Soutien aux mobilisations : la prise de parole des agents d’accueil
Les agents d’accueil du TNP ont pris la parole ce samedi 17 octobre, avant les représentation d’Une petite affaire et de Rapport pour une académie, en soutien aux mobilisations lycéennes et étudiantes :
Mesdames, Messieurs, bonsoir,
En ces jours de mobilisation, nous, étudiant·e·s personnel d’accueil du TNP, direction, équipes du TNP et du spectacle réunies, tenions à prendre la parole pour exprimer notre soutien aux mobilisations lycéennes et étudiantes. Nous vous parlons aujourd’hui en tant qu’agents et agentes d’accueil mais aussi, pour la majorité d’entre nous en tant qu’étudiants et étudiantes.
Depuis déjà bien trop longtemps en France, l’enseignement fait face à un manque considérable de moyens ce qui fragilise non seulement les conditions d’études mais aussi les possibilités d’avenir des nouvelles générations. Près de 20 millions d’heures de cours n’ont pu être assurées en 2024/2025. Que cela soit par manque de moyens, locaux insalubres ou non-remplacement de professeurs, il est inacceptable que près de 10% des heures annuelles du secondaires ne soit pas assurées.
Les lycéens et lycéennes d’aujourd’hui seront les étudiantes et étudiants de demain. C’est pourquoi, en tant qu’étudiants et étudiantes précaires dont la réalité économique nous oblige à travailler pour subvenir à nos besoins, nous souhaitons apporter notre soutien aux lycéens et lycéennes mobilisé·e·s. Il devient intolérable d’entendre les discours paternalistes des pouvoirs en place prônant une méritocratie fantasmée lorsque la réalité est telle qu’une élite peut se permettre d’étudier pendant que le reste cumule en plus de ses études un, deux parfois trois emplois étudiants.
Enfin, si nous parlons en tant qu’agents d’accueil, c’est aussi car pour beaucoup d’élèves, un enseignement scolaire de qualité est une première porte vers certaines formes d’arts. Au TNP, une partie significative de notre public est composée de lycéens et lycéennes en sortie scolaire. Réduire les moyens d’enseignement, c’est aussi détériorer le lien entre une partie des élèves et les mondes artistiques. De fait, un enseignement scolaire lacunaire empêche une potentielle émancipation pour les plus précaires accentuant encore l’écart déjà gargantuesque entre précaires et privilégiés. Si nos lycéens et lycéennes sont le public de demain, alors laisser l’enseignement dépérir revient aussi à laisser dépérir les mondes culturels.
Dans une société déjà fragilisée par la montée de l’extrême droite et les crises écologiques, il est primordial de travailler au mieux à l’arrivée des prochaines générations. Il n’est plus possible de laisser sous silence la dégradation continue des conditions de vie (qu’elles soient matérielles ou psychologiques) des étudiants et étudiantes.
De fait, nous réaffirmons notre solidarité envers toutes les personnes mobilisées dans ce combat et rappelons que défendre l’éducation et la culture n’est autre que combattre l’obscurantisme et se battre pour le libre exercice de la raison.
Merci pour votre attention.