TNP Villeurbanne

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Hôtel Feydeau

Les pièces choisies correspondent à la période où l’auteur est contraint de quitter le domicile conjugal pour poser ses valises à l’Hôtel Terminus. Ce sont Feu la mère de madame, Mais n’te promène donc pas toute nue, Léonie est en avance, On purge bébé… et une ouverture en fanfare avec la scène d’une pièce inachevée. Georges Lavaudant a concocté un montage labyrinthique où ces pièces s’enchevêtrent.

À propos

À partir d’extraits de fameuses pièces en un acte, Feu la mère de madame, Mais n’te promène donc pas toute nue, Léonie est en avance, On purge bébé… et une ouverture en fanfare avec la scène d’une pièce inachevée, Georges Lavaudant a concocté un montage labyrinthique où les pièces s’enchevêtrent. Il inscrit le tout dans des couleurs très vives sur un fond de murs blancs : « Ce spectacle, je l’ai voulu comme un télescopage que l’on reçoit en pleine figure, en focalisant sur les scènes où les couples se prennent à la gorge… »
Les pièces choisies correspondent à la période où l’auteur est contraint de quitter le domicile conjugal pour poser ses valises à l’Hôtel Terminus (ça ne s’invente pas !). « De Feydeau, j’ai appris la difficulté. Ses phrases d’une grande banalité, il faut savoir les examiner comme un orfèvre car son écriture est extrêmement musicale. Ce n’est qu’une fois déchiffrée que l’on peut lâcher les chevaux, c’est-à-dire délirer… Le public joue ici un rôle incroyable : il faut que la salle accorde son imprévisible respiration avec celle, très contrôlée, des comédiens. » Pari ici tenu tant la distribution rassemblant des acteurs de toutes générations, relève avec joie le défi. Visuelle et chorégraphiée, la représentation se termine en charivari : « Pouvoir dire en 2017 la futilité et l’irresponsabilité, cela fait du bien, non ? »

 © Thierry Depagne

Biographies

Georges Feydeau

Georges Feydeau naît en 1862 à Paris. Très jeune, il néglige ses études pour se consacrer au théâtre. Sa première pièce, Par la fenêtre, est jouée en 1882 alors qu’il n’a que vingt ans. En 1886, Tailleur pour dames est fort bien accueilli et lui vaut les encouragements de Labiche. Sa consécration vient en 1892 avec Monsieur chasse, Champignol malgré lui et Le Système Ribadier. Sa gloire culmine avec La Dame de chez Maxim, 1899, qui dépasse largement le millier de représentations. Feydeau prend alors quelque temps ses distances avec le vaudeville pour se consacrer à ses autres passions : le noctambulisme et la peinture. Divorcé, il vit ses dernières années à l’hôtel. De cette époque datent des farces en un acte et Cent millions qui tombent, qui restera inachevée. Feydeau meurt en 1921 à Rueil-Malmaison.

Georges Lavaudant

Georges Lavaudant fonde en 1968 le Théâtre Partisan à Grenoble. En 1976, il devient codirecteur, avec Gabriel Monnet, du Centre dramatique national des Alpes, où il crée Palazzo Mentale, Les Géants de la montagne, Richard III… Georges Lavaudant devient codirecteur du TNP en 1986 et poursuit la démarche commencée à Grenoble, créer des auteurs contemporains en alternance avec des classiques : Baal et Dans la jungle des villes de Bertolt Brecht, Féroé, La nuit de Michel Deutsch, Pandora de Jean-Christophe Bailly, Platonov de Anton Tchekhov, Un Chapeau de paille d’Italie de Eugène Labiche… De 1996 à 2007, Georges Lavaudant dirige l’Odéon–Théâtre de l’Europe. Il y crée, notamment, Le Roi Lear de Shakespeare, L’Orestie d’Eschyle, Un Fil à la patte de Georges Feydeau, La Mort de Danton de Georg Büchner, El Pelele de Jean-Christophe Bailly… En 2007, il fonde sa compagnie LG Théâtre. Parmi ses dernières mises en scène figurent Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, Te craindre en ton absence de Marie Ndiaye, Le Rosaire des voluptés épineuses de Stanislas Rodanski.

Distribution

avec Gilles Arbona, Astrid Bas, Benoît Hamon, Marie Kauffmann, Manuel Le Lièvre, André Marcon, Grace Seri, Marie Vialle ou Irina Solano.

dramaturgie Daniel Loayza
adaptation, lumière Georges Lavaudant
décor, costumes Jean-Pierre Vergier
assistante aux costumes Géraldine Ingremeau
son Jean-Louis Imbert
maquillage, coiffure, perruques Sylvie Cailler, Jocelyne Milazzo
collaborateur artistique Moïse Touré
assistante à la mise en scène Fani Carenco
chorégraphie Francis Viet
assisté de Darrell Davis

production Compagnie LG Théâtre, Odéon – Théâtre de l’Europe, Théâtre de l’Archipel – scène nationale de Perpignan
avec la participation artistique du Jeune théâtre national

création à l’Odéon – Théâtre de l’Europe, janvier 2017

Revue de presse

« Virevoltant, accessible, coloré et drôle (option grinçant) […] Hôtel Feydeau se présente sous la forme de ce qu’on appellera commodément un digest digeste. Cinq pièces du maître du vaudeville y sont redécorées dans des tons vifs (jaune, bleu, orange, rose…, le tout sur fond blanc) par le non moins honorable Georges Lavaudant, dont on subodore qu’il a d’abord voulu (se) faire plaisir. C’est avec une jubilation virulente et absurde que le dramaturge sort la sulfateuse – comme aurait écrit Audiard – pour, entre deux intermèdes jazzy ou mambo, faire valser la préséance et clouer au pilori les mille et un faux-semblants de la bourgeoisie. »
G.R., Libération.

« Joyeuse et féroce idée que d’avoir réuni en un méchant puzzle sur le couple et la famille quelques-unes des dernières et très violentes comédie de Feydeau. Le vaudevilliste (1862-1921) y explore à l’envi les hypocrisies, mesquineries et lâchetés conjugales. On s’y déteste bien plus qu’on ne s’y désire, dans cette ambiance survoltée où les portes claquent autant que les mensonges et les impuissances. La petite-bourgeoisie domestique en prend pour son grade ; Feydeau est d’une lucidité irrésistible et infernale. Georges Lavaudant l’aborde, lui, avec bonhomie et bienveillance. Il en ferait pour un peu une comédie musicale, au risque de l’assagir en l’attendrissant trop. Reste qu’André Marcon, Gilles Arbona et Manuel Le Lièvre sont exceptionnels de drôlerie. »
F.P., Télérama.

« Georges Lavaudant réussit la prouesse de ramener à l’essence même de Feydeau. Au fil des scènes et séquences s’entrelacent, s’enchevêtrent, s’entrechoquent, sont mis en lumière tous les thèmes qui l’obsèdent. Dans le mouvement d’allers et retours entre ces pièces, se fait entendre la même raillerie, la même dénonciation de la morale bourgeoise et petite-bourgeoise, où tout n’est qu’intérêt, mesquinerie, hypocrisie, béat contentement de soi, conformisme, indécrottable crétinerie… Ouvert en fanfare par les Cent millions qui tombent, le spectacle file vite, trop vite (1h30 à peine !). On aimerait qu’il dure plus longtemps, pris sous le charme d’une mise en scène toute en évidence et fluide, enchâssée dans un sobre décor de grand hall d’hôtel […]. Dirigée d’une main délicate et sûre, la distribution s’y révèle d’une cohésion parfaite, en osmose totale avec les personnages, jusqu’à leur apporter une part d’humanité touchante, quels que soient leur veulerie, leur mauvaise foi, leur ridicule. »
Didier Méreuze, La Croix.

« Georges Lavaudant a choisi de faire librement des coupes dans les textes, de les fracturer en plusieurs morceaux comme un puzzle, un jeu de Lego, un labyrinthe. Déconstruction, mais reconstruction avec une rigueur de géomètre et, dans cet ordre architectural aux solides assises, le délire des situations n’en est que plus convaincant. Du délire, il en a à profusion ! Et alors, qu’importe le caractère désuet de ces querelles banales de petits bourgeois d’une époque révolue, la mise en scène est tellement intelligente, inventive, ayant fait le choix de l’excès en suivant la ligne de fuite de l’auteur, que l’on se laisse prendre à ce jeu et que l’on rit beaucoup avec la béatitude des plaisirs simples. »
François Ménager, Petites affiches.

« La scénographie modeste laisse toute sa place aux saillies verbales des divers personnages. Des sièges cossus sont disposés dans une vaste salle avec deux portes sur les côtés et une sortie en fond de scène, au-dessus de laquelle scintille le titre de la pièce à l’instar d’une enseigne de cabaret. Les allers et venues vont permettre aux acteurs de croiser leurs paroles comme on croise le fer. Certes, l’auteur a ses obsessions habituelles (scatologie, cocufiage, nudité féminine). Mais, au-delà de ces passages obligés, il propose un détricotage explosif des relations hommes-femmes et des rapports de pouvoir ; le tout avec un humour propre à dérider un synode. Les acteurs doivent en faire ni trop ni trop peu. Ce n’est rien de dire que leur prestation est réussie. »
Jack Dion, Marianne.

En lien avec le spectacle

  • Prélude « Feydeau à l’Hôtel Terminus : monter des farces, démonter le couple »
    Mercredi 6 décembre à 19h, la découverte d’une œuvre, de son auteur, de l’histoire sous une forme accessible à tous.
    En savoir plus
  • Cycle : théâtre et philosophie – Faire semblant – 2/3 : Faire semblant ne serait-ce qu’hypocrisie ou mensonge ?
    Jeudi 7 décembre à 18h30. En savoir plus
  • Théâtromôme
    Les dimanches 10 et 17 décembre à 15h30. Pendant que les parents assistent au spectacle, les enfants sont accueillis dans un atelier en lien avec l’activité théâtrale.
    En savoir plus
  • Rencontre après spectacle
    Jeudi 14 décembre à l’issue de la représentation, nous vous invitons à rencontrer des membres de l’équipe artistique.
  • Audiodescription
    Les personnes malvoyantes ou non-voyantes peuvent suivre en direct la description du spectacle au moyen d’un casque à haute fréquence.
    La représentation est précédée d’une approche tactile du décor.
    Pour bénéficier de ce dispositif d’accompagnement, il est nécessaire de se signaler lors de la réservation des places.
    Jeudi 14 décembre à 20h et dimanche 17 décembre à 15h30. 
    En savoir plus

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