Spectacle
Le Dragon, illustration du spectacle au TNP

Le Dragon, illustration du spectacle au TNP

d’Evgueni Schwartz
traduction Benno Besson
mise en scène Thomas Jolly

Du jeudi 23 février
au dimanche 26 février 2023
Grand théâtre • salle Roger-Planchon
Durée : 2h30

jeudi à 19h30,
vendredi et samedi à 20h,
dimanche à 15h30

Les dates réserver

lunmarmerjeuvensamdim
février 2023
20
21
22
23
24
25
26
Billetterie

Les tarifs

  • 25 € plein tarif
  • 20 € retraités, groupes à partir de 8 personnes (aux mêmes spectacles et aux mêmes dates)
  • 14 € demandeurs d’emploi, carte mobilité inclusion, accompagnateur PSH, personnes non imposables
  • 12 € moins de 30 ans, étudiants
  • 12 € professionnels de la culture
  • 8 € élèves des écoles de théâtre partenaires
  • 7 € bénéficiaires de minima sociaux (CMU, RSA, AAH)
  • 7 € le samedi soir pour les étudiants de moins de 30 ans

Détail des tarifs

À propos

Depuis quatre siècles, un dragon à trois têtes règne en despote sur un village imaginaire. Chaque année, une jeune vierge lui est donnée en tribut ; Elsa se prépare ainsi à rejoindre l’antre de la bête, dans l’indifférence générale. C’est alors qu’arrive Lancelot, preux chevalier bien décidé à abattre la créature. Mais pour une partie des habitants et des autorités locales, ce héros ne suscite que stupeur et scepticisme…

Auteur de contes pour enfants, Evgueni Schwartz a également écrit quelques pièces de théâtre où il convoque le merveilleux au service de récits corrosifs. Rédigé entre 1943 et 1944, Le Dragon s’attaque au national-socialisme allemand de Hitler et à la dictature stalinienne ; la pièce fut interdite par les autorités soviétiques dès le lendemain de la première représentation. Mais cette parabole résonne jusqu’aujourd’hui tant l’auteur y décrit avec sagacité le pouvoir et sa capacité à déformer ceux qui le possèdent comme ceux qui le subissent. Une fois le monstre anéanti, la cité pourra-t-elle se réorganiser ? Et si un dragon en cachait toujours un autre, moins spectaculaire, moins ostensiblement monstrueux, mais tout aussi dangereux ? La pièce quitte peu à peu le motif du conte et se glisse dans les rouages d’une société où l’attentisme et la peur sont paralysants : le monstre n’existe plus, mais la monstruosité persiste.

Derrière le combat entre le monstre et le héros, c’est celui de la liberté face à la « servitude volontaire » qui a piqué la curiosité de Thomas Jolly. Pour sa première création en tant que directeur du Quai, centre dramatique national d’Angers, le metteur en scène a trouvé dans cette pièce un terrain de jeu fertile : une fable à dimension politique, des monstres, du feu, de la magie et un large panel de registres, du burlesque au fantastique. Avec une quinzaine de comédiens, une machinerie imposante et un univers sonore glaçant, ce Dragon fait feu de tous les outils artisanaux pour déployer une spectacularité qui fait le plaisir du théâtre.

Dans la lignée du Suicidé de Nicolaï Erdman et de l’appel des auteurs russes de cette époque à se dresser contre toute forme de totalitarisme, cette féerie sonne comme une exhortation à penser le courage que requiert parfois l’exercice de la liberté.

Audiodescription
→ dimanche 26 février,

plus d’infos

Vidéo

Biographies

Evgueni Schwartz

Il est né en 1896 à Kazan en Russie et mort d’une crise cardiaque en 1958 à Leningrad. Il est journaliste, écrivain, dramaturge et scénariste.

En 1914, il étudie d’abord le droit à Moscou qu’il abandonne en 1917 pour le théâtre. Il fonde alors une troupe, avec laquelle il se rend, en 1921, à Leningrad. Malgré leur succès, la troupe se dissout pour des raisons financières.

Après avoir joué dans plusieurs pièces de théâtre, Evgueni Schwartz commence une activité de journaliste et de dramaturge, et se consacre à la jeunesse par la littérature enfantine. De 1925 à 1954, il écrit une douzaine de pièces sous forme de contes pour enfants avec des marionnettes. Il revisite, avec humour et dans un souci éducatif, d’anciens contes de fées empruntés à la tradition orale, à Perrault, Grimm ou Andersen. Il démontre la nécessité de combattre l’oppression au lieu d’y céder. C’est dans sa pièce Underwood (1928) qu’il trouve son ultime mode d’expression artistique : le drame avec éléments de conte de fées.

Dès 1934, il utilise ce style théâtral pour les adultes. Il écrit trois pièces majeures, farces politiques avec un ton satirique. L’Ombre et Le Roi nu inspirées des œuvres de Hans Christian Andersen, sont interdites par les autorités soviétiques entre 1930 et 1940, car leurs sujets font clairement référence à la réalité soviétique.

Après avoir participé en 1941 à la défense de Leningrad, il est évacué à Kirov où il écrit Une nuit, qui relate la vie dans la ville assiégée, et Pays lointain, sur l’évacuation d’enfants. Plus tard, il sera décoré de la Médaille pour la Défense de Léningrad.

Le Dragon, écrit en 1944, après la bataille de Stalingrad, est interdit dès la première représentation. L’auteur y dénonce l’autoritarisme et soutient une ambiguïté qui renvoie dos à dos nazisme et stalinisme. Il faudra attendre le début des années soixante pour que la pièce ne soit plus sujette à la censure.

Pendant dix années, Evgueni Schwartz cesse son activité de dramaturge. Il y revient en 1954 pour écrire une scène pour enfants et deux pièces pour adultes parmi lesquelles Un miracle ordinaire, porté à l’écran par Mark Zakharov en 1978.

Benno Besson

Metteur en scène et traducteur, il naît en 1922 à Yverdon-les-Bains. Il monte notamment Mangeront-ils ? et Mille Francs de récompense de Victor Hugo. Il rencontre Bertolt Brecht en 1948 et travaille avec lui au Berliner Ensemble, dont il inaugure le théâtre avec Dom Juan de Molière, avant de diriger la Volksbühne de Berlin, puis la Comédie de Genève. Dans son travail, il s’attache à restituer l’actualité des textes qu’il met en scène. Il travaille aussi bien en Suisse, où il est né, qu’en France, en Italie (Œdipe tyran), en Allemagne et en Finlande. Sans cesser de se remettre en question, il lutte contre le sérieux quand il s’attaque aux plus grands auteurs, de William Shakespeare (Hamlet) à Carlo Gozzi (L’Amour des trois oranges). Il meurt en 2006 à Berlin.

Thomas Jolly

Comédien et metteur en scène né au début des années 1980, il est formé à l’École du Théâtre National de Bretagne, alors dirigée par Stanislas Nordey. À l’issue de sa formation, il fonde sa compagnie en Normandie, La Piccola Familia. Il met en scène Arlequin poli par l’amour de Marivaux en 2006 (repris en 2011 puis recréé en 2014, en russe, pour entrer au répertoire du Gogol Center de Moscou), Toâ de Sacha Guitry en 2009 (Prix du public, Festival Impatience, Odéon – Théâtre de l’Europe) ou encore Piscine (pas d’eau) de Mark Ravenhill.

Il fait événement avec Henry VI de William Shakespeare : une trilogie découpée en quatre épisodes pour un spectacle-fleuve de dix-huit heures donné en intégralité lors du Festival d’Avignon 2014 (Prix Beaumarchais – Le Figaro 2014, le Grand Prix de l’association professionnelle de la Critique et le Molière 2015 de la mise en scène). La trilogie shakespearienne se conclut en 2015 avec Richard III qu’il met en scène et interprète. Pour le Festival d’Avignon 2016, Thomas Jolly conçoit Le Ciel, la Nuit et la Pierre glorieuse, un feuilleton théâtral en plein air retraçant l’histoire du festival en seize épisodes. Dans cette même édition du festival, il met également en scène Le Radeau de la Méduse de Georg Kaiser avec les élèves de l’École supérieure d’art dramatique de Strasbourg. Sa création Thyeste de Sénèque ouvre le Festival d’Avignon 2018, dans la Cour d’honneur du Palais des Papes. Cette même année, il crée la mini-série télévisée Le Théâââtre, diffusée sur France Télévisons.

À l’opéra, Thomas Jolly met en scène Eliogabalo de Cavalli à Garnier en 2016, Fantasio d’Offenbach à l’Opéra Comique – prix Beaumarchais SACD – en 2017 puis Macbeth Underworld, composé par Pascal Dusapin, à l’Opéra Royal de la Monnaie à Bruxelles en 2019. Depuis 2020, il dirige Le Quai Centre Dramatique National Angers Pays de la Loire. Il est le metteur en scène choisi pour la recréation de la comédie musicale Starmania de Michel Berger et Luc Plamondon, à l’automne 2022 à la Seine Musicale.

Distribution

avec Damien Avice, Bruno Bayeux, Moustafa Benaibout, Clémence Boissé, Gilles Chabrier, Pierre Delmotte, Hiba El Aflahi, Damien Gabriac, Katja Krüger, Pier Lamandé, Damien Marquet, Théo Salemkour, Clémence Solignac, Ophélie Trichard

collaboration artistique Katja Krüger
scénographie Bruno de Lavenère
lumière Antoine Travert
musique originale et création son Clément Mirguet
costumes Sylvette Dequest
accessoires Marc Barotte et Marion Pellarini
maquillage Catherine Nicolas et Élodie Mansuy
consultation pour la langue russe Anna Ivantchik

régie générale Jérôme Marpeau et Antoine Travert
régie lumière Antoine Travert
régie son Clément Mirguet
régie plateau Pascal Da Rosa et Florent Benci
régie accessoires Judith Lanjouère
maquillage Catherine Nicolas
régie costumes Fabienne Rivier

construction du décor Ateliers du Théâtre Royal des Galeries, Bruxelles
participation à la construction des décors, mobilier et accessoires Atelier de décors de la ville d’Angers
photo de famille Solange Abaziou

la pièce est parue chez Lansman.

production Le Quai – CDN Angers Pays de la Loire
coproduction Théâtre National de Strasbourg ; Comédie – CDN de Reims ; Théâtre National Populaire ; Théâtre du Nord – CDN Lille-Tourcoing Hauts-de-France ; La Villette – Paris

avec la participation artistique du Jeune Théâtre National

remerciements à Ronan Beaugendre, Florent Benci, Youn Bossé, Gabriel Bouet, Élise Cognée, Coline Dalle, Sacha Estandié, Domitille Gaillard, Jean-Philippe Geindreau, Loïc Le Bris, Mathilde Monier, Léonard Monnet, Marie Lonqueu, Nicolas Pillu, Anne Poupelin

La presse en parle

« Thomas Jolly montre une nouvelle fois sa capacité à réinventer un théâtre populaire pour aujourd’hui, sans céder sur une forme d’exigence. »
Le Monde, Fabienne Darge

« Lumières oniriques, nuées de fumigènes, musique dramatique : Thomas Jolly orchestre un fabuleux ballet expressionniste qui emprunte aux films d’horreur, à la pantomime et au cabaret brechtien. »
Les Échos, Philippe Chevilley

« À cette pièce d’un genre proche de l’heroic fantasy, Thomas Jolly donne les allures d’une épopée sous stéroïdes, d’un grand spectacle, voire d’un grand show. »
Sceneweb, Vincent Bouquet

Rendez-vous

  • Les jeudis du TNP
    → Rencontre après spectacle
    vendredi 24 février
    plus d’infos

 

  • Théâtromôme
    → garderie artistique le temps du spectacle,
    dimanche 26 février,
    plus d’infos