Création
Le Suicidé, vaudeville soviétique, illustration du spectacle au TNP

Le Suicidé, vaudeville soviétique, illustration du spectacle au TNP

de Nicolaï Erdman
traduction André Markowicz
mise en scène et lumière Jean Bellorini

Du jeudi 15 décembre 2022
au vendredi 20 janvier 2023
Grand théâtre • salle Roger-Planchon
Durée : 2h15

du mardi au samedi à 20h sauf jeudi à 19h30, dimanche à 15h30, relâche le lundi, relâche exceptionnelle mardi 10 janvier

Les dates réserver

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Billetterie

Les tarifs

  • 25 € plein tarif
  • 20 € retraités, groupe (dès 8 pers.)
  • 14 € demandeurs d’emploi, accompagnateurs PSH…
  • 12 € moins de 30 ans...
  • 7 € bénéficiaires minima sociaux

Détail des tarifs

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À propos

Union soviétique, fin des années 1920. En pleine nuit, dans un appartement communautaire, Sémione Sémionovitch, chômeur et miséreux, tente de soulager sa faim en avalant un saucisson de foie. Les quelques instants de sa disparition suffisent pour que sa femme croit à une tentative de suicide. Elle appelle à l’aide et voit débarquer toute une galerie de personnages venus s’approprier le funeste événement. Chacun défend sa cause, car « ce qu’un vivant peut penser, seul un mort peut le dire ! » Emporté malgré lui dans ce bal macabre, Sémione entrevoit la gloire posthume qu’on lui fait miroiter… En se tuant, pourrait-il enfin devenir quelqu’un ?

Dans la tradition satirique d’un Gogol, mêlant lucidité féroce et comique grotesque, Nicolaï Erdman convoque ici petites gens, notables, ecclésiastiques, commerçants – archétypes bouleversants et pathétiques – qui persistent à trouver un sens à leur existence bien que tous les repères en aient été détruits. Dans cette société meurtrie et asphyxiée, un simple mensonge peut révéler des impostures en chaîne, jusqu’à la déflagration finale.

Écrite à la charnière capitale des années 1920 et 1930, cette pièce fut interdite avant même d’avoir pu être jouée. Elle continue de retentir avec force tant elle recèle une critique virulente de tous les régimes politiques oppressifs ainsi qu’une réflexion mordante sur le sens de l’existence. L’histoire de ce petit homme pathétique qui se démène dans le chaos interpelle notre époque, nos désirs, nos résignations. Comment résister à l’oppression sans être un héros ?

Jean Bellorini et sa troupe de comédiens, chanteurs et musiciens s’aventurent dans cette farce politique aussi savoureuse que glaçante, à la mécanique implacable et aux allures de vaudeville. Le travail choral, la musique jouée sur scène, les costumes signés par Macha Makeïeff font jaillir l’humour et la folie d’une partition qui avance au rythme débridé de la traduction d’André Markowicz. Et à l’arrivée, quand les décors et les masques tombent, le théâtre demeure, comme une immense déclaration d’amour à la vie.

Biographies

Nicolaï Erdman

Il est né à Moscou en 1900. Jeune homme, il découvre le poète Vladimir Maïakovski, rejoint le mouvement d’avant-garde des « Imaginistes » et publie ses premiers poèmes. Très vite, grâce à son frère Boris, peintre de théâtre, il produit ses premiers écrits pour la scène. En 1924, il lit Le Mandat aux acteurs de Vsevolod Meyerhold. La pièce se révèle être une satire impitoyable de la Nouvelle politique économique (NEP) mise en œuvre en Russie bolchévique à partir de 1921. La première de la pièce, montée par Meyerhold, a lieu le 20 avril 1925. C’est un triomphe, elle sera jouée 350 fois et reprise dans toute l’Union soviétique. Mais en 1930, elle est retirée de l’affiche et ne sera montée de nouveau qu’après la mort de Staline et le XXe Congrès du Parti communiste, en novembre 1956. Et il faut attendre 1987, avec la Perestroïka, pour qu’elle soit publiée.

Après Le Mandat, Nicolaï Erdman qui connaît une gloire soudaine et une époque de grande activité voyage en Allemagne et en Italie, rencontre de grands écrivains comme Maxime Gorki, se marie et commence une activité de scénariste de cinéma, notamment pour Boris Barnet.

En 1928, il donne sa seconde pièce, Le Suicidé, à Vsevolod Meyerhold. Constantin Stanislavski s’y intéresse à son tour. Mais en octobre 1932, avant même la première représentation, la pièce est interdite. Motif : « politiquement fausse et extrêmement réactionnaire ». Le pouvoir politique est entre les mains de Staline et dans le domaine littéraire toute tendance suspecte est éliminée, tous les « déviants » réduits au silence. Erdman est prié de se taire, c’est la fin de sa carrière de dramaturge. Il faudra attendre 1982 pour que Le Suicidé soit joué en URSS.

En octobre 1933, suite à l’écriture d’un petit poème satirique sur Staline, Erdman est arrêté en et condamné à trois ans d’exil en Sibérie. Il reçoit l’autorisation de retourner à Moscou après la guerre, en 1949, mais une « peur éternelle » ne le quittera jamais. Il écrit pour le cirque, fait des adaptations pour le théâtre mais renonce à son activité de dramaturge. Il vit essentiellement du cinéma, participant à l’écriture de scénarii. Son nom est à l’affiche de la comédie musicale Volga Volga qui sera récompensée par le Prix Staline en 1941. Un second prix Staline lui est remis en 1951, pour le scénario des Audacieux de Konstantin Youdine. On lui doit aussi une trentaine de scénarios pour des dessins animés dont de grands classiques du cinéma russe comme les Douze mois (1956) et La Reine des neiges (1957).

En 1964, il devient consultant au Théâtre de la Taganka, dirigé par louri Lioubimov. Mort à Moscou en 1970, il est enterré au cimetière Donskoï.

André Markowicz

Né en 1960, il a passé ses premières années en Russie. Depuis 1981, il a publié plus d’une centaine de volumes de traductions, d’ouvrages de prose, de poésie et de théâtre. Il a participé à plus d’une centaine de mises en scène de ses traductions, en France, au Québec, en Belgique ou en Suisse. Il a traduit l’intégralité des œuvres de fiction de Fédor Dostoïevski pour les éditions Babel/Actes sud (45 volumes), le théâtre complet de Nicolas Gogol, Du malheur d’avoir de l’esprit d’Alexandre Griboïédov, les pièces d’Alexandre Pouchkine (Scènes dramatiques et Boris Godounov) et son roman en vers Eugène Onéguine, le Bal masqué de Mikhaïl Lermontov, Cœur ardentLa Forêt et L’Orage d’Alexandre Ostrovski, ainsi qu’une quarantaine d’autres pièces d’auteurs aussi différents qu’Alexandre Soukhovo-Kobyline, Léon Tolstoï, Leonid Andreev, Maxime Gorki, Nicolas Erdman, Evguéni Schwartz, ou Alexandre Vvédenski. Il a traduit, en collaboration avec Françoise Morvan, le théâtre complet d’Anton Tchekhov et Le Songe d’une nuit d’été, puis, seul, quatorze pièces de William Shakespeare. En 2011, dans Le Soleil d’Alexandre, il rassemble et présente les poèmes et la vie des poètes de la génération d’Alexandre Pouchkine. Il a publié quatre recueils de poèmes : FiguresLes gens de cendreL’emportement et Herem. Ses derniers livres sont parus aux éditions Inculte : PartagesOmbres de Chine et L’Appartement. Il est lauréat du prix de traduction Nelly Sachs 2012. En 2019, il cofonde avec Françoise Morvan les éditions Mesures.

Jean Bellorini

Jean Bellorini est un metteur en scène attaché aux grands textes dramatiques et littéraires. Ses spectacles mêlent étroitement théâtre et musique. Il monte Tempête sous un crâne d’après Les Misérables de V. Hugo, Paroles gelées d’après Rabelais (Molière de la mise en scène), La Bonne Âme du Se-Tchouan de B. Brecht (Molière du meilleur spectacle du théâtre public), Liliom de F. Molnár ou encore Karamazov d’après le roman de Dostoïevski, créé pour le Festival d’Avignon 2016.

Nommé en 2014 à la direction du Théâtre Gérard Philipe, centre dramatique national de Saint-Denis, il crée Un instant d’après Proust et Onéguine d’après Pouchkine et invente la Troupe éphémère, composée d’adolescents avec qui il monte chaque saison un spectacle. Il travaille pour l’opéra et à l’étranger, et collabore avec les troupes du Berliner Ensemble, du Théâtre Alexandrinski de Saint-Pétersbourg et, au printemps 2022, du Teatro di Napoli pour la création Il Tartufo.

Depuis 2020, il est directeur du TNP. Sa création Le Jeu des Ombres de Valère Novarina est présentée lors de la Semaine d’art en Avignon. En 2022, il est invité par le Teatro Di Napoli – Teatro Nazionale et crée avec la troupe d’acteurs italiens Il Tartufo de Molière, dans une traduction de Carlo Repetti.

 

Distribution

avec François Deblock, Mathieu Delmonté, Clément Durand, Anke Engelsmann, Gérôme Ferchaud, Jacques Hadjaje, Clara Mayer, Liza Alegria Ndikita, Marc Plas, Antoine Raffalli,
Matthieu Tune, Mélodie-Amy Wallet, Damien Zanoly

euphonium Anthony Caillet
accordéon Marion Chiron
violoncelle Barbara Le Liepvre
percussions Benoît Prisset
collaboration artistique Mélodie-Amy Wallet
scénographie Véronique Chazal et Jean Bellorini
création sonore Sébastien Trouvé
costumes Macha Makeïeff
coiffure et maquillage Cécile Kretschmar
construction du décor et confection des costumes les ateliers du TNP

La pièce est publiée aux éditions Les Solitaires Intempestifs.

Rendez-vous

  • Les jeudis du TNP
    → afterwork #1
    jeudi 15 décembre à 18h
     lecture avant spectacle
    autour de la poésie russe, jeudi 12 janvier à 18h30
    → rencontre après spectacle
    jeudi 12 janvier
    plus d’infos

 

  • Audiodescription
    → jeudi 12 et dimanche 15 janvier
    plus d’infos

 

  • Stage de pratique théâtrale
     accueil et découverte du spectacle
    vendredi 13 janvier
    → atelier jeu
    samedi 14 janvier de 14h à 17h et dimanche 15 janvier de 10h à 13h
    plus d’infos

 

  • Théâtromôme
    → garderie artistique le temps du spectacle
    dimanche 15 janvier
    plus d’infos