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Désobéir

Ce spectacle donne la parole à la France métissée d’aujourd’hui. Quatre jeunes femmes se débattent avec leurs désirs immenses, se débrouillent entre refus du poids des traditions et respect d’un héritage culturel. Et elles ne s’en laissent pas conter. Voici des jeunes femmes prêtes à défendre leurs idées : des victorieuses !

© Axelle de Russe

À propos

Quatre jeunes femmes viennent griffonner sur un mur, comme signe manifeste et libertaire, le mot « désobéir ». Ainsi commence le spectacle qui donne la parole à la France métissée et plurielle d’aujourd’hui, à partir de sources documentaires récoltées auprès de jeunes femmes d’Aubervilliers issues de la deuxième ou de la troisième génération de l’immigration, venues de Turquie, d’Iran, du Maroc… Toutes les quatre se débattent avec leurs désirs immenses et leurs illusions, se débrouillent entre refus du poids des traditions et souhait de respecter un héritage culturel. La parole qui circule entre elles creuse leur rapport à la religion, la famille, l’amour, le sexe, la justice, le racisme et la violence. Il a fallu tailler dans leurs propos, tout en conservant leurs mots et leur spontanéité. Monologues et moments choraux se succèdent à un rythme soutenu dans ce spectacle frontal, joyeux et insolent, où la chorégraphie tient un rôle essentiel. Que les quatre marchent avec détermination ou que l’une d’elles, assise sur une chaise, explique comment la déception amoureuse l’a fait échapper à un embrigadement dans l’islam radical, le travail sur un corps engagé et décomplexé est constamment présent. Voici des jeunes femmes qui ne s’en laissent pas conter, des jeunes femmes prêtes à défendre leurs idées : des victorieuses !

© Axelle de Russe

Biographies

Julie Berès

Après une enfance en Afrique, Julie Berès arrive en France à dix-huit ans. Une rencontre avec Ariane Mnouchkine lors d’un stage au Théâtre du Soleil la pousse à intégrer le Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris. En 2001, elle fonde la compagnie Les Cambrioleurs, dont elle assure la direction artistique et qu’elle choisit d’implanter à Brest. Elle y développe un programme d’actions culturelles en direction d’amateurs, de milieux scolaires et universitaires, mais aussi de populations éloignées de l’offre culturelle (milieux carcéraux, hôpitaux, maisons de retraite). Elle réunit des créateurs issus de différentes disciplines (auteurs, vidéastes, plasticiens, créateurs sonores, chorégraphes, circassiens) pour inventer une écriture scénique où chaque langage s’affirme dans une narration fragmentaire, discontinue, onirique. En 2007, Le Quartz – scène nationale de Brest, l’invite à devenir artiste associée. En 2013, elle est associée à la Comédie de Caen, Centre dramatique national de Normandie, où elle présente en 2015 Petit Eyolf de Henrik Ibsen. En 2016, elle crée Orfeo de Claudio Monteverdi à l’invitation de l’Opéra National de Paris. Après Désobéir, elle crée Soleil Blanc en 2018.

Distribution

avec Ava Baya, Lou-Adriana Bouziouane, Charmine Fariborzi, Séphora Pondi

texte Julie Berès, Kevin Keiss, Alice Zeniter
travail sur le corps Jessica Noita
dramaturgie Kevin Keiss
scénographie Marc Lainé, Stephan Zimmerli
costumes Élisabeth Cerqueira
création sonore David Ségalen
création lumière Laïs Foulc
création vidéo Christian Archambeau

production déléguée compagnie Les Cambrioleurs
production Théâtre de la Commune – CDN d’Aubervilliers
avec le soutien de Fonds de dotation Agnès Troublé dite Agnès b., FIJAD (Fonds d’Insertion pour Jeunes Artistes Dramatiques), DRAC et Région Alpes-Côte d’Azur

Ce spectacle fait partie des Événements Résonance 15ème Biennale d’art contemporain de Lyon.

Ce spectacle bénéficie du soutien au surtitrage et du dispositif deploY de Spectacle vivant en Bretagne.

Création au Théâtre de la Commune – CDN d’Aubervilliers

Revue de presse

« Quatre comédiennes brillent par leur liberté de parole dans la pièce documentaire que consacre à la jeunesse multiculturelle la metteure en scène Julie Berès. (…)
C’est un spectacle sur les vertus de la désobéissance qui échappe cependant aux bons sentiments et au moralisme, et un sujet plombant – l’asservissement des jeunes filles par la religion, la famille ou les stéréotypes, et comment s’en extraire – qui se révèle extrêmement joyeux grâce à l’aisance et la vitalité des interprètes, qui ne cachent pas leur plaisir d’être sur scène.
Ce qui frappe dans sa mise en scène est qu’avec un rien elle parvient à créer des intensités, des contrastes, un genre de sophistication, une ombre chinoise, une extraction du sol sur le plateau, si bien que chacun des aveux s’apparente à une fouille archéologique, trésor douloureux qu’il faut à la fois garder et transformer. » Lire l’article
Anne Diatkine – Libération

« Né d’un minutieux travail d’enquête en Seine-Saint-Denis, Désobéir est une pièce éminemment politique autour du désir, de la spiritualité et de l’oppression. La parole restituée de jeunes femmes issues de l’immigration, nourrie et servie par des comédiennes remarquables. (…)
Elles campent avec une énergie communicative et une force explosive des personnages troublants et insaisissables, dont le discours autour du désir, de la vie spirituelle et de l’oppression masculine nous hante bien après la fin de cet enthousiasmant spectacle. »
Michaël Mélinard – L’Humanité

« Le résultat donne une pièce magistrale qui parle sans tabous de sexualité, de religion, des rapports femmes/hommes, des relations familiales. On évoque souvent ici le fait que le théâtre d’aujourd’hui n’est pas toujours très représentatif de la société française, à voir les réactions du public ado présent dans la salle, on peut dire que Désobéir touche son but. » Lire l’article
Stéphane Capron – Sceneweb.fr

« La subtilité de ce spectacle est qu’il ne tombe pas dans un militantisme fade, mais sait ouvrir de légères brèches pleines de nuances, et écarter l’univoque ou le conforme afin de faire débat et d’approcher au plus près de la vérité. Elles quatre convoquent une kyrielle de sujets transpirants une actualité cruelle, comme la question du choix religieux, de l’immigration, ou encore du racisme. C’est aussi et surtout du sort de la femme dont on nous parle de manière tout à fait sensible. Il ne s’agit pas d’un féminisme gênant et clivant, mais bien celui d’une prise de conscience intelligente et engagée. En passant par beaucoup d’humour, Julie Berès fait de son spectacle une proposition éminemment accessible et universelle tout en laissant le spectateur intranquille. Il est si beau par ailleurs de voir une salle de théâtre métissée, pleine de jeunes gens, rire sans plus se tenir. » Lire l’article
Un fauteuil pour l’orchestre

En lien avec le spectacle

  • Théâtromôme
    Samedi 12 octobre à 18h30. Pendant que les parents assistent au spectacle, les enfants sont accueillis dans un atelier en lien avec l’activité théâtrale. 
    En savoir plus

  • Résonance « Portraits de femmes, trajectoires périphériques ? »
    Lundi 14 octobre 2019 à 18h30 à l’Université Jean-Moulin Lyon 3, Manufacture des Tabacs. En savoir plus

  • Rencontre après spectacle
    Jeudi 17 octobre à l’issue de la représentation, nous vous invitons à rencontrer des membres de l’équipe artistique.

Documents