TNP Villeurbanne

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L’Échange

Tout commence par l’ascension du soleil et s’achève à son coucher. En confrontation devant l’océan, deux couples : Louis Laine, dans les veines duquel coule du sang indien et Marthe, paysanne française puis Thomas Pollock Nageoire, financier de Wall Street, et Lechy Elbernon, actrice. Cette collision des couples, Christian Schiaretti la souhaite frontale et âpre, saisie par un jeu de lumières dans un vaste espace nu.

© Michel Cavalca

À propos

répertoire

Cette première version de la pièce est celle d’un homme jeune de vingt-cinq ans, vice-consul à New York, écrivain naissant. Ivre de sa découverte des États-Unis, Paul Claudel songe à une « dramaturgie de l’or » et compose une tragédie en trois actes, avec la règle des trois unités de temps, de lieu, d’action. Tout commence par l’ascension du soleil et s’achève à son coucher. En confrontation devant l’océan, un premier couple : Louis Laine, Américain, dans les veines duquel coule du sang indien, et Marthe, paysanne française qu’il a enlevée lors de son séjour en Europe ; un second couple : Thomas Pollock Nageoire, financier de Wall Street, et Lechy Elbernon, actrice sudiste.
Cette collision des couples, Christian Schiaretti la souhaite frontale et âpre, saisie par un jeu de lumières dans un immense espace nu. Le verbe claudélien n’a pas besoin de décor pour faire théâtre. Les quatre protagonistes s’appuieront sur la vigueur, l’audace, l’énergie d’un souffle qui les entraînent dans un combat dont nul ne sortira indemne. Ici, chacun est l’enjeu d’un échange.
Ici, chacun est estimé à son poids d’or : Louis Laine, panthéiste rimbaldien, quat’sous en poche ; Marthe, jeune paysanne à la foi affirmée et à la dot dilapidée ; Thomas Pollock Nageoire, homme d’affaires plusieurs fois ruiné, aujourd’hui riche à milliards ; Lechy Elbernon, actrice dépendante de son puissant protecteur.

© Michel Cavalca

Biographies

Paul Claudel

Auteur de théâtre, poète, essayiste et diplomate français, est né en 1868, Paul Claudel écrit son premier drame, Tête d’or, en 1890. Trois ans plus tard, il sort premier au concours des Affaires étrangères. Il est alors amené à voyager dans de nombreux pays. Aux États-Unis, il rédige la première version de L’Échange en 1894 et, en Extrême-Orient, la première version de Partage de midi en 1906, d’après sa propre histoire. Il puise dans ses voyages une grande inspiration poétique que l’on retrouve dans Connaissance de l’Est ou Cinq grandes odes. Il poursuit sa carrière diplomatique sans négliger ses productions littéraires et publie jusqu’en 1920 une trilogie composée de L’Otage, Le Pain dur et Le Père humilié. Ambassadeur de France au Japon, il écrit Le Soulier de Satin en 1924, créé par Jean-Louis Barrault à la Comédie- Française en 1943. Il est élu à l’Académie française en 1946. Il consacre les dernières années de sa vie à des commentaires de textes bibliques, notamment L’Apocalypse, retiré à Brangues. En 1955, il y meurt et y est enterré. 

Christian Schiaretti

Christian Schiaretti, metteur en scène, pédagogue, succède à Roger Planchon à la tête du TNP en 2002. De 1991 à 2002, il est directeur de la Comédie de Reims. Au TNP, il présente Mère Courage et ses enfants et L’Opéra de quat’sous de Bertolt Brecht, Père, Mademoiselle Julie et Créanciers de August Strindberg, L’Annonce faite à Marie de Paul Claudel, 7 Farces et Comédies de Molière, Philoctète de Jean-Pierre Siméon, trois pièces du Siècle d’or, les cinq premières pièces du Graal Théâtre de Florence Delay et Jacques Roubaud, Mai, juin, juillet de Denis Guénoun (Festival d’Avignon 2014), Le Roi Lear de William Shakespeare, Bettencourt Boulevard ou une histoire de France de Michel Vinaver, Ubu roi (ou presque) de Alfred Jarry, Électre, Antigone et Ajax, de Jean-Pierre Siméon, La Tragédie du roi Christophe de Aimé Césaire… Ses spectacles, Coriolan de William Shakespeare, 2006, Par-dessus bord de Michel Vinaver, 2008, et Une Saison au Congo de Aimé Césaire, 2013, ont reçu de nombreux prix. Pour l’inauguration du nouveau Grand théâtre, il crée Ruy Blas de Victor Hugo, le 11 novembre 2011. Christian Schiaretti, très attaché à un théâtre de répertoire, reprend régulièrement ses créations avec ses comédiens.

Distribution

avec Francine Bergé, Louise Chevillotte, Robin Renucci, Marc Zinga

scénographie Fanny Gamet 
lumières Julia Grand 
son Laurent Dureux
costumes Mathieu Trappler
maquillage-coiffure Françoise Chaumayrac 
conseil littéraire Guillaume Carron
assistanat à la mise en scène Marion Lévêque

production Théâtre National Populaire 
coproduction Théâtre Les Gémeaux – Sceaux


Présenté au TNP en décembre 2018.

Revue de presse

Une réussite
Christian Schiaretti aime et respecte Claudel, avec qui il entretient un lien quasi fraternel. Pour cette raison, et peu importe les modes qui décoiffent les classiques, il le monte dans les règles de l’art. Plateau nu, éclairage somptueux, profération d’une précision absolue. Les acteurs sont le corps d’une langue dont on se demande ce qu’elle nous fait pour nous laisser à ce point pantois, chancelant, comblé.
Télérama – Par Joëlle Gayot. Lire l’article

Un quatuor claudélien
Avec cette première version de L’Échange, ce quatuor si harmonieusement accordé, Christian Schiaretti propose une des plus belles mises en scène d’un riche parcours, depuis ses débuts en 1980, depuis son arrivée à la direction du TNP en 2002.
La Quinzaine Littéraire – Par Monique le Roux.

Un quatuor d’acteurs exceptionnel incarnant la violence du monde moderne.
On parle d’argent, de pouvoir, de sexe. On pourrait être aujourd’hui. La langue de Claudel est impétueuse, ici servie par une direction d’acteurs rigoureuse, dans la musicalité même de ce «concert». Et quels comédiens! Ils subjuguent. Miracle de présence, d’intelligence, de sensibilité.
Le Figaro – Par Armelle Héliot. Lire l’article

L’Échange nerveux de Christian Schiaretti
À la beauté des vers de Claudel, répond la physicalité des comédiens, dont le jeu est ancré dans le sol. Ils mettent du nerf et du concret dans les vers de Claudel.
Sceneweb – Par Stéphane Capron. Lire l’article

Les termes de L’Échange
La mise en scène de Christian Schiaretti nous révèle, dans sa nudité et dans sa polyvalence, ce qui n’est ni plus ni moins que le chef-d’œuvre du théâtre symboliste français.
Marianne
– Éditorial de Jacques Julliard. Lire article

En lien avec le spectacle

  • Audiodescription
    Les personnes malvoyantes ou non-voyantes peuvent suivre en direct la description du spectacle au moyen d’un casque à haute fréquence. La représentation est précédée d’une approche tactile du décor.
    Pour bénéficier de ce dispositif d’accompagnement, il est nécessaire de le signaler lors de la réservation des places.
    Samedi 14 mars à 16h45.
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  • Théâtromôme
    Dimanche 15 mars à 15h30. Pendant que les parents assistent au spectacle, les enfants sont accueillis dans un atelier en lien avec l’activité théâtrale.
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  • Rencontre après spectacle
    Jeudi 19 mars à l’issue de la représentation, nous vous invitons à rencontrer des membres de l’équipe artistique.