TNP Villeurbanne

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Utopia

En 1975, le metteur en scène Luca Ronconi compose le montage Utopia à l’aide de fragments de cinq comédies d’Aristophane, poète qui n’aura pas son pareil pour démonter les mécanismes du populisme. Christian Schiaretti redonne vie à cette réflexion sur l’utopie pour ce spectacle qui marquera la fin de sa présence en tant qu’artiste-metteur en scène à la tête du TNP.

Création annulée

Nous vous informons de l’annulation du spectacle Utopia.
Les personnes ayant réservé sont invitées à contacter la billetterie: 
billetterie@tnp-villeurbanne.com /  04 78 03 30 00

Nous vous invitons à prendre connaissance du message de Christian Schiaretti.

« Chères spectatrices, chers spectateurs,

Utopia, spectacle dont le titre même s’inscrivait dans l’aléatoire, ne sera pas présenté en conclusion de la saison 2019/2020.

J’ai décidé, et j’en assume seul la décision, de l’annuler.

Une saison est une pensée. Quand celle-ci fut conçue, elle devait s’ouvrir avec Le Laboureur de Bohême pour l’origine et se conclure avec Aristophane, pour l’adieu. Saluant la maison, la commune, le plus possible d’actrices et d’acteurs fidèles à notre aventure, et enfin le public.

Une telle ambition, qui était celle de l’équipe de direction, supposait un engagement financier important. C’était malheureusement dans l’ignorance d’un protocole de succession qui supposait une coproduction plus modeste de la compagnie du directeur sortant. J’étais donc en défaut. Je finis par le comprendre.

La solution était de fermer les yeux et d’assumer l’erreur. Elle me fut proposée.

Permettez-moi ici d’exprimer la gêne intérieure ressentie à l’égard de cette tolérance, un spectacle surtout de sortie doit se faire dans la plénitude de sa conscience. Au calme, si vous voulez. Et en l’occurrence, je préfère le choix à la tolérance.

En conséquence, je préfère annuler et faire confiance à l’équipe de direction arrivant pour me permettre à l’occasion du Centenaire de l’automne 2020 de réaliser une œuvre plus modeste saluant chacun comme il se doit.

Il n’y a donc qu’une patience proposée, une volonté de clarté. Et pour rester positif, l’espérance de voir à l’été, notre TNP salué comme il se doit, ce qui lui a été par trop longtemps refusé. L’espérance fait avancer. Il s’agira alors de se séparer la tête haute et sans ambiguïté.

Avec toute mon amitié.

Christian Schiaretti »

 

À propos

En plein rayonnement de la démocratie athénienne fragilisée par l’interminable guerre du Péloponnèse, un poète trempe sa plume dans une nouvelle encre pour honorer les fêtes dionysiaques. Les surprenantes comédies qu’il lance sur les scènes, jusqu’alors réservées au haut langage de la tragédie, secouent le peuple d’un rire salutaire et provocateur. Les siècles passent et ces satires sont toujours présentes sur les scènes du monde. Le secret de cette jouvence tient à cette manière si naturellement insolente et directe de bafouer les modes, les préjugés et de révéler le ridicule de certaines situations. Le poète affiche ouvertement sa défense des intérêts particuliers contre les représentants du Pouvoir, et reste un grand pourfendeur des va‑t‑en‑guerre. Ses fantaisies verbales et ses outrances ne sont jamais gratuites, tant on y ressent les convictions d’un citoyen engagé dans la vie politique, attentif au mouvement des idées. Il n’aura pas son pareil pour démonter les mécanismes du populisme, désastreux pendant de la démocratie.

En 1975, le célèbre metteur en scène Luca Ronconi compose à l’aide de fragments de cinq comédies d’Aristophane, Les Cavaliers, L’Assemblée des femmes, Les Oiseaux, Ploutos et Lysistrata, un montage qu’il nomme Utopia. C’est à cet ensemble et à cette réflexion sur l’utopie que Christian Schiaretti redonne vie. Ce spectacle marquera la fin de sa présence en tant qu’artiste‑metteur en scène à la tête du TNP.

 

Photo : © Michel Cavalca

Biographies

Aristophane

Né vers -445, Aristophane est le premier dramaturge connu à offrir des comédies au public grec. Son œuvre à elle seule représente ce qui nous reste de l’Ancienne Comédie. Au tournant du Ve et du IVe siècle avant J.-C., alors qu’Athènes voit éclore deux nouveaux modes de pensée, et que les mœurs politiques et sociales se transforment, Aristophane cloue au pilori par de grands éclats de rire les politiciens démagogues… Son style inédit, mélange de poésie, d’humour et de grossièreté, rend ses pièces très populaires. Parmi ses quarante pièces, seule une dizaine nous est parvenue avec notamment Les Nuées, Les Guêpes, Les Oiseaux, Lysistrata, Les Grenouilles ou L’Assemblée des femmes.

Christian Schiaretti

Metteur en scène, pédagogue, il succède à Roger Planchon à la tête du TNP en 2002 après avoir été directeur de la Comédie de Reims. Au TNP, il reprend et recrée La Jeanne de Delteil d’après Joseph Delteil et Le Laboureur de Bohème de Johannes von Saaz, puis fait entendre 7 Farces et Comédies de Molière. Le 11 novembre 2011, il crée Ruy Blas de Victor Hugo pour l’inauguration d’un TNP rénové et agrandi. Il rend hommage à Paul Claudel, avec L’Annonce faite à Marie et L’Échange. Il monte les textes de Michel Vinaver ; de Jean-Pierre Siméon ; de Florence Delay et Jacques Roubaud ; de Denis Guénoun (Mai, juin, juillet, Festival d’Avignon 2014). Il célèbre le théâtre de Aimé Césaire avec Une Saison au Congo et La Tragédie du roi Christophe. Il s’empare de Alfred Jarry avec Ubu roi (ou presque), de Ionesco avec La Leçon, de Roger Vitrac avec Victor ou les enfants au pouvoir. Il s’intéresse à William Shakespeare avec Le Roi Lear et Coriolan ; à Bertolt Brecht avec Mère Courage et ses enfants et L’Opéra de quat’sous ; à August Strindberg avec Père, Mademoiselle Julie et Créanciers ; à trois pièces du Siècle d’or et à deux auto-sacramentales de Pedro Calderón de la Barca présentées aussi à la Comédie-Française. Plusieurs de ses spectacles reçoivent des prix. Attaché la Troupe et à un théâtre de répertoire, il reprend régulièrement ses créations avec ses comédiens.

Distribution

spectacle d’adieux distribué sous forme de salut aux compagnons de traversée

montage Luca Ronconi
traduction Kathy Toma

scénographie Fanny Gamet
lumières Julia Grand
son Laurent Dureux
costumes Mathieu Trappler
maquillage Françoise Chaumayrac

production Théâtre National Populaire