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Les Démons

1 200 pages de roman et une quinzaine de personnages sont la réponse d’un écrivain à la menace que les socialistes et les nihilistes font peser sur la Russie. Dans cette fresque politique et philosophique, il laisse vivre, donc s’affronter, ses personnages. Cet embrasement fait ici la joie du spectateur. Le splendide désordre qui éclate est une fidélité active à Dostoïevski et un hommage à la vitalité théâtrale.

À propos

1 200 pages de roman et une quinzaine de personnages sont la réponse d’un écrivain à la menace que les socialistes et les nihilistes font peser sur le devenir de la Grande Russie. Cette vertigineuse fresque politique et philosophique s’articule à partir d’une dialectique du rire et de l’effroi. Œuvre prémonitoire, elle est une critique clairvoyante de toutes les idéologies, comme si son auteur avait pressenti les dérives totalitaires du XXe siècle. Son art suprême est de laisser vivre, donc s’affronter, ses personnages sans les enfermer dans ses propres convictions. La dispute sera pleine de rebondissements, de ferveurs… Ces fulgurances font la joie du lecteur et, ici, du spectateur. Porter à la scène une telle œuvre ne peut se faire sans une équipe artistique de premier ordre. Par leur démesure, les comédiens parviennent à faire voir un corps social qui se dissout, à faire entendre le chaos humain. Ce spectacle apparaît comme le fruit naturel d’une réflexion commencée par le metteur en scène en 2009 avec Notre terreur, plongée haletante dans les coulisses de la Révolution française, et poursuivie en 2014 par Le Capital et son Singe, d’après Karl Marx. Est-ce assez dire comment cette équipe est armée pour les scènes d’affrontement entre l’athéisme et la foi, entre Dieu et les Démons ? Le splendide désordre qui éclate devant nous est une fidélité active à l’œuvre de Dostoïevski et un hommage à la vitalité théâtrale.

 © DR

Biographies

Fedor Dostoïevski

Considéré comme l’un des plus grands romanciers russes, Fedor Dostoïevski, né à Moscou en 1821, connaît une enfance difficile auprès d’un père alcoolique et violent. Il fréquente une école d’officiers et se lie avec les mouvements progressistes russes, ce qui lui vaut une arrestation en 1849 et une déportation dans un bagne de Sibérie jusqu’en 1854. Il doit attendre 1860 avant d’obtenir la permission de s’établir à Saint-Pétersbourg et la liberté complète d’écrire. Entre 1861 et 1862, il publie dans des revues Humiliés et offensés et Souvenirs de la maison des morts. Il mène une vie d’errance en Europe, au cours de laquelle il devient un patriote convaincu.
Il écrit un grand nombre d’articles dont les Notes d’hiver sur des impressions d’été, condamnant la civilisation occidentale, jugée bourgeoise, matérialiste et impie, rappelant au peuple russe le sens de sa mission. Vient ensuite le temps des chefs-d’oeuvre, conçus dans la détresse matérielle et morale. De 1866 à 1880, il publie Crime et Châtiment, Le Joueur, L’Idiot, L’Éternel Mari, Les Démons ou encore Les Frères Karamazov. Épileptique, joueur couvert de dettes et d’un caractère sombre, ses dernières années restent marquées par des discours enflammés sur le peuple russe.

Sylvain Creuzevault

Né en 1982, Sylvain Creuzevault se forme au Conservatoire du 10e arrondissement, à l’École du Studio d’Asnières et à l’École Internationale de théâtre Jacques Lecoq. Cofondateur de la compagnie d’ores et déjà, il signe sa première mise en scène en 2003 avec Les Mains bleues de Larry Tremblay, puis monte en 2005 Visage de feu de Marius von Mayenburg. À l’Odéon, il participe à la création de Foetus dans le cadre du festival Berthier’06, puis met en scène Baal, de Bertolt Brecht. Le Père tralalère, créé au Théâtre-Studio d’Alfortville en 2007, est repris à La Colline, où il met en scène en même temps Notre terreur. Suivent Le Capital et son Singe et Angelus Novus AntiFaust. Depuis 2017, il transforme d’anciens abattoirs en lieu de théâtre avec le groupe Ajedtes Erod à Eymoutiers, en Haute-Vienne. En 2018, il crée dans le cadre du Festival d’Automne à Paris Les Tourmentes, suite de pièces composée de Construire un feu de Jack London, Un coup de dés jamais n’abolira le hasard de Stéphane Mallarmé et Au désert. La même année, il monte Banquet Capital, d’après Marx. Il est artiste associé de l’Odéon – Théâtre de l’Europe, et le Festival d’Automne à Paris est partenaire de chacune de ses créations.

Distribution

avec Nicolas Bouchaud ou Yann-Joël Collin, Bénédicte Cerutti, Valérie Dréville, Vladislav Galard, Michèle Goddet, Arthur Igual, Sava Lolov, Léo-Antonin Lutinier, Frédéric Noaille, Amandine Pudlo, Blanche Ripoche

traduction française André Markowicz
scénographie Jean-Baptiste Bellon
son Michaël Schaller
lumière Nathalie Perrier
régie lumière Jacques Grislin
costumes Gwendoline Bouget
masques Loïc Nébréda

production Le Singe
coproduction Odéon-Théâtre de l’Europe, Festival d’Automne à Paris, Scène nationale Brive Tulle, TAP – Scène nationale de PoitiersThéâtre de Lorient, TnBA Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine, Le Parvis scène nationale Tarbes Pyrénées avec la participation artistique du Jeune Théâtre National

 

Les Démons de Fedor Dostoïevski, traduit par André Markowicz, est édité chez Actes Sud

Revue de presse

« Renversé par la maestria avec laquelle Sylvain Creuzevault s’attaque aux Démons, de Dostoïevski (1821-1881), et acharné à révéler la décomposition des êtres et des âmes dans une société en déréliction qui les condamne. (…) l’œuvre de Dostoïevski est ici admirablement désossée et reconstruite dans des décors mobiles qui permettent des clins d’œil à l’agit-prop et aux happenings. » Lire l’article
Fabienne Pascaud – Télérama

« Il aura fallu trois mois de répétitions, faites d’improvisations à partir de la traduction du roman par André Markowitcz, pour arriver à ce résultat fantastique : quatre heures de théâtre jubilatoire où le plaisir qu’éprouvent les acteurs se communique au public par une commune imprégnation de la thèse du roman. (…) On aime cette pièce parce qu’elle est joyeuse, à l’image du gai savoir nietzschéen, et qu’il faut être joyeux pour encaisser tant de noirceur. » Lire l’article
Fabienne Arvers – Les Inrocks

« Au terme d’un travail d’appropriation colossale, [Sylvain Creuzevault] a extrait des Démons la substantifique moelle, celle qui permet, sans jamais céder un pouce sur le terrain de l’exigence, de suivre les lignes de force du système dostoïevskien.(…) Ce concentré, fondé sur les seuls points de bascule de l’intrigue romanesque et enrichi par d’autres écrits, est d’une telle maîtrise intellectuelle qu’il parvient à révéler toute l’amère ironie d’un Dostoïevski sonnant l’hallali. »
Vincent Bouquet – Les Echos

Interview vidéo

En lien avec le spectacle

  • Prélude 
    Mercredi 15 janvier à 18h30, la découverte d’une œuvre, de son auteur, de l’histoire sous une forme accessible à tous.
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