TNP Villeurbanne

04 78 03 30 00

Nous sommes repus mais pas repentis

Nous sommes à Vienne, dans une famille bourgeoise. Après un long séjour au sein d’une institution psychiatrique, Voss, philosophe délirant, revient vivre contre son gré dans la maison familiale occupée par ses sœurs, deux vieilles filles désœuvrées. La salle à manger, jadis lieu de convivialité, est devenue inquiétante, encombrée par les trophées de l’histoire familiale – animaux empaillés, piano, livres, disques et vaisselle fine. Le déjeuner des retrouvailles vire au carnage. Dans ces liens familiaux faits de mauvaise foi et de cruauté, on lit la faillite d’une Europe qui marche sur des cadavres, qui montre avec ostentation sa culture muséifiée pour expier un vide spirituel. On brise désespérément des assiettes tandis que résonne le meilleur de la musique allemande… La tension ne redescend pas : qui finira par anéantir l’autre ? Séverine Chavrier retrouve le nerf et la férocité de l’écriture bernhardienne, dans ce spectacle qui regorge d’humour très noir et très grinçant. Elle nous convie dans ce curieux cachot familial où l’on se sert des profiteroles.

© Samuel Rubio

À propos

La voix révoltée, solitaire et obstinée de Thomas Bernhard a marqué au fer rouge l’histoire littéraire de son Autriche natale. Érudit de la culture classique, cet écrivain n’a cessé de se débattre avec le poids d’un passé qui ne passe pas.

Avec Déjeuner chez Wittgenstein, publié en 1984, nous sommes à Vienne, dans une famille bourgeoise. Après un long séjour au sein d’une institution psychiatrique, Voss, philosophe délirant, revient vivre contre son gré dans la maison familiale occupée par ses sœurs, deux vieilles filles désœuvrées. La salle à manger, jadis lieu de convivialité, est devenue inquiétante, encombrée par les trophées de l’histoire familiale – animaux empaillés, piano, livres, disques et vaisselle fine. Le déjeuner des retrouvailles vire au carnage.

Dans ces liens familiaux faits de mauvaise foi et de cruauté, on lit la faillite d’une Europe qui marche sur des cadavres, qui montre avec ostentation sa culture muséifiée pour expier un vide spirituel. On brise désespérément des assiettes tandis que résonne le meilleur de la musique allemande… La tension ne redescend pas : qui finira par anéantir l’autre ?

Séverine Chavrier retrouve le nerf et la férocité de l’écriture bernhardienne, dans ce spectacle qui regorge d’humour très noir et très grinçant. Elle nous convie dans ce curieux cachot familial où l’on se sert des profiteroles.

© Samuel Rubio

Biographies

Thomas Bernhard

Thomas Bernhard, né en 1931 aux Pays-Bas, passe une grande partie de son enfance à Salzbourg. Il suit des cours de violon, de chant et de musicologie. Il étudie à l’Académie de musique et d’art dramatique de Vienne ainsi qu’au Mozarteum de Salzbourg. Son premier grand roman, Gel, le fera connaître au-delà des frontières. En 1968, à l’occasion de la remise d’un prix littéraire, Bernhard provoque les institutions avec un discours attaquant l’État autrichien, sa culture et ses habitants. En 1970, Une Fête pour Boris remporte un grand succès en Allemagne. Il obtient le prix Georg Büchner, la plus importante distinction littéraire d’Allemagne fédérale. Il entame alors un cycle de cinq œuvres autobiographiques : L’Origine, La Cave, Le Souffle, Le Froid et Un Enfant. Le Faiseur de théâtre causera un grand scandale en Autriche. Thomas Bernhard meurt en 1989.

Séverine Chavrier

Musicienne et metteuse en scène, Séverine Chavrier dirige le centre dramatique national d’Orléans depuis 2017. Après une hypokhâgne, elle obtient une médaille d’or et un diplôme du Conservatoire de Genève en piano, ainsi qu’un premier prix d’analyse musicale. Elle se forme au jeu d’acteur, rejoint les cours de Michel Fau et François Merle puis participe à différents stages où elle continue de se former auprès d’artistes comme Félix Prader, Christophe Rauck, Darek Blinski, Rodrigo Garcia. En tant que comédienne et musicienne, elle multiplie les collaborations tout en dirigeant sa propre compagnie, La Sérénade interrompue. Elle rencontre Jean-Louis Martinelli pour qui elle crée et interprète la musique de plusieurs spectacles (Schweyk de Bertolt Brecht, Kliniken de Lars Norén et Les Fiancés de Loches de Georges Feydeau). En 2009, elle monte Épousailles et représailles, d’après Hanokh Levin. En 2011, en tant qu’artiste associée au Centquatre à Paris, elle crée, dans le cadre du Festival Temps d’images d’Arte, Série B – Ballard J. G. inspirée de James Graham Ballard, puis, au Festival d’Avignon 2012, Plage ultime. Entre 2014 et 2016, elle est invitée à créer deux pièces au Théâtre Vidy-Lausanne, Les Palmiers sauvages, d’après le roman de William Faulkner, et Nous sommes repus mais pas repentis, d’après Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhard. En 2020, à l’invitation de Carmen Romero et du Festival Santiago a Mil, elle met en scène une version en espagnol des Palmiers sauvages. Elle travaille actuellement à une création autour de l’adolescence et de la musique. La musique continue d’occuper une place importante dans sa vie d’artiste. À son arrivée à la direction du CDNO, elle invente un rendez-vous annuel, les Voyages divers, composé de soirées d’improvisation au cours desquelles elle réunit, autour de son piano préparé, des artistes venus de tous univers artistiques confondus (Rébecca Chaillon, Jean-Pierre Drouet, David Geselson, Maud Le Pladec, Dorothée Munyaneza, Laurent Papot…).

Distribution

D’après Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhard
mise en scène Séverine Chavrier

avec Marie Bos, Séverine Chavrier, Laurent Papot
avec la participation d’élèves du Conservatoire de Musique

dramaturgie Benjamin Chavrier
son Frédéric Morier
scénographie Benjamin Hautin
lumière Patrick Riou
vidéo Jérôme Vernez
construction du décor atelier du théâtre de Vidy

assistanat à la mise en scène Maëlle Dequiedt
assistanat à la scénographie Louise Sari

production Théâtre de Vidy-Lausanne, Compagnie La Sérénade interrompue
coproduction Odéon – Théâtre de l’Europe, CDN Besançon Franche-Comté
reprise de production CDN Orléans / Centre-Val de Loire

avec le soutien de SPEDIDAM, Pro Helvetia – Fondation suisse pour la culture, Haute Ecole de Musique et Conservatoire de Lausanne

 

Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhard (traduction de Michel Nebenzahl) est publié chez L’Arche Editeur, agent théâtral du texte représenté.

Revue de presse

Contenu

Teaser

 

En lien avec le spectacle

• Passerelle En-cas culturel
Une visite-lecture d’une demi-heure autour d’une œuvre, d’un artiste, d’un courant artistique par un comédien.
Thomas Bernhard, le camouflage des tentations.
Mercredi 5 mai à 12h30, au Musée des Beaux-Arts
En savoir plus

• Rencontre après spectacle
À l’issue de la représentation, nous vous invitons à rencontrer des membres de l’équipe artistique.
Jeudi 6 mai
En savoir plus

• Passerelle Cinéma
Sous-sols de Ulrich Seidl (documentaire, 2015, 1h22, VOSTF), suivi d’une rencontre avec Séverine Chavrier.
Samedi 8 mai à 11h15, au cinéma Comoedia
En savoir plus