Avant que les mots ne retournent à l’air
- Résonance - Biennale d'Art contemporain
Du au ,
Hors les murs
1 h 30 gratuit sur réservation
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Distribution
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production Théâtre KnAM et Théâtre National Populaire
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Biographie
Tatiana Frolova
Née en 1961 à Komsomolsk-sur-Amour, elle est diplômée de l’Institut de la Culture de Khabarovsk (spécialité mise en scène). Pendant plus de trente ans, elle a fabriqué avec très peu de moyens ses spectacles au KnAM Théâtre qu’elle a créé dans sa ville natale. Dans un article paru dans Libération en 1998, Jean-Pierre Thibaudat, alors correspondant à Moscou, qualifie Tatiana Frolova de « pile électrique ». Isolée dans une ville plutôt hostile, mais convaincue qu’on peut y travailler, elle a déployé une exceptionnelle énergie pour faire vivre son théâtre et proposer aux habitants des œuvres contemporaines.
Depuis une quinzaine d’années, elle s’est tournée vers le théâtre documentaire, un théâtre basé sur le recueil de témoignages de vie. Ses spectacles mêlent histoires personnelles et grande Histoire, notamment de la Russie dont elle dénonce les crimes : la guerre de Tchétchénie, sujet tabou en Russie (Une guerre personnelle), la réécriture de l’Histoire (Je suis, consacré à la mémoire et l’oubli), le suicide (Le songe de Sonia), la terreur (Je n’ai pas encore commencé à vivre), l’absence d’avenir (Ma petite Antarctique) et du bonheur (Le Bonheur). Depuis 2011, elle est accueillie sur chaque édition du Festival Sens Interdits et aux Célestins -Théâtre de Lyon. Elle anime régulièrement des ateliers et masterclasses pour les amateurs et les étudiants en théâtre (Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, ENSATT, CDN de Besançon, ThéâtredelaCité – Toulouse, …). En mars 2022, suite à l’agression de l’Ukraine par la Russie, Tatiana Frolova quitte son pays avec son équipe et s’installe à Lyon. Fin 2022, elle collabore avec Jean Bellorini pour la création Le Suicidé, vaudeville soviétique de Nicolaï Erdman. En 2023, dans le cadre du Festival Sens Interdits, elle crée avec le Théâtre KnAM Nous ne sommes plus…
Un parcours performatif dans l’espace public lyonnais, où un petit groupe compose un lexique fragile du lieu à partir des bruits, des signes, des seuils, des rencontres brèves et de mots écrits sur des feuilles avant qu’ils ne retournent à l’air.
Avant que les mots ne retournent à l’air est une partition d’attention pour l’espace public, imaginée par le Théâtre KnAM. Le projet invite un petit groupe de participant·es à traverser Lyon autrement : non pour visiter la ville, mais pour l’écouter, la regarder, en recevoir les signes fragiles.
Au fil du parcours, des consignes apparaissent : ralentir ici, écouter jusqu’au mot, attendre l’image, recevoir sans prendre, porter un fragment. Bruits, odeurs, seuils, enseignes, refus, silhouettes et rencontres brèves composent peu à peu un lexique provisoire du lieu.
Les mots recueillis ne sont pas écrits sur un support neutre, mais sur des feuilles tombées, trouvées dans l’espace traversé. Chaque feuille devient une petite surface de temps : quelque chose qui a déjà appartenu à l’air, à la terre, à la saison. Certains fragments sonores peuvent aussi être enregistrés par les participant·es : quelques secondes de voix, de souffle, de bruit ou de sensation.
Au centre du projet, une longue nappe blanche — route, table et page commune — accueille ces feuilles-mots. À la fin, le groupe tient ensemble la nappe et la secoue. Les mots se soulèvent, retombent, se posent sur les corps et le sol, comme un fragile herbier en mouvement. Chacun·e peut emporter un mot, comme le fragment d’un commun qui a existé un instant.
Parcours sur réservation. Le point de départ sera communiqué aux participant·es après inscription.