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Antigone

Antigone, de siècle en siècle, a constamment sollicité l’imaginaire des écrivains et, conséquemment, l’imaginaire collectif. Sans doute parce que sa valeur est fondamentalement positive et que sa magnifique insoumission aux lois abstraites, motivée par la loi du cœur, venge chacun d’entre nous de ses renoncements devant les mille formes du pouvoir politique, social ou religieux.

À propos

Variation à partir de Sophocle

Rotrou, Hölderlin, Cocteau, Brecht, Anouilh ou Bauchau, parmi tant d’autres : depuis Eschyle et Sophocle, il n’est sans doute pas de personnage de fiction qui ait, autant qu’Antigone, de siècle en siècle, si constamment sollicité l’imaginaire des écrivains et conséquemment l’imaginaire collectif. Sans doute parce que sa valeur est fondamentalement positive et que sa magnifique insoumission à l’ordre établi et aux lois abstraites, motivée par la loi du cœur, venge chacun d’entre nous de ses renoncements devant les mille formes du pouvoir politique, social ou religieux – qui a tant de bonnes raisons. Sans doute aussi parce qu’elle est femme, jeune femme amoureuse et fragile, fervente et tendre, d’une volonté sans compromis mais sans hystérie ni fureur, et que, contre tous les préjugés, elle manifeste par sa seule conviction une force irréductible. Sa mort n’y fait rien : le droit à la désobéissance au nom d’une humanité bafouée et la puissance de subversion qu’il inaugure lui survivent et lui survivront éternellement. Jean-Pierre Siméon

La règle du jeu de ces séances dramatiques que sont Ajax et Antigone, fait d’abord jaillir le texte de son plus simple appareil, d’une lecture. Car c’est le poème, cœur et âme du spectacle, qui lui confère son souffle et qui l’anime. Que le jeu naisse alors de ce dépouillement volontaire, de l’aridité revendiquée de la forme, et ce sera bien le signe d’une renaissance pour la langue, par la langue, des plus grandes tragédies du répertoire.

 © Michel Cavalca

Biographie

Jean-Pierre Siméon

Jean-Pierre Siméon, poète, romancier, critique et professeur agrégé de Lettres modernes, participe aux comités de rédaction de plusieurs revues et a dirigé la collection « Grand fonds » de Cheyne éditeur, maison d’édition qui publie depuis plus de trente ans ses recueils de poésie. Il a été, jusqu’en 2017, directeur du Printemps des Poètes. Son œuvre, qui compte plus d’une cinquantaine de titres, lui a valu de nombreux prix. Christian Schiaretti l’invite en tant que « poète associé » à la Comédie de Reims. Ils fondent Les Langagières, manifestation autour de la langue et son usage et poursuivent leur collaboration au TNP. Ses pièces de théâtre : D’entre les morts, Stabat mater furiosa, suivie de Soliloques, La Lune des pauvres, Sermons joyeux, Le Petit Ordinaire (cabaret macabre), Odyssée, dernier chant, Témoins à charge, Le Testament de Vanda, Philoctète, La mort n’est que la mort si l’amour lui survit, Électre et Antigone, Trois hommes sur un toit, Et ils me cloueront sur le bois, La Boîte ; un essai sur le théâtre, Quel théâtre pour aujourd’hui ? et Ce que signifiait Laurent Terzieff sont parus aux Éditions Les Solitaires Intempestifs. Son essai sur l’insurrection poétique, La poésie sauvera le monde, est paru aux éditions Le Passeur en 2015.

Distribution

avec Stéphane Bernard, Philippe Dusigne, Julien Gauthier, Damien Gouy, Margaux Le Mignan, Clémence Longy, Clément Morinière, Julien Tiphaine

production Théâtre National Populaire

création au TNP, octobre 2016