Le Voyage d’hiver

de Franz Schubert
cycle de 24 lieder pour voix et piano sur des poèmes de Wilhelm Müller
mise en scène Deborah Warner

  • Festival de l'Opéra de Lyon

Du au

salle Roger-Planchon

1 h 15 du mardi au vendredi à 20 h,
samedi à 18 h 30,
relâche jeudi 25 mars

  • Distribution

    avec Ian Bostridge (ténor)
    Julius Drake (piano)

    assistanat à la mise en scène Isabelle Kettle
    coordination artistique Claire Andries

    scénographie et costumes Justin Nardella
    lumière Jean Kalman assisté d’Yves Caizergues

    spectacle programmé en coréalisation avec l’Opéra de Lyon opera-lyon.com

    remerciements tout particuliers à Colin Blumenau.

    Spectacle créé en 2024 au Theatre Royal Bath, Ustinov Studio au Royaume-Uni et recréé le 18 novembre 2025 à l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet.

    • production Centre International de Créations Théâtrales – Théâtre des Bouffes du Nord

    • coproduction Athénée Théâtre Louis-Jouvet

    • avec le soutien du Cercle de l’Athénée et des Bouffes du Nord et de sa Fondation abritée à l’Académie des beaux-arts

  • Biographies

    Franz Schubert

    Compositeur emblématique de la musique romantique autrichienne, Franz Schubert, né en 1797 à Lichtental, dans la banlieue de Vienne, est le fils d’un instituteur qui l’initia au violon. Il étudie au Stadtkonvikt de Vienne, où il côtoie la bonne société viennoise, étudie la composition avec Antonio Salieri. Dès 1810, il écrit ses premières œuvres, des quatuors, quelques ensembles vocaux, une symphonie et un opéra, mais son père le destine à prendre sa suite. À 17 ans, sa première Messe est un succès public et lui vaut un piano offert par son père. Composant plus de deux cents Lieder, Schubert commence à se faire connaître dans les salons viennois : les réunions, réputées, en sa présence prennent vite le nom de « Schubertiades ». À vingt-cinq ans, il atteint sa pleine « maturité » avec son cycle de Lieder La Belle Meunière, la Fantaisie Wanderer, les quatuors Rosamunde et La Jeune Fille et la mort ou encore la Sonate Arpeggione. Très touché par la mort de Ludwig von Beethoven, il compose Le Voyage d’hiver, un des derniers cycles de Lieder dont l’ultime sera Le Chant du cygne. En 1828, il meurt à seulement trente-et-un ans, laissant un catalogue de plus de mille œuvres. Il est reconnu comme le maître incontesté du lied. Il s’est particulièrement consacré à la musique de chambre, et a aussi écrit de nombreuses œuvres pour piano, une dizaine de symphonies, ainsi que de la musique chorale et sacrée.

    Wilhelm Müller

    Wilhelm Müller, né en 1794, est un poète allemand de l’époque romantique. Il fait à Berlin des études de philologie, de langues anciennes et d’histoire. En 1813-1814, il prend une part active à la « guerre de libération » contre Napoléon. Après la fin de la campagne, il se joint à un groupe de jeunes poètes berlinois, tous « combattants de la liberté », groupe romantique qui exalte tout ce qui se rapporte à l’histoire germanique. Il publie alors une Anthologie des Minnesänger. En 1819, il est nommé professeur à Dessau, et en 1820, bibliothécaire à la bibliothèque ducale. En 1821, il prend ardemment parti pour l’indépendance grecque et publie ses Chants des Grecs (Lieder der Griechen). Il participe ainsi au mouvement philhelléniste, et acquiert une célébrité internationale, ce qui ne l’empêche pas d’être en même temps féru d’anglicisme. Il est surtout connu pour ses textes qui ont servi à Franz Schubert lors de la composition de ses lieder (poèmes germaniques chantés par une voix accompagnée par un piano ou un ensemble instrumental) : La Belle Meunière et Le Voyage d’hiver. Il meurt d’une crise cardiaque âgé seulement de trente-deux ans.

    Deborah Warner

    Deborah Warner, née en 1959 en Angleterre, est une réalisatrice et metteuse en scène de théâtre et d’opéra britannique, connue pour ses interprétations des œuvres de William Shakespeare, Bertolt Brecht, Benjamin Britten et Henrik Ibsen. Elle étudie à la Central School of Speech and Drama de Londres. À l’âge de vingt-et-un ans, elle fonde sa propre troupe de théâtre, The Kick Theatre Company. Ses premières créations sont profondément influencées par l’exemple de Peter Brook et sa conviction que l’interprète doit toujours être au centre du spectacle. Depuis les années 1980, Deborah Warner travaille en étroite collaboration avec l’actrice Fiona Shaw et entretient des collaborations à long terme avec les concepteurs Jean Kalman, Hildegard Bechtler, Chloé Obolensky, Tom Pye, Mel Mercier et le chorégraphe Kim Brandstrup. Elle développe des projets en Europe et aux États-Unis. Elle expérimente d’autres genres artistiques comme la performance poétique, la mise en scène d’oratorios, ainsi que des installations. Au théâtre, elle met en scène La Bonne Âme du Se-Tchouan, Mère Courage et ses enfants de Bertolt Brecht, Woyzeck de Georg Büchner, La Tempête, Le Roi Lear, Coriolan, Titus Andronicus (Prix Laurence Olivier et Evening Standard Awards), Le Roi Jean, Richard II de William Shakespeare, Oh les beaux jours de Samuel Beckett, Hedda Gabler, Une maison de Poupée de Henrik Ibsen (Prix Laurence Olivier), Le Testament de Marie d’après le roman de Colm Tóibín, etc. À l’opéra, elle met en scène Wozzeck d’Alban Berg, La Voix Humaine de Francis Poulenc, Don Giovanni de Wolfgang Amadeus Mozart, Fidelio de Ludwig von Beethoven, Jeanne d’Arc au Bûcher d’Arthur Honegger, Le Tour d’écrou, Mort à Venise, Le Viol, Peter Grimes de Benjamin Britten, Le Journal d’un disparu de Leoš Janáček, la Passion selon saint Jean de Jean-Sébastien Bach et Le Messie Georg Friedrich Haendel, Didon et Énée de Henry Purcell, La Traviata de Giuseppe Verdi.

    Au cinéma, elle réalise The Waste Land (sélection Un Certain Regard, Festival de Cannes) et The Last September (Sélection officielle de la Quinzaine des réalisateurs de Cannes, Festival du Film d’Edinburgh).

    Deborah Warner est Chevalier de l’Ordre National des Arts et des Lettres.

Spectacle en allemand surtitré en français.

Un jeune homme, abandonné par sa bien-aimée, s’enfuit en pleine nuit de la maison de celle qu’il adorait. Il s’attarde une dernière fois dans les endroits aimés et familiers où il l’avait connue. Le tilleul, arbre consolateur, confident de ses émois, ne lui est plus d’aucun secours. Il fuit la ville, part sur les chemins dans des paysages désolés, ne trouvant plus sa place dans le monde des hommes. Il erre dans les déserts glacés de la solitude, se retournant sur son passé, évoquant quelques moments heureux, avant de plonger dans une mélancolie exaltée qui le mènera peut-être à la folie.

Deborah Warner relève le défi de mettre en scène les vingt-quatre lieder du Voyage d’hiver, cycle composé par Franz Schubert sur des poèmes de Wilhelm Müller. Elle nous projette dans un autre monde, celui d’un voyage intérieur où la réalité n’est qu’un souvenir. Le ténor Ian Bostridge et son complice Julius Drake qui l’accompagne au piano, révèlent avec sensibilité l’humanité du compositeur, font naître des paysages et nous entraînent dans ce bouleversant voyage.