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Je suis Fassbinder

Le titre de ce spectacle invoque le slogan « Je suis Charlie » mais
 se consacre surtout à Rainer Werner Fassbinder, cinéaste allemand, mort en 1982. Le texte se présente comme une véritable autopsie 
de notre société, dans un va-et-vient continu entre l’Allemagne 
des années 70 et notre Europe contemporaine, et pose une question cruciale : « Qu’a-t-on encore le droit de dire au théâtre ? »

À propos

Cette pièce est un manifeste théâtral, écrit à quatre mains : Falk Richter et Stanislas Nordey. Ancré dans l’actualité la plus brûlante, le titre de ce spectacle invoque le slogan « Je suis Charlie », mais se consacre surtout à Rainer Werner Fassbinder, cinéaste allemand, mort en 1982, à l’âge de trente-sept ans. En convoquant Fassbinder, le texte se présente comme une véritable autopsie de notre société, dans un va-et-vient continu entre l’Allemagne des années 70 et notre Europe contemporaine, et pose une question cruciale : « Qu’a-t-on encore le droit de dire au théâtre ? » Comme point de départ du spectacle, il y a d’abord L’Allemagne en automne, un film collectif qui rassemble plusieurs courts-métrages, parus en 1977. Fassbinder y interroge sa mère, qui souhaite voir à la tête du pays un « Führer qui serait très bon, gentil et juste ». Dans les années 70, l’Allemagne doit faire face aux actions terroristes de la Fraction Armée Rouge, surnommée la bande à Baader, et qui n’est pas sans nous rappeler cette société sous tension qui est la nôtre. Le texte propose un collage subversif qui dénonce la montée en force des nationalismes dans une Europe de plus en plus divisée, l’individualisme forcené, la violence faite aux femmes, la progression des inégalités et, surtout, l’impossibilité de l’amour quand la peur domine nos relations aux autres.

© Jean Louis Fernandez

Biographies

Falk Richter

Falk Richter, auteur et metteur en scène, est né en Allemagne en 1969. Il travaille depuis 1994 pour de nombreux théâtres renommés, notamment le Schauspielhaus Zürich, la Schaubühne Berlin, le Toneelgroep Amsterdam… Parmi ses textes les plus connus, on compte Dieu est un DJ, Electronic City, Sous la glace et Trust. Ses pièces sont traduites dans plus de trente langues. Avec la chorégraphe Anouk van Dijk, il crée plusieurs projets qui mêlent danse et théâtre et tournent dans le monde entier : Nothing hurts, Trust, Protect me, Ivresse et Complexity of Belonging. En 2013, il remporte le prix Friedrich-Luft pour son spectacle For the Disconnected Child, créé à la Schaubühne. Récemment, il a mis en scène ses textes: Small Town Boy, Never forever, Zwei Uhr nachts et FEAR. Il enseigne la mise en scène comme professeur invité à l’École Ernst-Busch à Berlin. Il est artiste associé au projet du TNS depuis janvier 2015.

Stanislas Nordey

Stanislas Nordey, acteur, metteur en scène de théâtre et d’opéra. Avec sa compagnie, il est artiste associé au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis de 1991 à 1995, avant de rejoindre, toujours avec sa troupe, le Théâtre Nanterre-Amandiers, à la demande de Jean-Pierre Vincent qui l’associe à la direction artistique. De 1998 à 2001, il dirige avec Valérie Lang le Théâtre Gérard-Philipe. En 2001, il rejoint le Théâtre national de Bretagne comme responsable pédagogique de l’École, puis comme artiste associé. On lui doit la création de nombreuses pièces d’auteurs contemporains, notamment de Martin Crimp, Laurent Gaudé, Jean-Luc Lagarce, Fabrice Melquiot, Fausto Paravidino, Christophe Pellet…, sans compter ses incursions dans le répertoire avec Marivaux, Feydeau ou Hofmannsthal… En tant qu’acteur, il joue sous la direction de Christine Letailleur, Wajdi Mouawad, Pascal Rambert… Il dirige le TNS et son École depuis septembre 2014. Il y engage un important travail en collaboration avec une vingtaine d’artistes associés – metteurs en scène, auteurs et acteurs.

Distribution

 texte français Anne Monfort

avec Judith Henry, Dea Liane, Stanislas Nordey, Laurent Sauvage, Vinicius Timmerman
collaboration artistique Claire Ingrid Cottanceau
dramaturgie Nils Haarmann
scénographie et costumes Katrin Hoffmann
assistanat aux costumes Juliette Gaudel
assistanat à la scénographie Fabienne Delude
lumière Stéphanie Daniel
musique Matthias Grübel
vidéo Aliocha der Avoort

production Théâtre National de Strasbourg
coproduction Théâtre national de Bretagne, Théâtre Vidy-Lausanne, MC2: Grenoble
avec l’autorisation de la Rainer Werner Fassbinder Foundation.

Falk Richter et Laurent Sauvage sont artistes associés au TNS
Les décors et costumes ont été réalisés par les ateliers du TNS
Le texte est publié chez l’Arche Éditeur
Falk Richter et Rainer Werner Fassbinder sont représentés par L’Arche, agence théâtrale.
Fassbinder, Rainer Werner Fassbinder et RWF sont la propriété de la Rainer Werner Fassbinder Foundation.

création au TNS, mars 2016

Revue de presse

« Je suis Fassbinder, première création de Stanislas Nordey depuis qu’il dirige le Théâtre national de Strasbourg, est un spectacle-manifeste : comment faire du théâtre actuel, différent et provocant, dans une Europe exsangue en quête de repères… Le metteur en scène iconoclaste forme un binôme idéal avec Falk Richter. Je suis Fassbinder est un chaos scénique de deux heures, bien maîtrisé, alternant dialogues autour d’une table, monologues en solo ou dits à plusieurs, chants et fausses impros comiques… Nordey et Richter inventent un théâtre au « plus que présent », où l’on débat avec acuité de la crise des migrants, des événements de Cologne et de l’état d’urgence en France. Je suis Fassbinder, c’est le théâtre qui dit le monde en direct. Et croit pouvoir encore le changer, peut-être. »
Philippe Chevilley, Les Échos.

« Un théâtre d’action. Un théâtre de combat. Un théâtre qui provoque, invoque, convoque l’Histoire au plus près de son présent. Hier et maintenant entrent en résonances, sans raccourcis factices. La bande de comédiens est fabuleuse d’invention, de liberté et d’énergie. La mise en scène, d’une grande vitalité, est méticuleusement réglée sur le mode d’un joyeux chaos, qui n’est qu’apparence. »
Didier Méreuze, La Croix.

« Dans cet espace impur plein de photographies, d’écrans, de meubles, de désordre, les comédiens réunis sont des virtuoses de la rupture. Ruptures de registre, d’émotion, de sens, d’humeur. Du plus sérieux, du plus tragique ou scabreux au plus cocasse, avec éclats de music-hall, danses, chansons, extraits de films ou d’entretiens, Richter et Nordey font du théâtre d’aujourd’hui tout en remettant en activité cet homme déchirant que fut Fassbinder. Il y a du manifeste dans Je suis Fassbinder. Mais surtout l’amour d’un théâtre qui saisit le spectateur de plein fouet en le rappelant au monde. »
Armelle Héliot, Le Figaro.

« Pour Falk Richter, il s’agit d’exorciser ce qui se passe quand on est bouleversé, perdu et angoissé, comme c’est le cas aujourd’hui. Il y a une forme de sauvagerie existentielle dans sa pièce, où la libération de la parole s’autorise tout, et où s’affrontent deux camps, comme dans le film de Fassbinder. Cette sauvagerie envahit le plateau, où Thomas Gonzalez, Judith Henry, Eloise Mignon, Stanislas Nordey et Laurent Sauvage, habillés façon seventies, jouent le va-et-vient entre hier et aujourd’hui. Ils se donnent totalement, comme dans une bacchanale incendiaire, évidemment sexuelle, qui ne faiblit pas un instant. »
Brigitte Salino, Le Monde.

En lien avec le spectacle

  • Rencontre avec Falk Richter
    Mercredi 8 novembre à 18h30. En savoir plus
  • Rencontre avec Stanislas Nordey. A l’École normale supérieure, jeudi 9 novembre à 12h30. Entrée libre sur réservation. En savoir plus
  • Prélude « De Fassbinder à Richter : une Europe en état d’urgence »
    Jeudi 9 novembre à 19h, la découverte d’une œuvre, de son auteur, de l’histoire sous une forme accessible à tous.
    En savoir plus
  • Disputatio
    Samedi 11 novembre à l’issue de la représentation. Un espace dans lequel chacun peut dire, entendre, questionner, objecter la lecture d’un spectacle animé par deux psychanalystes.
    En savoir plus
  • Projection au Goethe Institut
    « L’Allemagne en automne », série de courts-métrages réalisés par une dizaine de cinéastes allemands sur les événements des années 70.
    Jeudi 16 novembre à 20h00. En savoir plus.
  • Rencontre après spectacle
  • Jeudi 16 novembre à l’issue de la représentation, nous vous invitons à rencontrer des membres de l’équipe artistique.

  • Théâtromôme
    Dimanche 19 novembre à 15h30. Pendant que les parents assistent au spectacle, les enfants sont accueillis dans un atelier en lien avec l’activité théâtrale.
    En savoir plus
  • En-cas culturel au Musée des Beaux-Arts de Lyon. Une visite-lecture d’une demi-heure autour du thème « Coup de poing » par un comédien de la Maison des comédiens du TNP. Mercredi 22 novembre à 12h30. En savoir plus

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