TNP Villeurbanne

Bettencourt Boulevard ou une histoire de France


Création

Avec Bettencourt Boulevard ou une histoire de France, le dramaturge Michel Vinaver s’empare d’un dossier que les lecteurs de Mediapart connaissent bien. Cette pièce, dont les héros sont les personnages réels de l’affaire, donne à voir, au-delà de ses anecdotes éphémères, le scandale durable qui est sa matière, l’argent et la politique.
Michel Vinaver n’avait pas dit son dernier mot. On aurait pu croire achevée l’œuvre de ce récitant majeur de notre temps. À quatre-vingt-sept ans passés, le dramaturge laissait huit tomes d’un Théâtre complet* qui, sous la banale humanité qu’il semble apparemment raconter, celle de l’ordinaire ou du quotidien, fait vivre l’Histoire, la grande, qui souterrainement la traverse. Désormais il faudra y ajouter ce Bettencourt Boulevard, paru à L’Arche. Cette pièce réjouissante, qui transcende l’affaire dont la révélation, à l’été 2010, fut le tournant de la présidence Sarkozy, le début de sa chute en somme, résonne comme une postface à l’ensemble de l’œuvre.
Une histoire de France, donc, en écho à ce qu’avait tôt compris Antoine Vitez : « Vinaver nous embrouille avec la vie quotidienne. On a dit, pour qualifier son œuvre, cette expression vulgaire : le théâtre du quotidien, un théâtre du quotidien. Mais non : il nous trompe ; ce n’est pas du quotidien qu’il s’agit, c’est la grande Histoire ; seulement, il sait en extraire l’essence en regardant les gens vivre. » Edwy Plenel

*Actes Sud et L’Arche, 2002-2005

Le texte de la pièce Bettencourt Boulevard ou une histoire de France est paru à L’Arche Éditeur.

© Michel Cavalca

Michel Vinaver est né en 1927. En 1941, il quitte la France avec sa famille pour New York. Il poursuit ses études au lycée français puis à l’université où il obtient son diplôme de bachelor of arts. Ses rencontres avec Albert Camus et T. S. Eliot seront décisives. À son retour en France en 1947, il s’inscrit à la Sorbonne en sociologie. En 1953, il entre à la Gillette Company où il occupe jusqu’en 1980 des fonctions de cadre puis de directeur. Après deux romans publiés chez Gallimard, Lataume en 1950 et L’Objecteur en 1951, il devient écrivain, dramaturge et traducteur, en parallèle avec son activité dans l’industrie. C’est sa rencontre avec Gabriel Monnet, une des grandes figures de la décentralisation théâtrale, qui l’amène, en 1955, à l’écriture de sa première pièce, Aujourd’hui ou les Coréens (appelée ensuite Les Coréens), mise en scène par Roger Planchon à Lyon en 1956 et saluée par une critique élogieuse de Roland Barthes. À partir de 1982, il enseigne à la Sorbonne Nouvelle. On retiendra de son théâtre : Les Huissiers, 1957, Iphigénie Hôtel, 1959, La Demande d’emploi, 1973, Dissident, il va sans dire, 1978, Les Travaux et les jours, 1979, L’Ordinaire, 1981, Les Voisins, 1984, L’Émission de télévision, 1988, 11 septembre 2001, 2002. Ces pièces ont été créées par Jean-Marie Serreau, Roger Planchon, Jacques Lassalle, Antoine Vitez, Alain Françon, Arnaud Meunier… Christian Schiaretti a mis en scène Les Coréens à la Comédie-Française, 1993, et Par-dessus bord au TNP, 2008. En 2009, sa pièce L’Ordinaire entre au répertoire de la Comédie-Française dans une mise en scène de l’auteur et de Gilone Brun.

Christian Schiaretti dirige la Comédie de Reims de 1991 à 2002. Il est directeur du TNP depuis janvier 2002 où il a présenté Mère Courage et ses enfants et L’Opéra de quat’sous de Bertolt Brecht, Père, Mademoiselle Julie et Créanciers de August Strindberg, L’Annonce faite à Marie de Paul Claudel, 7 Farces et Comédies de Molière, Philoctète de Jean-Pierre Siméon, trois pièces du Siècle d’or : Don Quichotte, Don Juan, La Célestine, les cinq premières pièces du Graal Théâtre de Florence Delay et Jacques Roubaud, Mai, juin, juillet de Denis Guénoun (présenté au Festival d’Avignon 2014), Le Roi Lear de William Shakespeare. Ses spectacles, Coriolan de William Shakespeare, 2006, Par-dessus bord de Michel Vinaver, 2008, et Une Saison au Congo de Aimé Césaire, 2013, ont reçu de nombreux prix. Pour l’inauguration du nouveau Grand théâtre, il crée Ruy Blas de Victor Hugo, le 11 novembre 2011. Très attaché à un théâtre du répertoire, Christian Schiaretti reprend régulièrement ses créations avec les comédiens de la troupe.


Pièce en 30 morceaux et pour 17 comédiens

Avec
Francine Bergé — Liliane Bettencourt, fille d’Eugène Schueller, mère de Françoise
Stéphane Bernard — Pascal Bonnefoy, majordome d’André Bettencourt
Clément Carabédian — Chroniqueur
Jérôme Deschamps — Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt
Philippe Dusigne — André Bettencourt, mari de Liliane et père de Françoise, ancien ministre ; ombre
Didier Flamand — François-Marie Banier
Christine Gagnieux — Françoise Bettencourt Meyers, fille de Liliane et André Bettencourt
Damien Gouy — Neuropsychiatre ; ombre
Clémence Longy — Dominique Gaspard, femme de chambre de Liliane Bettencourt
Élizabeth Macocco — Claire Thibout, comptable de Liliane Bettencourt
Clément Morinière — Éric Woerth, ministre du Budget, maire de Chantilly, président du Premier Cercle
Nathalie Ortega — Florence Woerth, femme d’Éric Woerth
Gaston Richard — Nicolas Sarkozy
Juliette Rizoud — Joëlle Lebon, femme de chambre de Liliane Bettencourt
Julien Tiphaine — Lindsay Owens-Jones, P.-D.G de l’Oréal
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avec la participation de :
Bruno Abraham-Kremer — voix du Rabbin Robert Meyers
Michel Aumont — voix de Eugène Schueller, fondateur de l‘Oréal

Dimitri Mager et Pierre Pietri — danseurs

… et Bacchia — Toto
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Pauline Noblecourt — conseillère littéraire
Thibaut Welchlin — scénographie et costumes
Quentin Sirjacq — création musicale
Julia Grand — lumières
Romain Marietti — coiffures, maquillage en partenariat avec Make Up For Ever
Clément Carabédian — assistant à la mise en scène
Marius Müller — stagiaire à la mise en scène
musiciens enregistrés :
Antoine Berjeaut — trompette
Jeffrey Boudreaux et Fabrice Moreau — batterie
Youen Cadiou et Simon Tailleu — contrebasse
Jean-Brice Godet — clarinette
avec l’aimable participation du flûtiste Thierry Neuranter
Décors et costumes réalisés dans les Ateliers du TNP.
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Production Théâtre National Populaire


« Une reine dans son monde clos :
Quand une pièce contemporaine de cette nature est représentée sur scène pour la première fois, il convient avant tout qu’elle soit entendue, dans toute sa nouveauté. De ce point de vue, Christian Schiaretti remplit la mission. Sa mise en scène, claire, lisible, permet à chaque personnage d’exister. Des chaises blanches sur le plateau, comme les pions d’un échiquier, des panneaux, transparents ou de couleurs, qui dessinent les espaces : le décor aussi est adéquat. Le plus gros morceau, évidemment, c’est la distribution. » Brigitte Salino, Le Monde
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« En quoi l’affaire Bettencourt est-elle une « histoire de France »?
Un des déclencheurs de l’histoire est à chercher très en amont, et c’est pour cela que je précise, Bettencourt Boulevard, une histoire de France. Il y a, en arrière, la collision de deux hommes: Eugène Schueller, un génial inventeur, entrepreneur et soutien actif de l’extrême droite française, et le rabbin Robert Meyers, qui a décidé de rester à son poste en France, de ne pas se réfugier en Suisse ou en Angleterre, comme il aurait pu le faire. Toute l’histoire de France remonte: la Cagoule et la Shoah. C’est le point le plus important de la pièce. »
Extrait de l’interview de Michel Vinaver par Armelle Héliot, Le Figaro
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« Distribution sans faille
Sur la scène figurant un salon géant, avec ses panneaux colorés mouvants évoquant un tableau de Mondrian, Christian Schiaretti orchestre avec précision et fluidité un oratorio en trente mouvements. La distribution est sans faille : Francine Bergé en fougueuse et digne Liliane Bettencourt ; Christine Gagnieux, intense et énigmatique Françoise ; Jérôme Deschamps, cocasse gérant de fortune (Patrice de Maistre), etc. »
Philippe Chevilley, Les Échos
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« Michel Vinaver est tenu, en compagnie de Valère Novarina, pour le plus grand dramaturge français vivant. Il n’a cessé de jouer à cache-cache avec le monde contemporain. Il l’a débusqué l’air de rien, le nez au vent et l’œil rivé sur la tragédie grecque : des expéditions punitives de l’Occident incurablement colonial (Les Coréens) aux rétorsions horrifiques du terrorisme proche-oriental (11 Septembre 2001), en passant par les métamorphoses dévorantes du capitalisme (Par-dessus bord), ou la crétinisation audiovisuelle des masses (L’Émission de télévision). »
Antoine Perraud, Mediapart
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« Dialogues spirituels, entrevue de la grande Histoire et d’un certain esprit français vu à travers les bijoux de famille, cette saga des Bettencourt est bel et bien une grande pièce de boulevard fonctionnant aux carburants de la duplicité et de l’argent. »
Luc Hernandez, Exit Mag
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  • Prélude
    Vendredi 20 novembre 2015 à 18h30 une mise en perspective des enjeux du spectacle vous est proposée.
    En savoir plus

 

  • Projection de « Sunset Boulevard » de Billy Wilder au Cinéma Comœdia.
    Samedi 28 novembre 2015 à 11h15. En savoir plus.

 

  •  Théâtromôme
    Pendant que les parents assistent au spectacle, les enfants sont accueillis dans un atelier en lien avec l’activité théâtrale. Au programme : « Le détournement de l’œuvre d’art. ». Plus d’infos
    Dimanche 29 novembre 2015 à 15h00
    Dimanche 13 décembre 2015
    à 15h00

 

  • Résonance « La justice, intérêt du plus fort ou intérêt commun ? » à l’Université Jean-Moulin Lyon 3, avec Éric Carpano, professeur
    des universités, Faculté de Droit de l’Université Lyon 3, Edwy Plenel, journaliste politique et directeur de Médiapart, Christian Schiaretti, metteur en scène
    et directeur du TNP, et Guillaume Carron.
    Lundi 30 novembre 2015 à 18h30. En savoir plus.

 

  • Audiodescription
    Les personnes malvoyantes ou non-voyantes peuvent suivre en direct la description du spectacle au moyen d’un casque à haute fréquence.
    La représentation est précédée d’une approche tactile du décor.
    Pour bénéficier de ce dispositif d’accompagnement, il est nécessaire de se signaler lors de la réservation des places.
    Jeudi 10 décembre 2015 à 19h30 Plus d’infos
    Dimanche 13 décembre 2015 à 14h30 Plus d’infos

 

  • Rencontre après spectacle
    Nous vous invitons à rencontrer des membres de l’équipe artistique, le jeudi 10 décembre 2015 à l’issue de la représentation.
    En savoir plus

 

  • Journée au TNP / Samedi 12 décembre 2015
    10h30 — Atelier du regard, animé par Yannic Mancel, conseiller artistique et littéraire pour le théâtre. En savoir plus
    12h30 — Déjeuner à la Brasserie 33 TNP, sur inscription, avec l’équipe artistique. En savoir plus
    14h30 — Rencontre avec Christian Schiaretti. En savoir plus