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Illusions

L’acte de théâtre semble, de prime abord, se résumer au simple
 fait de venir raconter. Mais l’amour peut-il se raconter ? Peut-il être UNE histoire ? Et si notre condition était de toujours avoir affaire 
à l’illusion ? Vertigineux quatuor qui nous fait appréhender, souvent avec humour, les méandres de confidences où les certitudes s’effacent…

À propos

Viripaev prend une histoire simple, apparemment, celle d’un homme, qui, sur son lit de mort, déclare à sa femme tout l’amour que celle-ci lui a permis d’éprouver. En cet instant, il sait que le véritable amour ne peut être que réciproque. Mais la succession des récits vient voiler, peu à peu, la clarté de cette évidence. L’acte de théâtre semble de prime abord se résumer au simple fait de venir raconter, mais l’amour peut-il se raconter ? Peut-il être UNE histoire ? Des quatre jeunes qui viennent ici transmettre et rejouer l’histoire de deux couples âgés, on ne saura rien… Ce qu’ils racontent est dans le passé, mais ces paroles intimes, tendres et cruelles, adressées avant de mourir à la compagne ou au compagnon d’une vie, peuvent aussi s’entendre comme le futur de ces jeunes êtres. Et si notre condition, jusqu’à notre dernier souffle, était de toujours avoir affaire à l’illusion ?

Vertigineux quatuor qui nous fait appréhender, souvent avec humour, les méandres de confidences où les certitudes s’effacent… Opportunité aussi, pour le metteur en scène et son équipe, de revenir sur ce qui leur tient à cœur : dire le monde avec délicatesse, dans une certaine détente et affection. Ce quadragénaire russe, dont on retrouve les pièces à l’affiche de nombreuses scènes européennes est, pour Olivier Maurin, un écrivain providentiel.

© Jeanne-Garraud / © DR

Biographies

Ivan Viripaev

Ivan Viripaev, auteur, metteur en scène et comédien, est né à Irkoutsk en Sibérie, en 1974. Sa pièce, Les Rêves, est présentée à Moscou en 2000 et ensuite jouée en France et en Autriche. En 2003, il participe en tant qu’acteur à la création de son texte Oxygène, qui reçoit un accueil enthousiaste à Moscou et fait le tour des festivals internationaux. Salué par la critique, il reçoit de nombreux prix. En 2004, sa pièce Genèse 2 est mise en scène à Moscou, puis en France, par Galin Stoev qui créera également Danse « Dehli » en 2011. En 2010, Ivan Viripaev met en scène, à Moscou, Comedia, second volet de la trilogie inaugurée avec Juillet et, en 2014, Conférence iranienne. Ses pièces, Les Rêves, Oxygène, Genèse 2, Danse « Dehli », Les Enivrés, Les guêpes de l’été nous piquent encore en novembre, Illusions, sont parues aux éditions Les Solitaires Intempestifs.

Olivier Maurin

Olivier Maurin, très attaché au travail de compagnie, mène avec Lhoré-Dana une aventure forte d’un collectif en résidence pendant sept ans au Théâtre de la Renaissance à Oullins. Il met en scène des textes de Daniil Harms, Daniel Danis, Gregory Motton, Franz Kafka, Marieluise Fleisser… À l’issue de cette aventure, il collabore comme metteur en scène avec plusieurs lieux, dont le Centre dramatique de Poitou-Charentes. En 2004, il entame une résidence au Théâtre de Bourg-en-Bresse et prend, également à cette période, la direction de la Maison du Théâtre de Jasseron, dans l’Ain. Ensuite, son travail se réalise essentiellement à l’occasion d’invitations ou de commandes. Dans le cadre de la « Comédie itinérante » de La Comédie de Valence, il met en scène Des couteaux dans les poules de David Harrower. Avec La Fédération – Compagnie Philippe Delaigue, il crée des textes de Pauline Sales, Daniel Keenes et avec sa compagnie Ostinato, Harold Pinter et Oriza Hirata dont il a présenté En courant, dormez au TNP en 2016.

Distribution

texte français Tania Moguilevskaia et Gilles Morel
avec Clémentine Allain, Fanny Chiressi, Arthur Fourcade, Mickaël Pinelli
scénographie Guillemine Burin des Roziers
lumières Nolwenn Delcamp Risse

production Compagnie Ostinato

création au Théâtre de L’Élysée, Lyon, juin 2016

Revue de presse

« C’est le miracle du metteur en scène, Olivier Maurin : parvenir à une direction d’acteurs d’une délicatesse à travers laquelle le travail n’apparaît jamais. Comme s’il nous donnait l’illusion de jouer à la place des acteurs. Avec ce talent particulier d’effacer les contingences du théâtre pour laisser traverser un texte dans toute la plénitude de ses émotions. La puissance des sentiments est telle que le spectacle évite en permanence l’écueil de l’exercice de style. On sourit, cueilli par l’humour planqué au coin d’une phrase par Viripaev, comme on vibre à ce château de cartes des illusions qui tombent une à une jusqu’à ce que mise à nu s’ensuive. C’est tout Olivier Maurin : faire du théâtre à sa façon, inédit, vivant, habité, le plus simplement du monde mais avec un talent et et une foi qui ne doivent rien à personne. »
Luc Hernandez, Exit.

« Olivier Maurin a le goût des pièces délicates et redoutables à mettre en scène. Après le superbe En courant, dormez, voici Illusions, récit vertigineux sur l’amour et ce qu’il en reste. […] Clémentine Allain, en charge durant la première demi-heure du monologue d’ouverture, est bouleversante, faisant ressurgir une réminiscence du couple Trintigant / Rivat dans Amour de Haneke. »
Nadia Pobel, Le Petit Bulletin.

« Ivan Viripaev évite le mélodrame en donnant à la jeunesse des protagonistes le rôle de port-voix des confessions des amants crépusculaires. Cette distance permet d’échapper à la simple chronique d’histoires particulières et développe une réflexion universelle sur la passion. Viripaev élève même sa pensée au niveau d’une métaphysique de l’amour. Tout cela dans une langue étincelante, magnifiquement traduite par Tania Moguilevskaia et Gilles Morel, et sans jamais perdre le sens de l’humour. Respectueux du texte, Olivier Maurin invente une dramaturgie de la sobriété superbement efficace. Dispositif signifiant et épuré, proximité du public le faisant complice intime des personnages, vocalisations essentiellement sur le ton de la confidence, gestuelle aux accents rarement excessifs. Maurin aime la modernité d’un théâtre qui explore les mystères de l’existence et s’incarne sous la forme d’un jeu de stratégie. Son spectacle en est l’intelligente manifestation en faisant partager à ses spectateurs le plaisir d’être passionnés par le propos et l’excitation de démasquer toutes les illusions, y compris celles de la représentation. »
Michel Dieuaide, Les Trois Coups.

Interview vidéo

En lien avec le spectacle

  • En-cas culturel au Musée des Beaux-Arts de Lyon. Une visite-lecture d’une demi-heure autour du thème « Délicatesse » par un comédien de la Maison des comédiens du TNP. Mercredi 18 octobre à 12h30. En savoir plus
  • Cycle : théâtre et philosophie – Faire semblant – 1/3 : Faire semblant ne serait-ce qu’hypocrisie ou mensonge ?
    Mercredi 18 octobre à 18h30. En savoir plus
  • Rencontre après spectacle
    Jeudi 19 octobre à l’issue de la représentation, nous vous invitons à rencontrer des membres de l’équipe artistique.
  • Disputatio
    Vendredi 20 octobre à l’issue de la représentation. Un espace dans lequel chacun peut dire, entendre, questionner, objecter la lecture d’un spectacle animé par deux psychanalystes.
    En savoir plus

Documents