Une petite affaire d'après Seul dans Berlin
- Création
Du au
salle Roger-Planchon
durée : 1 h 30
du mardi au vendredi à 19 h 30,
samedi à 18 h, sauf samedi 10 octobre à 19 h 30,
dimanche à 15 h 30,
relâche le lundi
Accessible aux malvoyants
- sam 3 octobre 18h
Rencontre
- jeu 1er octobre 19h30
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Distribution
avec
Jacques Hadjaje Président Feisler, inspiré de Roland Freisler
Camille de La Guillonnière Otto Quangel, inspiré d’Otto Hampel
Clara Mayer Anna Quangel, inspirée d’Elise Hampel
et les trombonistes
Tanguy Boisseranc
Joël Castaingts
Lili Soletti en alternance avec Martin Gillet
Nicolas Treppadaptation Jean Bellorini, Camille de La Guillonnière, Florence Guinard et Clara Mayer
scénographie Véronique Chazal
lumière Jean Bellorini
assisté de Mathilde Foltier-Gueydan
son Léo Rossi-Roth
composition musicale Clément Griffault
costumes Fanny Brouste
réalisation du décor et des costumes les ateliers du TNPLe roman est publié aux éditions © Gallimard, collection « Folio ».
Spectacle créé au Théâtre National Populaire.
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production Théâtre National Populaire
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Biographies
Hans Fallada
Hans Fallada naît le 21 juillet 1893 à Greifswald, dans un milieu aisé. Durant toute sa jeunesse, il entretient des rapports conflictuels avec son père, qui souhaite le voir embrasser une carrière de juriste. En 1911, à l’âge de 18 ans, Hans Fallada étudie au Fürstliches Gymnasium à Rudolstadt en Thuringe. Cette année-là, il tente de se suicider – certains évoquent l’hypothèse d’un duel – avec son ami Hans Dietrich von Necker. Gravement blessé, Hans Fallada survit à ses blessures, mais est arrêté pour meurtre avant d’être admis pour une courte durée en clinique psychiatrique. Puis, il abandonne le lycée, sans diplôme. Il occupe divers emplois, travaille dans l’édition et le journalisme avant de pouvoir vivre de sa plume. Les années 1920 sont difficiles, marquées par l’alcoolisme, la morphinomanie et des séjours en prison pour escroquerie. En 1929, il épouse Anna Issel, avec qui il aura trois enfants. L’auteur remporte son premier succès en 1931 avec Paysans, gros bonnets et bombes, qui évoque les révoltes paysannes de Neumunster lors de la crise de 1928-1929. Son deuxième roman, Quoi de neuf, petit bonhomme ? (1932), dont la notoriété dépasse les frontières allemandes, est une critique de la société allemande de l’entre-deux-guerres. En 1933, lorsque Hitler s’empare du pouvoir, Fallada se retire à Carwitz dans le Mecklembourg. Il s’ensuit une période très prolifique avec notamment la rédaction de Qui a connu l’ordinaire du taulard et de Nous avions un enfant (1934), de Loup parmi les loups (1937), de Gustave-de-Fer (1938), du roman Le Buveur (1944). Les dernières années de sa vie sont marquées par une rechute dans la morphinomanie. Il écrit néanmoins encore quelques œuvres importantes, dont Seul dans Berlin édité en 1947, considéré par Primo Levi comme « l’un des plus beaux livres sur la résistance allemande antinazie ». Hans Fallada meurt le 5 février 1947 à Berlin. Son œuvre, principalement composée de romans réalistes décrivant la vie des petites gens, est aujourd’hui considérée comme un témoignage majeur sur l’Allemagne de l’entre-deux-guerres et du début du nazisme.
Jean Bellorini
Jean Bellorini est un metteur en scène attaché aux textes dramatiques et littéraires. Ses spectacles mêlent étroitement théâtre et musique. Il monte Tempête sous un crâne d’après Les Misérables de Victor Hugo, Paroles gelées d’après François Rabelais (Molière de la mise en scène), La Bonne Âme du Se-Tchouan de Bertolt Brecht (Molière du meilleur spectacle du théâtre public), Liliom de Ferenc Molnár ou encore Karamazov d’après le roman de Fedor Dostoïevski, créé pour le Festival d’Avignon 2016. Nommé en 2014 à la direction du Théâtre Gérard Philipe, centre dramatique national de Saint-Denis, il crée Un instant d’après Marcel Proust, Onéguine d’après Pouchkine et invente la Troupe éphémère, composée d’adolescents avec qui il monte chaque saison un spectacle. Il travaille pour l’opéra, à l’étranger et collabore avec les troupes du Berliner Ensemble, du Théâtre Alexandrinski de Saint-Pétersbourg, du Teatro di Napoli. Depuis 2020, il est directeur du TNP. Sa création Le Jeu des Ombres de Valère Novarina est présentée lors de la Semaine d’art en Avignon. En 2022, il est invité par le Teatro Di Napoli – Teatro Nazionale et crée avec des acteurs italiens et un acteur français Il Tartufo de Molière, dans une traduction de Carlo Repetti. En 2022, il crée avec sa troupe Le Suicidé, vaudeville soviétique de Nicolaï Erdman. En juin 2023, il crée avec les comédiennes de l’Afghan Girls Theater Group Les Messagères d’après Antigone de Sophocle. En novembre 2023, il signe la mise en scène de David et Jonathas de Marc-Antoine Charpentier, dirigé par Sébastien Daucé à l’Opéra de Caen. En janvier 2024, il crée en Chine Les Misérables, d’après le roman de Victor Hugo, avec Yanghua Theatre au Poly Theatre de Pékin. L’été 2024, il présente, lors des Fêtes nocturnes du Château de Grignan Histoire d’un Cid d’après Le Cid de Pierre Corneille.
En 2025, il met en scène une troupe éphémère intergénérationnelle, La Nuit du cœur, d’après des textes de Christian Bobin. Il crée les lumières de l’exposition permanente Les Clés du Festival, à la Maison Jean Vilar à Avignon. En octobre 2025, il monte en Chine Le Petit Prince d’après Antoine de Saint-Exupéry, nouvelle collaboration avec Yang Hua Theatre. En mars 2026, il met en scène pour la première fois la Troupe de la Comédie-Française, dans une adaptation du roman d’Éric Vuillard, L’Ordre du jour (Prix Goncourt 2017). En 2026, pour sa dernière création au TNP, il présente Une petite affaire d’après Seul dans Berlin de Hans Fallada.
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La presse en parle
Angoisse de la progression des populismes en France ? Jean Bellorini s’intéresse à la montée du nazisme — il a adapté au printemps dernier, pour la Comédie-Française, L’Ordre du jour. Ou comment les grands industriels allemands, soutenant Hitler de 1933 à 1938, ont permis l’annexion de l’Autriche. On y était du côté des puissants, malhonnêtes, lâches. Une petite affaire nous emmène chez les Berlinois ordinaires, et souvent plus courageux. Sombre diptyque. Un théâtre-récit qui bouleverse l’imaginaire et les conventions de la scène, ainsi que le pratique Bellorini depuis ses débuts.
TéléramaPetite affaire, mais grands moyens : Jean Bellorini a conçu une mise en scène grandiose pour mettre en relief une lutte héroïque, inspirée d’une histoire vraie. (…) Avec autant d’intensité que de sobriété, Camille de La Guillonnière et Clara Mayer campent des héros de rien, bravaches devant leur juge furibond (Jacques Hadjaje). Bientôt, la pièce de résistance devient une marche funèbre, scandée par leurs rêves, leurs doutes, et leur courage. La fin du spectacle est rythmée par un quatuor de trombones. L’effet de cette fanfare mortelle est prodigieux.
Les EchosL’élégante scénographie, complétée par le travail sonore (bruitages de pas, de clés, d’avions…) et la sublime intervention d’un quatuor de trombones, laisse toutefois beaucoup de travail à l’imagination du spectateur dans cette pièce très écrite. Les comédiens nous apparaissent davantage comme des conteurs, dont le jeu sensible, fort heureusement, exalte la force du texte.
La CroixD’une grande beauté, d’une grande exigence, l’adaptation par Jean Bellorini et les siens de l’ultime roman de Hans Fallada (1893-1947) bouleverse. Dans un écrin formel superbe, l’humble résistance d’un couple de petites gens y apparaît dans sa solitude, sa vulnérabilité et son humaine nécessité. Dernière création du metteur en scène en tant que directeur du TNP, la pièce offre matière à réflexion.
La TerrasseC’est au cœur de cette scénographie et du déroulement des minutes du procès que l’art musical s’infiltre, comme toujours chez Bellorini, et finit par prendre possession de l’ensemble du plateau avec un quatuor de trombonistes qui joue et s’avance au final vers le public. Ce relais ou ce glissement des paroles aux notes de musique pour mettre un point final à la tragédie est particulièrement bien senti dans l’économie du spectacle dont les servants de scène sont étonnants de maîtrise et presque d’humilité avec leurs personnages qui doublent ceux de la réalité, car ces trois personnages du récit ont réellement existé et cela pose de manière aiguë et forcément de manière passionnante la question du vrai rôle la théâtralité.
FrictionsJouant des contrastes, cette Petite affaire oscille entre horreur et humanité et nous plonge habilement dans une époque qui fait singulièrement écho à la nôtre.
Tout LyonUne petite affaire apparaît comme le pendant, l’autre face de L’Ordre du jour, son précédent spectacle tiré du roman d’Éric Vuillard, où un quarteron d’industriels allemands, dans une réunion mémorable, faisaient allégeance à Hitler. D’un côté la collaboration, sur l’autre face la lutte. D’un côté le capitalisme, de l’autre les classes populaires, et une résistance que la Grande Histoire, pendant longtemps, a délibérément occultée.
Arts-chipelsCette Petite affaire est une grande affaire d’âmes, dont on voudrait que toutes retrouvent la lucidité par ce témoignage de l’engagement de certains.
Webtheatre -
Pour aller plus loin
Seul dans Berlin de Hans Fallada, la résistance minuscule – Radio France
Portrait de Rudolf Ditzen, alias Hans Fallada – Radio France
Victor Hugo nous plonge dans les pensées d’un homme qui attend son exécution – Radio France
Ouvrons la porte de la maison de Hans Fallada, aujourd’hui devenue musée – Arte
Au cœur du Berlin de la Seconde Guerre mondiale, en proie aux pénuries, où l’effort de guerre et la propagande imprègnent la vie des gens, Otto et Anna Quangel apprennent le décès de leur fils unique, mort en héros « pour la Patrie ». Leur monde s’écroule. Ils se mettent alors à écrire contre Hitler de petits textes sur des cartes postales qu’ils déposent dans les halls d’immeubles et les cages d’escaliers. Cet acte de résistance, à la fois dérisoire et héroïque, redonne un sens à leur vie. Ils finissent par être arrêtés par la police et comparaissent au tribunal où nous assistons à leur procès.
Écrit en 1947, Seul dans Berlin, dernier roman de Hans Fallada, brosse le portrait de deux vieux amoureux inséparables, offensés par l’injustice qui les touche, convaincus qu’ils peuvent changer le monde. Leur simple existence et leur détermination infaillible rééquilibrent la balance morale d’une humanité en perdition. Jean Bellorini réunit sur scène Clara Mayer, Camille de La Guillonnière et Jacques Hadjaje, complices de la première heure du théâtre-récit qui lui est cher. Ensemble, ils nous conteront le destin singulier de ces deux citoyens apparemment sans histoire et bouleversant d’humanité.
Rendez-vous
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Rencontre avec l’équipe artistique après le spectacle
→ jeudi 1er octobre 2026, en présence de Laurence Courtois, traductrice
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Audiodescription en direct
→ samedi 3 octobre 2026, visite tactile du décor à 16 h 30, spectacle à 18 h
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« Rejouer l’histoire : échos du XXe siècle en théâtre et littérature »
rencontre avec Éric Vuillard, auteur (L’Ordre du jour, Actes Sud, 2017) et Jean Bellorini, metteur en scène du spectacle Une petite affaire et de L’Ordre du jour (créé au printemps 2026 à la Comédie-Française),
modération Lucie Campos, directrice de la Villa Gillet
→ samedi 10 octobre 2026 à 15 h -
Passerelle CHRD – Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation
visite commentée de l’exposition permanente qui retrace l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, en portant un regard particulier sur Lyon. Objets, photographies, documents d’archives et témoignages se mêlent pour donner vie aux différentes réalités d’une ville sous l’Occupation.
→ dimanche 11 et samedi 17 octobre à 11 h
visite gratuite sur présentation du billet TNP (dans la limite des places disponibles)