Les Enivrés

de Ivan Viripaev / texte français Tania Moguilevskaia et Gilles Morel / mise en scène Clément Poirée

  • Spectacle

Du au

Aucune salle

2h20

  • Adapté aux scolaires
  • À propos

    L’alcool est ici l’allumette qui met le feu aux poudres.

    Après une première scène où l’ivresse apparaît dans ce qu’elle a de plus dégradant, la poésie prend le dessus. Les quatorze personnages, tous « copieusement ivres », chutent, se redressent, tanguent, se confient, parlent beaucoup de Dieu sans y croire, de l’existence, de l’amour, dans une langue débridée, drôle, folle, absurde, semblable à une parole poétique inspirée… Comme si l’alcool était là pour ouvrir les cœurs et les âmes, l’ivresse physique laisse place à une ivresse spirituelle. Malgré la mélancolie qui tenaille le quotidien, malgré un matérialisme dévorant et illusoire, cette ronde nocturne célèbre la propension à l’élévation, la capacité à aimer et à être ensemble. L’écriture de Viripaev, étonnante et singulière, récemment entendue au TNP avec Illusions, révèle presque par inadvertance les profondes interrogations de l’être humain. Si elle assume une veine loufoque et pathétique, elle parvient, dans un désordre rigoureusement agencé, à susciter des émotions et réflexions aiguës.

    Défendus par huit acteurs de grand talent, ces enivrés, tant clowns pathétiques que mystiques burlesques, apparaissent ici sur un plateau tournant. Avant d’embarquer avec eux, souvenons-nous de la recommandation baudelairienne : « Enivrez-vous ! Mais de quoi ? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous ! »

    © Helene Bozzi / © Léna Roche

  • Biographies

    Ivan Viripaev

    Auteur, réalisateur, metteur en scène et comédien, Ivan Viripaev est né en Sibérie en 1974. Sa pièce Les Rêves, présentée à Moscou en 2000, est ensuite jouée en France et en Autriche. En 2003, il participe en tant qu’acteur à la création de son texte Oxygène, qui reçoit un accueil enthousiaste à Moscou avant de faire le tour des festivals internationaux. Saluée par la critique, cette pièce est devenue le symbole d’une génération en manque de sens et de souffle dans un monde à la dérive. Traduite dans plusieurs langues, elle est montée un peu partout en Europe. En 2009, il l’adapte au cinéma. En 2010, il met en scène Comedia, second volet de la trilogie inaugurée avec Juillet et close en 2014 avec Conférence iranienne. Ses pièces Les Rêves, Oxygène, Genèse 2, Danse « Dehli », Les Enivrés, Les guêpes de l’été nous piquent encore en novembre et Illusions sont parues aux éditions Les Solitaires Intempestifs.

    Clément Poirée

    Directeur du Théâtre de la Tempête, Clément Poirée a notamment mis en scène Contes d’amour, de folie et de mort de Horacio Quiroga ; La Vie est un songe de Pedro Calderón de la Barca ; La Baye de Philippe Adrien ; Beaucoup de bruit pour rien et La Nuit des rois de Shakespeare ; Dans la jungle des villes et Homme pour homme de Bertolt Brecht ; Kroum, l’ectoplasme, Meurtre et Vie et mort de H de Hanokh Levin. Il participe à la plupart des créations de Philippe Adrien en tant que collaborateur artistique au sein de la compagnie ARRT et de la compagnie du Troisième Œil. En 2019, il crée Dans le frigo, d’après Copi.

  • Distribution

    avec John Arnold, Aurélia Arto, Camille Bernon, Bruno Blairet, Camille Cobbi, Thibault Lacroix, Matthieu Marie, Mélanie Menu

    scénographie Erwan Creff

    lumières Elsa Revol

    assistée de Sébastien Marc

    costumes Hanna Sjödin

    assistée de Camille Lamy

    musiques et son Stéphanie Gibert

    maquillages Pauline Bry

    collaboration artistique Margaux Eskenazi

    production Théâtre de la Tempête

    avec la participation artistique du Jeune Théâtre National

    avec l’aide de l’ADAMI

    Le texte français est publié aux éditions Les Solitaires Intempestifs.

  • Revue de presse

    « L’auteur russe Ivan Viripaev, âgé de 44 ans, gagne à être découvert dans cette pièce décoiffante et folle, forte de ses 14 personnages copieusement ivres, couples, amis, ou rencontres d’un soir… Défendus par huit acteurs exceptionnels, ces enivrés apparaissent ici sur un plateau tournant qui nous embarque, nous ensorcelle. »
    AL.C. Le Journal du Dimanche

    « Les quatorze amis, amants ou conjoints constamment ivres du Russe Ivan Viripaev, 44 ans, dans Les Enivrés ne parviennent pas non plus à se rencontrer. Qu’ils en rient, en crient ou en pleurent ; qu’ils tombent, ou se relèvent, forniquent ou prient. Clowns pathétiques et mystiques burlesques tout ensemble, ils dansent une infernale sarabande où la désespérance côtoie la quête absolue de lumière et de sens. Usant des artifices du théâtre, Clément Poirée a magistralement apprivoisé ces personnages frères de Dostoïevski comme de Claudel. Une humanité exultant de détresse et de désirs, qu’incarnent les comédiens entre tendresse et furie. »
    Fabienne Pascaud – Télérama

    « Clément Poirée met en scène avec un talent sûr la partition d’Ivan Viripaev, de plus en plus présent sur nos scènes. L’épopée dérisoire de personnages ivres, clowns philosophes qui célèbrent la capacité d’aimer. Une superbe réussite !

    Étonnant texte et époustouflantes mise en scène et interprétations. Clément Poirée emporte comédiens et public dans une ronde nocturne où tous les personnages, « copieusement ivres », chutent, se redressent, tanguent, se confient, se répètent, s’éprennent, se révèlent aux autres et à eux-mêmes. Ils évoquent l’amour, le sens de l’existence, Dieu… Malgré une instabilité continue, malgré la peur et l’incertitude pour la journée du lendemain, malgré une infinité de raisons d’être pessimiste sur le monde, ce théâtre s’avère incroyablement vigoureux et invite à l’action plutôt qu’à la lamentation, à un optimisme fondamental qui célèbre infiniment la vie. » Lire l’article
    Agnès Santi – La Terrasse

    « Clément Poirée représente avec audace la pièce soûle d’Ivan Viripaev au théâtre de la Tempête. Tout bouge sur scène, les acteurs virtuoses, comme le plateau. Confronté aux délires visuels et existentiels d’une bande de clowns imbibés, le public est saisi par l’ivresse du théâtre. (…)

    L’ivresse partagée, qui fait tomber le quatrième mur, il fallait oser… Et pourtant, ça marche. Les comédiens font des miracles, John Arnold en tête, prodigieux soudard, tour à tour grotesque et misérable. De soirées entre couples, en enterrement de vie garçons, d’errances dans les rues désertes aux chutes dans les caniveaux, nos clowns imbibés déploient un show burlesque flirtant avec l’absurde. Puis ils se font graves, presque tragiques – pour mieux refaire le monde, littéralement vomir leur âme, leur tristesse et leurs illusions perdues. » Lire l’article
    Philippe Chevilley – Les Échos

  • En lien avec le spectacle

    • Passerelle cinéma « Taxi Blues » de Pavel Lounguine.

      Samedi 8 février à 11h15, au Cinéma Comœdia.En savoir plus.

    • Prélude « Ce que permet l’ivresse »
      Mardi 11 février à 19h, la découverte d’une œuvre, de son auteur, de l’histoire sous une forme accessible à tous.
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    • Rencontre après spectacle
      Jeudi 13 février à l’issue de la représentation, nous vous invitons à rencontrer des membres de l’équipe artistique.
    • Disputatio

      Vendredi 14 février à l’issue de la représentation. Un espace dans lequel chacun peut dire, entendre, questionner, objecter la lecture d’un spectacle. Animé par deux psychanalystes, membres de l’Association lacanienne internationale, Lyon.
      En savoir plus

  • Documents