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Aux corps prochains

On trouve dans l’Éthique de Spinoza, une phrase devenue fameuse : « Nul ne sait ce que peut un corps. » Si on s’y arrête un moment, cette phrase est vertigineuse. Ce que peut un corps, nous devrions le savoir avec précision et cependant quelque chose dans cette formulation nous saisit. L’ambition sera de transformer la question philosophique en action scénique. Non pas de s’adonner à un théâtre cérébral ou figé mais au contraire, bouger, jouer, surprendre.

À propos

Du mercredi 27 mai au samedi 6 juin 2015
Mise en scène Denis Guénoun

On trouve dans l’Éthique de Spinoza, une phrase devenue aujourd’hui fameuse : « Nul ne sait ce que peut un corps. » Dans plusieurs de ses ouvrages et de ses cours, Gilles Deleuze a porté à cet énoncé une attention très vive, ce qui a beaucoup contribué à la notoriété de la formule. Or, si on s’y arrête un moment, cette phrase est vertigineuse. Ce que peut un corps, nous devrions le savoir avec précision : en raison des lois physiques qui régissent la matière, ou des fonctions biologiques des organes, dont la connaissance ne cesse de progresser. Et cependant, quelque chose dans cette formulation, nous saisit. Nous postulons que des possibilités d’un corps restent obscures, et sommes convaincus que notre savoir ici demeure limité, provisoire.
Cet étonnement est la source du spectacle. L’ambition est de transformer la question philosophique en problème scénique. Que produit physiquement le théâtre, alors que la danse, le cirque ou le sport semblent explorer si savamment les capacités des corps ? C’est le champ de recherches qu’on veut arpenter. Il s’agit, comme dans les expériences précédentes menées par Denis Guénoun et Stanislas Roquette, non pas de s’adonner à un théâtre cérébral ou figé, mais au contraire de faire muer une question de pensée en énergies dynamiques, physiques. « Ce que peuvent des  corps », c’est d’abord cela : bouger, jouer, surprendre.

 © Jean Couturier

Biographies

Barauch Spinoza (1632-1677) est un philosophe hollandais d’origine juive portugaise. Esprit libre et éclectique, il s’initie aussi bien à la théologie qu’aux philosophies rationalistes, aux sciences de la nature et à l’anatomie. Accusé d’hérésie, il est exclu de la communauté juive d’Amsterdam en 1656 et devient polisseur de verre. Son oeuvre comprend notamment l’Éthique, le Traité de la réforme de l’entendement et le très polémique Traité théologico-politique.

Stanislas Roquette Né en 1984, il est comédien et metteur en scène. Il fonde en 2008 la compagnie Artépo avec Denis Guénoun et Miquel Oliu Barton. Comédien, il joue sous la direction de Christian Schiaretti, Jacques Lassalle, Gabriel Garran, Miquel Oliu Barton, Bernard Granjean… Depuis 2009 il dirige, à l’Université de Princeton, à Sciences-Po Paris et lors de séminaires d’entreprises, des ateliers de prise de parole en public et de pratique théâtrale. Il met en scène Les lettres et le voyage, spectacle conçu autour du Voyage au bout de la nuit de Céline, des Lettres à un jeune poète de Rilke (2009) et La machine de l’homme (Vilar/ Molière), au Festival d’Avignon 2013. Au TNP, il interprète Artaud-Barrault et Qu’est-ce que le temps ?, mises en scène de Denis Guénoun.

Denis Guénoun né en 1946 à Oran, est comédien, écrivain et metteur en scène. Il est, par ailleurs, agrégé de philosophie et professeur émérite de l’Université Paris-Sorbonne. En 1975, il fonde la compagnie de L’Attroupement puis celle du Grand Nuage de Magellan en 1983. Il sera le directeur du CDN de Reims de 1986 à 1990. Parmi ses mises en scène, on peut citer Tout ce que je dis (2007), Le Banquet de Platon (2008), L’Augmentation de Georges Perec, jouée en chinois au Grand Théâtre de Shanghaï (2010), et Artaud-Barrault, créée la même année au Théâtre Marigny. Denis Guénoun est l’auteur de nombreuses pièces : L’Énéide, Le Printemps, Ruth éveillée, Tout ce que je dis, et d’ouvrages philosophiques : Le Théâtre est-il nécessaire ?, Avez-vous lu Reza ?, Livraison et délivrance, Le Citoyen. C’est en 2010 aux Rencontres de Brangues qu’a été créé son spectacle Qu’est-ce que le temps ? d’après les Confessions de saint Augustin, présenté au TNP en 2011. En 2012, il met en scène Demeure fragile de Valère Novarina et, en 2013, Vive l’art, quand il ignore son nom ! (Correspondance Gaston Chaissac/Jean Dubuffet).

Distribution

Mise en scène, écriture Denis Guénoun

Avec
Alvie Bitemo,
Marc Depond,
Marie-Cécile Ouakil,
Stanislas Roquette,
Marc Veh

Vidéo Charles Habib-Drouot
chorégraphie, travail corporel Chrystel Calvet
scénographie Anne Lezervant
lumière Geneviève Soubirou
costumes Gwladys Duthil
conseiller artistique, vidéo Dominique Baumard
son, coordination technique Jérémie Quintin
écriture et travail des voix Marc Depond
administration Alice Perot-Hodjis
assistanat, collaboration artistique Alexis Leprince

Remerciements à Jeanne Cohendy, Thomas Dommange, Olivier Dubouclez, Delphine Eliet, Kenza Jernite, Paola Marrati, Philippe Marioge, Sylvie Martin-Lahmani, Stanislas Siwiorek, à l’atelier Sardines et whisky, au Carreau du Temple, et au Théâtre du Soleil.

 

Production Artépo

Coproduction
Théâtre National de Chaillot
Théâtre National Populaire
Maison des Arts de Thonon-Évian
La Passerelle Scène nationale Saint-Brieuc

 

Avec le soutien de la Dicréam, de la DRAC Ile de France et la participation artistique de l‘ENSATT.
Ce texte a reçu le soutien de la Commission nationale d’Aide à la création de textes dramatiques (CnT).

Le spectacle sera créé au Théâtre National de Chaillot le 5 mai 2015.

Vidéos


Entretiens et répétitions au Théâtre National de Chaillot

Documents

  Le programme de salle (pdf / 380ko)

Le dossier de presse (pdf /164ko)

Le dossier d’accompagnement (pdf /524ko)

Autour du spectacle

  • Partages littéraires “Le beau corps ?” au Musée des Beaux arts
    Samedi 23 mai, 11 h 00 et mercredi 3 juin, 12 h 15. En savoir plus.

 

  • Rencontre avec l’équipe artistique à l’issu de chaque représentation.