Christian Schiaretti

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Né en 1955, Christian Schiaretti, après des études de philosophie, débute dans les années 1980 en fondant sa compagnie avant d’être nommé en 1991 à la tête de la Comédie de Reims qu’il dirige pendant onze ans.

Il y mène une politique de répertoire et débute une fructueuse collaboration avec l’écrivain et philosophe Alain Badiou, qui aboutit aux créations des farces contemporaines : Ahmed le subtil (Festival d’Avignon, 1994), puis Ahmed philosophe (1995), Ahmed se fâche (1995) et Les Citrouilles (1996).
Par la suite, c’est le poète Jean-Pierre Siméon qui accompagne la trajectoire artistique de la Comédie de Reims pour un travail autour du questionnement de la langue.

Le Théâtre et la Poésie ne sont-ils pas les lieux manifestes de cette question ? Quatre pièces ont été créées à partir de cette collaboration : D’entre les morts (1999), Stabat mater furiosa (1999), Le Petit Ordinaire (2000), La Lune des pauvres (2001). En 1998, Christian Schiaretti et Jean-Pierre Siméon conçoivent un événement autour de la langue et de son usage intitulé : Les Langagières.

  • En 2002, Christian Schiaretti est nommé à la direction du Théâtre National Populaire de Villeurbanne. Il y a créé notamment L’Opéra de quat’sous de Bertolt Brecht et Kurt Weill (2003) ; Père de Strindberg et L’Annonce faite à Marie de Claudel (2005) ; Coriolan de Shakespeare (2006), récompensé par de nombreux prix : Prix Georges-Lerminier 2007, décerné par le Syndicat de la Critique, Prix du Brigadier 2008, Molière du Metteur en scène et le Molière du Théâtre public, 2009.

 

A la Comédie-Française il a mis en scène Aujourd’hui ou les Coréens de Michel Vinaver (Théâtre du Vieux-Colombier, 1993) et fait entrer au répertoire de la Salle Richelieu, Le Grand Théâtre du monde, suivi du Procès en séparation de l’Âme et du Corps de Pedro Calderón de la Barca en 2004. En 2006, à l’invitation de Théâtre Ouvert, il a mis en espace Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche de Hervé Blutsch.

L’aventure théâtrale de Christian Schiaretti est également jalonnée de rencontres avec des comédiens tels que Nada Strancar avec laquelle il monte Jeanne, d’après Jeanne d’Arc de Péguy (1999 / 2000) et Mère Courage et ses enfants de Bertolt Brecht (2001/2002), spectacle qui reçoit le Prix Georges-Lerminier 2002 du Syndicat de la Critique ; Nada Strancar chante Brecht/Dessau avec Jean-Claude Malgoire (2007).

  • De 2007 à 2009, il crée, avec les comédiens de la troupe du TNP, 7 Farces et Comédies de Molière : Sganarelle ou le Cocu imaginaire, L’École des maris, Les Précieuses ridicules (2007) ; La Jalousie du Barbouillé et Le Médecin volant (2008) ; Le Dépit amoureux, L’Étourdi ou les contretemps (2009).
  • Mars 2008, il monte Par-dessus bord de Michel Vinaver, joué pour la première fois en France dans sa version intégrale. Pour cette mise en scène, il reçoit le Grand Prix du Syndicat de la Critique pour le meilleur spectacle de l’année 2008.
  • Septembre 2009, il créé à l’Odéon-Théâtre de l’Europe Philoctète de Jean-Pierre Siméon, variation à partir de Sophocle, avec, dans le rôle titre, Laurent Terzieff.
  • Novembre 2010, il dirige Didier Sandre qui dit La Messe là-bas de Paul Claudel, au Théâtre Les Gémeaux à Sceaux.
  • Décembre 2010, Christian Schiaretti met en scène Siècle d’or, un cycle de trois pièces : Don Quichotte de Miguel de Cervantès, La Célestine de Fernando de Rojas, Don Juan de Tirso de Molina.
  • Mai 2011, création à La Colline – théâtre national, Paris, du diptyque Mademoiselle Julie et Créanciers de August Strindberg.
  • Juin 2011, mise en espace de Joseph d’Arimathie, première pièce de Graal Théâtre de Florence Delay et Jacques Roubaud.
  • Mai 2012, création au Théâtre National de Strasbourg, de Merlin l’enchanteur, mise en scène  Julie Brochen et Christian Schiaretti.
  • Octobre 2012, création de Mai, juin, juillet de Denis Guénoun.
  • Mai 2013, création de Une Saison au Congo de Aimé Césaire.
  • Janvier 2014, création du Roi Lear de William Shakespeare.

Dès son arrivée, il a entamé une étroite collaboration avec l’ENSATT où il a mis en scène, avec les élèves des différentes promotions, Utopia d’après Aristophane (2003), L’Épaule indifférente et la Bouche malade de Roger Vitrac (2004), Les Aveugles, Intérieur, La Mort de Tintagiles de Maeterlinck (2006), Les Visionnaires de Jean Desmarets de Saint-Sorlin (2007), Hippolyte et La Troade de Robert Garnier (2009).

Christian Schiaretti a été président du SYNDEAC de septembre 1994 à septembre 1996.
Il est Président des Amis de Jacques Copeau et a été président de l’Association pour un Centre Culturel de Rencontre à Brangues, qui pose la question de la poésie dramatique au travers de l’exégèse, la transmission, l’élaboration de textes inouïs.

1983
Ariakos de Philippe Minyana, Théâtre du Quai de la Gare, Paris.

1984
La Chute d’après « Le Moine » d’Antonin Artaud, Maison de la Culture de Créteil.

1985
Création de la Compagnie Christian Schiaretti
Journal d’un chien d’après Oskar Panizza au Théâtre de l’Atalante, Paris.

Ce spectacle est sélectionné au printemps 1985 par le Festival International de Parme. Joué dans plus de vingt villes, il est accueilli au Théâtre National de Strasbourg.

1986
Sappa de Stephan Schutz , mise en espace, La Rose des Vents de Villeuneuve d’Ascq.

1987
Ajax et Philoctète de Sophocle, La Rose des Vents de Villeneuve d’Ascq.

1988

  • Rosel de Harald Mueller,  l’Atalante, tournée nationale et internationale.
  • Rosel : film


1989

  • Le Roman de Fauvel d’après Gervais du Bus, Théâtre du CROUS de Reims
  • Épave de Harald Mueller, Théâtre de la Tempête, La Cartoucherie de Vincennes
  • Génération désinvolte d’après Alfred de Musset, Théâtre en Actes, Paris
  • Léon la France, hardi voyage vers l’ouest africain de Christian Schiaretti et Philippe Mercier, Nouveau Théâtre d’Angers,  Paris et tournée nationale


1990

  • Le Laboureur de Bohême de Johannes von Saaz.  La Comédie de Reims, tournée nationale et internationale
  • Esquisse pour un chœur européen de Jean-Pierre Sarrazac. Mise en espace, Festival d’Avignon.


1991

Médée d’Euripide , Saint-Quentin-en-Yvelines, la Comédie de Reims. En tournée nationale et internationale.

1992
Ajax et Philoctète de Sophocle, la Comédie de Reims, reprise à l’Odéon – Théâtre de l’Europe.

1993

  • L’Homme, la bête et la vertu de Luigi Pirandello, Théâtre Les Gémeaux – Sceaux, la Comédie de Reims et en tournée, Festival d’Avignon 1993
  • La Noce chez les petits bourgeois de Bertolt Brecht, la Filature de Mulhouse, la Comédie de Reims et en tournée, Festival d’Avignon 1993
  • Les Mystères de l’amour de Roger Vitrac, Festival d’Avignon 1993 en tournée et à la Comédie de Reims, avril 1994
  • La Poule d’eau de Stanislaw Ignacy Witkiewicz, Festival d’Avignon 1993 en tournée et à la Comédie de Reims, avril 1994 
  • Les Coréens de Michel Vinaver, Théâtre du Vieux-Colombier,  la Comédie de Reims.


1994

  • Le Grand Théâtre du Monde de Calderon de la Barca, Théâtre Les Gémeaux – Sceaux, avril 1994, reprise à la Comédie de Reims, octobre 1994, et en tournée.
  • Ahmed le Subtil, de Alain Badiou, la Comédie de Reims, juin, Festival d’Avignon et en tournée.
  • L’École des maris et L’École des femmes de Molière avec le Teatro Nacional Juvenil
    de Venezuela-Caracas, été 1994,  Festival de Cadix, octobre 1995, Théâtre de l’Atalante à Paris.
  • Mort de Judas de Paul Claudel, la Comédie de Reims, décembre 1994, tournée.


1995

  • Ahmed philosophe de Alain Badiou, la Comédie de Reims, avril, en tournée nationale et internationale. Festival d’Avignon 1996
  • Ahmed se fâche de Alain Badiou, la Comédie de Reims, octobre, puis en tournée.
  • Le Point de vue de Pilate de Paul Claudel, la Comédie de Reims, décembre, en tournée.
  • Jeanne, Fille du ciel et de la terre d’après Joseph Delteil, la Comédie de Reims, décembre, Festival d’Avignon 1996. Tournée nationale et internationale.
  • Les Trois prières du mystère de la vocation de Charles Péguy, la Comédie de Reims, décembre, en tournée.


1996

  • Les Citrouilles de Alain Badiou, la Comédie de Reims, mars, Théâtre des Quartiers d’Ivry, en tournée
  • Pelléas et Mélisande de Maurice Maeterlinck. Production Atelier lyrique du Centre. Création au Carré Saint-Vincent/Scène nationale d’Orléans, octobre 1996, en tournée
  • Grands et Petits promenade conçue et organisée par Christian Schiaretti
    et Patrice Thibaud, la Comédie de Reims, décembre
  • Cabaret Brecht/Weill mise en espace au bar de la Comédie de Reims, décembre.


1997

  • Polyeucte, de Pierre Corneille, la Filature de Mulhouse, la Comédie de Reims, en tournée.
  • La Leçon de Eugène Ionesco à la Comédie de Reims, en tournée.
  • Madame Butterfly de Giacomo Puccini. Production Atelier lyrique et orchestral
    du Centre. Théâtre Les Gémeaux – Sceaux, la Comédie de Reims, en tournée.

 

1998

  • Hänsel et Gretel opéra pour enfants de Engelbert Humperdinck. Production Atelier lyrique et orchestral du Centre. En tournée
  • La Place Royale de Pierre Corneille, la Comédie de Reims, en tournée.
  • Les Amours de don Perlimplin avec Bélise en son jardin et Le Jeu de don Cristobal
    de Federico Garcia Lorca, la Comédie de Reims.
  • Les Visionnaires de Jean Desmarets de Saint-Sorlin, la Comédie de Reims, en tournée.


1999

  • Stabat mater furiosa de Jean-Pierre Siméon. Création à la Maison de la Poésie / Théâtre Molière, mars 1999, la Comédie de Reims– en français et en arabe dans le cadre du Temps du Maroc –, Festival d’Avignon 1999,  en tournée.
  • D’entre les morts de Jean-Pierre Siméon. Création à la Comédie de Clermont-Ferrand, mars 1999.
  • Cabaret Mathilde Emois interprétation de Loïc Brabant, au bar de la Comédie de Reims.


2000

  • Jeanne extraits du « Mystère de la vocation de Jeanne d’Arc » et du  « Mystère de la charité de Jeanne d’Arc » de Charles Péguy. Créée au Théâtre national de la Colline à Paris, janvier, la Comédie de Reims, février 2000.
  • Le Petit Ordinaire de Jean-Pierre Siméon. Création à la Comédie de Reims en septembre 2000.


2001

  • L’Échelle de soie de Rossini. Production Atelier lyrique de Tourcoing et la Comédie de Reims. Création à Tourcoing, en tournée.
  • Ariane à Naxos de Richard Strauss. Production  Maison de la Culture d’Amiens, l’Orchestre de Picardie. Création le 16 janvier à  la Maison de la Culture d’Amiens, en tournée.
  • La Lune des pauvres de Jean-Pierre Siméon. Création à la Comédie de Reims, novembre 2001.
  • Jules César de Haëndel. Création au Grand Théâtre de Reims, le 6 mai 2011


2002

Mère Courage et ses enfants de Bertolt Brecht. Création le 10 janvier à la Comédie de Reims, en tournée au TNP – Villeurbanne, au Théâtre national de la Colline, etc.

2003

  • Eugène Onéguine de Piotr Illitch Tchaïkovski. Production Opéra Nomade en résidence au Théâtre Les Gémeaux – Sceaux. Création le 10 janvier au Théâtre Les Gémeaux, en tournée.
  • Jeanne de Charles Peguy. Création le 7 mai  au TNP – Villeurbanne.
  • Le Laboureur de Bohême de Johannes von Saaz. Création le 12 juin au TNP – Villeurbanne,  en tournée.
  • L’Opéra de quat’sous de Bertolt Brecht et Kurt Weill. Création le 18 novembre au TNP – Villeurbanne, en tournée.


2004

  • La Jeanne de Delteil d’après Joseph Delteil. Reprise au TNP – Villeurbanne, en tournée.
  • Le Grand Théâtre du monde suivi du Procès en séparation de l’âme et du corps. Deux actes sacramentels de Pedro Calderon de la Barca. Création à la Comédie-Française, au TNP – Villeurbanne et reprise à la Comédie-Française

2005

  • Le Barbier de Séville de Giovanni Paisiello. Création le 4 février, au Carré Saint-Vincent, Scène nationale d’Orléans.
  • Père de August Strindberg. Création le 2 mars  au TNP –Villeurbanne, en tournée et reprise au TNP – Villeurbanne.
  • Le Barbier de Séville de Gioacchino Rossini. Création le 12 mai, au Carré Saint-Vincent, Scène nationale d’Orléans.
  • Le Petit Ordinaire (cabaret macabre) de Jean-Pierre  Siméon.  Au TNP – Villeurbanne, au Centre pénitentiaire de Saint Quentin Fallavier et Aghja-Corsica, Ajaccio
  • L’Annonce faite à Marie de Paul Claudel. Création  le 2 novembre au TNP – Villeurbanne puis au Théâtre les Gémeaux – Scène Nationale de Sceaux.


2006

  • Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche de Hervé Blutsch. Mise en espace. Création le 28 mars au TNP – Villeurbanne et  reprise à Théâtre Ouvert à Paris.
  • Coriolan de William Shakespeare. Création le 23 novembre au TNP – Villeurbanne.


2007

  • Sganarelle, ou le Cocu imaginaire; L’École des maris; Les Précieuses ridicules de Molière. Création le 8 mars  au TNP – Villeurbanne.
  • La Jalousie du Barbouillé; Le Médecin volant de Molière. Création le 6 novembre au TNP – Villeurbanne.


2008

  • Par-dessus bord de Michel Vinaver.  Création le 8 mars au TNP – Villeurbanne.
  • La Tosca de Giacomo Puccini. Création le 7 novembre, au Grand Théâtre de Reims.


2009

  • La Créole de Jacques Offenbach. Création le 13 janvier, au Théâtre Municipal de Tourcoing
  • Le Dépit amoureux et L’Étourdi ou les contretemps de Molière. Création le 25 février au TNP – Villeurbanne.
  • Philoctète de Jean-Pierre Siméon, variation à partir de Sophocle. Création le 24 septembre à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, Paris.

2010

  • Siècle d’or : Don Quichotte de Miguel de Cervantès, La Célestine de Fernando de Rojas, Don Juan de Tirso de Molina. Création le 21 décembre

 

2011

  • Jules César de Haendel. Création au Grand Théâtre de Reims, le 6 mai. 
  • Mademoiselle Julie et Créanciers de August Strindberg. Création le 7 mai au Théâtre national de la Colline, Paris
  • Joseph d’Arimathie, première pièce du Graal Théâtre de ise en espace au TNP-Villeurbanne. Création le 8 juin.
  • Pour l’inauguration du nouveau Grand théâtre, il crée Ruy Blas de Victor Hugo, le 11 novembre 2011.

 

2012

  •  Merlin l’enchanteur, deuxième pièce du Graal Théâtre de Florence Delay et Jacques Roubaud. Mise en scène  Julie Brochen et Christian Schiaretti. Création au Théâtre National de Strasbourg, le 9 mai.
  • Mai, juin, juillet de Denis Guénoun. Création le 24 octobre.

 

2013

  • Une Saison au Congo de Aimé Césaire. Création le 14 mai.

  • Gauvain et le Chevalier Vert, troisième pièce du Graal Théâtre de Florence Delay et Jacques Roubaud. Mise en scène Julie Brochen, avec la complicité de Christian Schiaretti. Création au Théâtre National de Strasbourg le 21 mai.

 

2014

  • Le Roi Lear de William Shakespeare. Création le 10 janvier.

Des acteurs dans les théâtres

A quelques années de nous, un amateur éclairé s’étonnerait sans doute de nos débats sur la présence nécessaire d’acteurs dans nos théâtres. La question lui paraîtrait certainement confinée à la tautologie : autant s’interroger sur la présence de poissons dans la mer ou de feuilles dans les arbres. Comment s’expliquer qu’après soixante ans de décentralisation, le territoire national soit équipé d’autant d’outils dont aucun ne peut témoigner d’une permanence artistique digne de ce nom.

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Le théâtre comme institution

Notre problème, c’est de réussir à recréer non pas un dialogue mais une patience générationnelle. Faire que les plus âgés regardent avec intérêt les jeunes. Et, que les jeunes écoutent les plus âgés.
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Du metteur en scène au directeur du TNP
Entretien réalisé par Bérénice Hamidi-Kim le 2 octobre 2009, retranscrit par Magali Le Ny, repris par Marion Denizot et relu par Christian Schiaretti.

Le TNP se situe aujourd’hui à Villeurbanne, mais ce qui m’intéresse, c’est l’énigme que me pose les trois mots qui composent son sigle.
« Théâtre », parce que c’est un métier et que le TNP doit être un représentant aigu de sa discipline. « National », parce que c’est un théâtre qui porte la célébration d’un génie propre à la langue française au travers de son répertoire et de son élaboration nouvelle. Et enfin « populaire », parce que c’est simple, au sens où l’on dit des gens généreux qu’ils le sont.

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Du metteur en scène au directeur du TNP

Entretien réalisé par Bérénice Hamidi-Kim le 2 octobre 2009, retranscrit par Magali Le Ny, repris par Marion Denizot et relu par Christian Schiaretti.

Le TNP se situe aujourd’hui à Villeurbanne, mais ce qui m’intéresse, c’est l’énigme que me pose les trois mots qui composent son sigle.
« Théâtre », parce que c’est un métier et que le TNP doit être un représentant aigu de sa discipline. « National », parce que c’est un théâtre qui porte la célébration d’un génie propre à la langue française au travers de son répertoire et de son élaboration nouvelle. Et enfin « populaire », parce que c’est simple, au sens où l’on dit des gens généreux qu’ils le sont.

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La refondation du TNP

Interview de Christian Schiaretti pour les Etats Provisoires du Poème XI
L’intitulé de ce numéro d’Etats provisoires du poème est «Refaire, renaître, refonder». Lequel ou lesquels de ces termes te paraissent le ou les plus appropriés pour caractériser la mutation du TNP sous ta direction depuis 10 ans ?
D’une façon générale, je n’aime pas beaucoup le préfixe « re », même s’il est fondateur dans le théâtre où il est clair pour chacun que l’on répète et représente. Je m’en méfie car c’est un point de vue d’orgueil ; le point de vue d’un démiurge extérieur qui déciderait d’indiquer le chemin, un passé rédempteur dont il aurait le secret.

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Le théâtre est-il révolutionnaire ?

Je crois n’avoir vécu qu’un seul événement « révolutionnaire » au sens d’un bouleversement. En 1974, fils d’ouvrier et étudiant en philosophie, je travaille comme coursier. Chargé d’apporter un paquet dans un lieu en travaux – le futur théâtre des Bouffes du Nord –, je découvre des Arabes en train chanter l’Internationale…
Je m’assieds à côté d’un monsieur qui m’explique qu’il s’agit d’une pièce de théâtre, Mohamed, prends ta valise, que ce sont des acteurs du Théâtre national d’Alger et que lui-même est Kateb Yacine ! Ma vie bascule. S’ouvre à moi un champ dont je ne soupçonnais pas l’existence. J’associe alors le théâtre à la pensée.

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Le théâtre national populaire aujourd’hui

Je ne me suis jamais accommodé de la notion verticale de carrière. Jeune, je lui préférais la notion de légende. Alimenté sans doute par les exemples passés avec leurs lots de pathétiques résolutions. Cela me distingua de l’esthétique imposée à ma génération, le ridicule en prime : je n’avais jamais inscrit le TNP dans mes perspectives.

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