des centres dramatiques nationaux de Colmar et de Saint-Étienne, l’aventure de la décentralisation théâtrale est lancée. Dès la création du ministère des Affaires culturelles en 1959, André Malraux poursuit cette entreprise. En 1972, le Théâtre National Populaire, symbole de l’histoire passionnante de la décentralisation culturelle, arrive à Villeurbanne et reçoit le label de centre dramatique national.

 

Il existe aujourd’hui 38 centres dramatiques nationaux. Dans ces structures, se rencontrent et s’articulent toutes les dimensions du théâtre : la recherche, l’écriture, la création, la diffusion, la formation. Les CDN sont dirigés par des artistes, afin qu’une ligne artistique singulière soit affiliée au projet du théâtre. Chaque directeur et directrice s’engage à produire ses spectacles et à partager l’outil et les moyens de la structure avec d’autres artistes.

La liste des artistes qui ont dirigé le TNP force le respect et l’humilité : Firmin Gémier, Jean Vilar, Georges Wilson, Roger Planchon, Patrice Chéreau, Robert Gilbert, Georges Lavaudant, Christian Schiaretti. Tous ont participé à l’édification et au développement d’un théâtre de création en portant une attention aiguë à tous les publics. Tous ont marqué l’histoire du théâtre français par leur engagement d’artistes citoyens et par la puissance de leurs mises en scène.

Aujourd’hui, Jean Bellorini se donne comme objectifs de défendre les grandes œuvres de la littérature française, les auteurs vivants, les langues étrangères et la musique. Il met les artistes au cœur du travail quotidien, veut faire vivre un théâtre de troupe et proposer un répertoire vivant dans le temps. Il encourage la transmission, notamment envers les jeunes générations, et, enfin, il prône le rayonnement du TNP comme une maison de production dynamique. À cet égard, deux espaces-clés revêtent une importance capitale : l’atelier de construction de décors et l’atelier costumes.

Voir le site de l’Association des Centres dramatiques nationaux