Ma maison est noire

d’après les textes de Forough Farrokhzad
adaptation, mise en scène et jeu Mina Kavani
création musicale Erik Truffaz et Murcof

Du au

salle Jean-Bouise

1 h 15 du mardi au vendredi à 20 h,
samedi à 18 h 30, sauf samedi 20 mars à 17 h,
dimanche à 16 h,
relâche le lundi

Rencontre

  • jeu 18 mars 20h
  • Distribution

    dramaturgie Maksym Teteruk
    conseil artistiqueJean-Damien Barbin
    regard extérieur Célie Pauthe

    scénographie Louise Sari
    assistanat à la scénographie Analyvia Lagarde
    lumière César Godefroy
    arrangements sonores Cinna Peyghamy
    voix Firoozeh Raeesdana
    vidéo Pierre Nouvel

    costumes Anaïs Romand

     

    Les textes adaptés par Mina Kavani sont issus de l’Œuvre poétique complète et de La Nuit lumineuse de Forough Farrokhzad, traduction Jalal Alavinia, aux Éditions Lettres Persanes.

    Spectacle créé le 25 novembre 2025 au Centre d’art et de culture de Meudon.

    • production Centre International de Créations Théâtrales – Théâtre des Bouffes du Nord

    • coproduction Le Manège Maubeuge – Scène nationale transfrontalière ; Centre d’art et de culture de Meudon

    • avec le soutien du Cercle de l’Athénée et des Bouffes du Nord et de sa Fondation abritée à l’Académie des beaux-arts

  • Biographies

    Forough Farrokhzad

    Forough Farrokhzad est née en 1934 à Téhéran. Très jeune, elle s’intéresse à la littérature et notamment à la poésie. Mariée à l’âge de seize ans, c’est en 1955 qu’elle publie son premier recueil de poèmes, Le Captif. L’année suivante, elle publie un nouveau recueil intitulé Le Mur suivi par La Rébellion édité en 1958. Parallèlement à la poésie, elle s’intéresse au théâtre et au cinéma. En 1959, elle quitte l’Iran pour l’Angleterre où elle va poursuivre des études cinématographiques. Elle apparaît en 1960 dans un film intitulé La Proposition. C’est deux années plus tard qu’elle réalise son premier film La Maison est noire. Film remarqué, celui-ci remporte le Grand prix documentaire au Festival Oberhausen (Allemagne) en 1963. Forough Farrokhzad ne renonce pas pour autant à l’écriture et à la poésie. Toujours en 1963, elle publie un nouveau recueil de poésie intitulé Une autre naissance. En 1967, elle décède tragiquement à 33 ans dans un accident de voiture. Son dernier recueil de poèmes, intitulé Laissez-nous croire au début de la saison froide est publié à titre posthume.

    Mina Kavani

    Mina Kavani est née à Téhéran dans une famille d’artistes. Elle est la nièce de Ali Raffi, metteur en scène et réalisateur iranien. Dès l’âge de seize ans, elle joue sous sa direction et celle d’importants metteurs en scène iraniens. À vingt-deux ans, elle s’installe à Paris et entre au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique dans la classe de Jean-Damien Barbin. En 2015, elle joue au cinéma le rôle principal de Sara, dans le film engagé Red Rose de la cinéaste iranienne Sepideh Farsi. Apparaissant nue dans le film, elle est la cible d’attaques virulentes dans la presse iranienne et qualifiée de « première actrice pornographique », ce qui lui vaudra son exil. Depuis, elle continue sa carrière d’actrice en France, au cinéma et au théâtre. Elle obtient la nationalité française en 2018. Elle incarne Ingeborg Bachmann sous la direction de Barbara Hutt. Elle participe à un stage sous la direction de Krystian Lupa qu’elle retrouve en 2019 pour un nouveau travail en commun. Elle joue au London Symphony orchestra de Londres dans To be someone else is a battle sous la direction de Amir Konjani. Elle joue également dans Neige d’Orhan Pamuk (Prix Nobel 2002), dans la mise en scène de Blandine Savetier, dans Les Forteresses de Gurshad Shahman, dans Oui de Thomas Bernhard conçue par Célie Pauthe et Claude Duparfait. Elle joue dans la création polyphonique Persées d’Alexandra Lacroix à l’Opéra de Limoges, dans Lazare Station de Lazare. Au cinéma, on retrouve Mina Kavani dans No Bears du cinéaste iranien Jafar Panahi, dans Reading Lolita in Teheran du réalisateur israëlien Eran Riklis, dans Des Hortensias en hiver de Hélène Rastegar, dans La Fille et le garçon de Jean-Marie Besset. Mina Kavani crée en 2022 son premier spectacle I’M DERANGED, qu’elle écrit, met en scène et interprète.

  • La presse en parle

    Loin d’être limité à la psyche de l’autrice, l’univers intègre directement les images de contestations populaires, notamment celle d’Ahou Daryaei, cette étudiante iranienne qui errait dans Téhéran en sous-vêtement et dont la démarche est devenue un symbole de la protestation contre le voile obligatoire. On peut aussi penser au puissant In Dafe de 021G, un morceau de rap iranien qui accompagne les saluts de l’artiste, répétant à loisir que l’ennemi est dans la maison. Sans jamais cantonner les conséquences des dictatures iraniennes à son vécu ou à celui de l’autrice qu’elle adapte, Mina Kavani convoque une myriade de fantômes dans un seule-en-scène qui a le sens du collectif.

    Coup d’Œil

    La comédienne et metteuse en scène Mina Kavani nous subjugue avec son incarnation de la beauté d’une poésie pourtant souvent très sombre. Sur scène, d’une façon intime, nous faisons connaissance avec une femme née en 1934, à Téhéran, dans une famille de militaires. À l’âge de 16 ans, Forough Farrokhzad se marie pour fuir la répression familiale. Quand elle se sépare de son mari, on lui enlève son fils. Tombée dans la dépression, cette amoureuse de la liberté parvient à se relever grâce à sa poésie, qui est pour elle non seulement une réponse à la vie, mais synonyme de vie. Décédée lors d’un accident de voiture en 1967, elle est vite considérée comme l’une des plus grandes voix de la poésie iranienne contemporaine.

    RFI

Spectacle en français et persan surtitré.

Poétesse rebelle, cinéaste inclassable, figure éclatante de la liberté dans l’Iran des années 1960, Forough Farrokhzad vit sa vie de femme à rebours des conventions. Rompant avec la tradition littéraire, elle revendique le droit pour la poésie de parler du quotidien, de la misère et de la société autant que du désir et de l’intimité du corps féminin. Son écriture dévoile une sensualité qui fait scandale. Elle devient le symbole de la lutte pour la liberté et du mouvement d’émancipation des femmes dans son pays.

Accompagnée par la trompette d’Erik Truffaz et la musique électro de Murcof, l’actrice iranienne, Mina Kavani incarne aujourd’hui sur scène la parole toujours vivante de Forough Farrokhzad. Menacée d’emprisonnement pour pornographie pour s’être dénudée dans le film Red Rose de sa compatriote Sepideh Farsi, Mina Kavani quitte son pays et s’exile en France en 2014. Jouer librement sur scène, sans le contrôle de la censure, est à ce prix. Ma maison est noire est né du désir ardent de faire entendre, encore et toujours, la voix des femmes qu’on tente de faire taire.

Rendez-vous

  • Rencontre avec l’équipe artistique après le spectacle

    → jeudi 18 mars 2027

  • Passerelle Cinéma

    projection de courts métrages et d’un film iraniens au cinéma Le Zola
    → plus d’infos en cours de saison