Jeanne

Dix-sept ans après la première création de ce texte, Christian Schiaretti repart sur les pas de Jeanne d’Arc avec une nouvelle distribution de comédiennes rompues à l’exercice prosodique. Dans ce spectacle intime où la langue fait spectacle, Jeannette, Hauviette et Madame Gervaise s’avancent sur une simple allée de bois ; la première dans la révolte, la deuxième dans la sérénité, la troisième dans ses fragiles certitudes. Nous sommes réunis autour de ces trois femmes, comme des fidèles auprès d’un autel. Leurs paroles touchent. Car ici la poésie est charnelle, et ce sont des personnages bien vivants qui s’affrontent. Des personnages de la terre, des êtres de chair et d’os, qui parlent un langage simple, direct, vrai. Avec conviction et acharnement, elles semblent traversées par le même dilemme de la résistance ou de l’abandon. Et, dans la destinée de Jeanne, une question affleure : sommes-nous individuellement concernés par le sort du monde ?

À propos

Création

En 2003, Christian Schiaretti, alors jeune directeur du TNP, présentait déjà Jeanne. Il faisait entendre dans les murs de ce théâtre les mots de celui qui l’avait ébloui dans sa jeunesse. Dreyfusard convaincu, socialiste fuyant tout dogmatisme, chrétien anticlérical, patriote, mystique, poète inclassable, Charles Péguy a toujours déconcerté. Son écriture, mélange fulgurant de prose et de vers, est un mystère.

Avec une nouvelle distribution de comédiennes rompues à l’exercice prosodique, nous repartons sur les pas de Jeanne d’Arc, au rythme de la langue incantatoire de Charles Péguy. Jeannette, Hauviette et Madame Gervaise s’avancent sur une simple allée de bois. La première dans la révolte, la deuxième dans la sérénité, la troisième dans ses fragiles certitudes. Nous sommes réunis autour de ces trois femmes, comme des fidèles auprès d’un autel. Leurs paroles touchent. Car ici la poésie est charnelle, et ce sont des personnages bien vivants qui s’affrontent. Des personnages de la terre, des êtres de chair et d’os, qui parlent un langage simple, direct, vrai. Avec conviction et acharnement, elles semblent traversées par le même dilemme de la résistance ou de l’abandon. Et, dans la destinée de Jeanne, une question affleure : sommes-nous individuellement concernés par le sort du monde ?

L’œuvre théâtrale de Charles Péguy creuse incessamment le même motif, comme le paysan creuse son sillon, passe et repasse la charrue, lentement, précisément. Christian Schiaretti, en reprenant Jeanne, effectue un travail similaire, une œuvre de laboureur. Un spectacle intime où la langue fait spectacle, fidèle au combat artistique de l’homme qui a dirigé le TNP ces dix-huit dernières années.

Biographies

Charles Péguy

Charles Péguy, né en 1873 à Orléans, est un écrivain, poète et essayiste français. Issu d’un milieu modeste, il parvient à entrer à l’École normale supérieure où Henri Bergson est l’un de ses professeurs. Très tôt, ses prises de position déroutent : croyant, il critique l’Église catholique, socialiste, il s’oppose au pacifisme et à l’internationalisme de la gauche, et nationaliste, il ne rejoint jamais la classe bourgeoise. En 1900, il crée sa propre revue, Cahiers de la quinzaine, qui témoigne de la vie intellectuelle de l’époque. Outre ses essais philosophiques, il est l’auteur de poèmes oratoires mystiques, comme Ève, vaste fresque poétique en l’honneur des soldats morts au combat. Il signe également deux pièces consacrées à Jeanne d’Arc, personnage auquel il reste attaché toute sa vie. L’héroïne est alors célébrée par les républicains comme une figure patriotique, issue du peuple et sauvant le peuple. Charles Péguy est fasciné par son engagement solitaire au cœur de la mêlée. Toute sa vie, il est un intellectuel engagé : après avoir été militant socialiste, anticlérical puis dreyfusard au cours de ses études, il se rapproche du catholicisme à partir de 1908, puis du conservatisme. Il exprime ses préoccupations sociales et son rejet de la modernité dans des essais comme L’Argent, écrit en 1913. Il meurt en 1914, la veille de la bataille de la Marne.

Christian Schiaretti

Metteur en scène et pédagogue, Christian Schiaretti dirige la Comédie de Reims de 1991 à 2001 et le Théâtre National Populaire de 2002 à 2019. Au TNP, il reprend et recrée La Jeanne de Delteil d’après Joseph Delteil et Le Laboureur de Bohême de Johannes von Saaz, puis fait entendre 7 Farces et Comédies de Molière. Le 11 novembre 2011, il crée Ruy Blas de Victor Hugo pour l’inauguration d’un TNP rénové et agrandi. Il rend hommage à Paul Claudel, avec L’Annonce faite à Marie et L’Échange. Il monte les textes de Michel Vinaver ; de Jean-Pierre Siméon ; de Florence Delay et Jacques Roubaud ; de Denis Guénoun (Mai, juin, juillet, Festival d’Avignon 2014). Il célèbre le théâtre de Aimé Césaire avec Une Saison au Congo et La Tragédie du roi Christophe. Il s’empare de Alfred Jarry avec Ubu roi (ou presque), de Ionesco avec La Leçon, de Roger Vitrac avec Victor ou les enfants au pouvoir. Il s’intéresse à William Shakespeare avec Le Roi Lear et Coriolan ; à Bertolt Brecht avec Mère Courage et ses enfants et L’Opéra de quat’sous ; à August Strindberg avec Père, Mademoiselle Julie et Créanciers ; à trois pièces du Siècle d’or et à deux auto-sacramentales de Pedro Calderón de la Barca présentées aussi à la Comédie-Française. En 2019, à l’occasion de la Fête des Théâtres de la SACD, il reçoit le Prix Plaisir du théâtre – Marcel-Nahmias pour l’ensemble de sa carrière.

Distribution

d’après Le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc et Le Mystère de la vocation de Jeanne d’Arc de Charles Péguy
mise en scène Christian Schiaretti

avec Louise Chevillotte, Juliette Gharbi, Kenza Laala
scénographie Fanny Gamet
lumière et régie générale Julia Grand
costumes Mathieu Trappler

production Compagnie CDD
coproduction Théâtre National Populaire

En lien avec le spectacle

• Visite tactile
Nous vous proposons de rencontrer les comédiens en amont pour vous familiariser avec leurs voix et bénéficier d’une description de l’espace scénique.
Pour bénéficier de ce dispositif d’accompagnement, il est nécessaire de le signaler lors de la réservation des places
Jeudi 5 novembre à 19h15
En savoir plus

• Rencontre après spectacle
A l’issue de la représentation, nous vous invitons à rencontrer des membres de l’équipe artistique.
Jeudi 12 novembre
En savoir plus

• Passerelle En-cas culturel
Une visite-lecture d’une demi-heure autour d’une œuvre, d’un artiste, d’un courant artistique par un comédien.
Péguy, révolte, engagement et culture.
Mercredi 4 novembre à 12h30, au Musée des Beaux-Arts
En savoir plus

• Soirée États provisoires du poème
Rencontre avec Jean-Pierre Siméon et Christian Schiaretti
En présence de Benoît Reiss, directeur des éditions Cheyne.
1h30 environ
Lieu communiqué prochainement
1h30 environ

Documents

Le programme de salle (prochainement)

pico Dossier de presse (prochainement)