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Dom Juan

Molière fait de Dom Juan un homme cultivé, à la pensée acérée comme une arme, qui avance dans le monde accompagné d’un Sganarelle écartelé entre la terreur et la fierté de servir un si beau monstre. Duo désaccordé donc comique. Dans le respect à la lettre des textes, Olivier Maurin et ses comédiens ont l’art de rafraîchir notre écoute en donnant à la présence humaine tout son rayonnement.

À propos

résidence de création

Avec Molière, fini le débauché veule, bassement sensuel, né de la plume d’un moine dans l’Espagne catholique triomphante du XVIe siècle. Un siècle plus tard, voici un Dom Juan cultivé, à la pensée acérée comme une arme. Il avance dans le monde accompagné d’un Sganarelle écartelé entre la terreur et la fierté de servir un si beau monstre. Duo désaccordé donc comique. Autant Dom Juan révèle en toutes circonstances un stupéfiant sang-froid, autant Sganarelle réagit en authentique poltron superstitieux. Il faut dire que Molière donne à son illustre personnage des enjeux qui dépassent amplement la seule séduction et le désir d’assouvir une jouissance. Son héros annonce le séducteur-libertin du XVIIIe siècle tant il dénonce les obstacles que la société oppose à toute liberté individuelle, ici représentés par la Femme, le Père, la Foi, le Ciel.

Cette œuvre insolente va résonner une fois encore aujourd’hui. « Aujourd’hui » est un mot qui convient bien au travail de Olivier Maurin et de ses comédiens, qui s’emparent des situations et des mots en les lavant des signes trop repérés et connus. Dans le respect à la lettre des textes, ils ont l’art de rafraîchir notre écoute en donnant à la présence humaine tout son rayonnement.

 

Photo © Jeanne Garraud

Biographies

Molière

Né à Paris sous le nom de Jean-Baptiste Poquelin, Molière crée avec Madeleine Béjart L’Illustre-Théâtre, qui connaît un échec pour cause de dettes. En août 1645, il est même emprisonné. Cette année-là, il quitte Paris pour la province et y revient en 1658. L’année suivante, Les Précieuses ridicules lui apporte la célébrité. Il obtient du roi la salle du Petit-Bourbon puis, à partir de 1660, celle du Palais-Royal où il remporte de nombreux triomphes. Le Tartuffe fait scandale, la pièce est retirée de l’affiche sous la pression des dévots. Le roi lui garde toutefois son estime. Dom Juan suscite également des remous et, malgré son succès, la pièce doit également être retirée. Viennent Le Misanthrope, George Dandin, L’Avare, Le Bourgeois gentilhomme, Les Fourberies de Scapin, Les Femmes savantes… Molière meurt le 17 février 1673 après la quatrième représentation du Malade imaginaire. Il jouait le rôle d’Argan.

Olivier Maurin

Olivier Maurin mène pendant sept ans avec Lhoré-Dana l’aventure d’un collectif en résidence, au Théâtre de la Renaissance à Oullins. Il y met en scène des textes de Daniil Harms, Daniel Danis, Gregory Motton, Franz Kafka ou encore Marieluise Fleisser. Il collabore ensuite en tant que metteur en scène avec plusieurs lieux, dont le Centre dramatique de Poitou-Charentes. En 2004, il est en résidence au Théâtre de Bourg-en-Bresse et prend la direction de la Maison du Théâtre de Jasseron, dans l’Ain. Par la suite, son travail se réalise essentiellement à l’occasion d’invitations ou de commandes. Dans le cadre de la « Comédie itinérante » de La Comédie de Valence, il met en scène Des couteaux dans les poules de David Harrower. Avec La Fédération-Compagnie Philippe Delaigue, il monte des textes de Pauline Sales et de Daniel Keene. Depuis 2016, il travaille avec sa compagnie Ostinato sur des textes d’auteurs contemporains. En courant, dormez ! de Oriza Hirata et Illusions de Ivan Viripaev ont été présentés au TNP. En 2018, il entame une résidence triennale au Théâtre La Mouche à Saint-Genis-Laval.

Distribution

avec Clémentine Allain, Fanny Chiressi, Arthur Fourcade, Héloïse Lecointre, Matthieu Loos, Mickaël Pinelli Ancelin, Rémi Rauzier, Arthur Vadepoel

création lumière Nolwenn Delcamp-Risse
scénographie et costumes Emily Cawet-Lafont
assistée de Guillemine Burin des Roziers
création sonore et musique Antoine Richard

coproduction Théâtre National PopulaireThéâtre La Mouche – Saint-Genis-LavalCompagnie Ostinato

Production Compagnie Ostinato
Diffusion CPPC
En résidence au Théâtre La Mouche – Saint Genis-Laval
Remerciements Jacques Fayard et le Théâtre de l’Élysée, Jeanne Garraud, l’équipe du TNP, Philippe Lopez, Philippe Delaigue et la Fédération, le Théâtre Nouvelle Génération

Interview vidéo

En lien avec le spectacle

  • Rencontre après spectacle

    Jeudi 21 novembre à l’issue de la représentation, nous vous invitons à rencontrer des membres de l’équipe artistique.

  • Disputatio 
    Vendredi 29 novembre à l’issue de la représentation. Un espace dans lequel chacun peut dire, entendre, questionner, objecter la lecture d’un spectacle. Animé par deux psychanalystes, membres de l’Association lacanienne internationale, Lyon.
    En savoir plus