Travailler en bonne compagnieDepuis des siècles, c’est bien la constitution d’une bonne compagnie, autrement appelée troupe, collectif artistique, qui reste la source de toutes les grandes aventures théâtrales, réunie autour d’un auteur, d’un metteur en scène ou d’une cause. Pour le TNP, Christian Schiaretti met en avant deux paramètres: la notion de service public et un état d’esprit, en l’occurrence celui du TNP, un TNP constamment à réinventer. L’histoire foisonnante de ce théâtre exprime clairement l’évolution de l’art théâtral en France, où les mots évoluent plus vite que les idées, «populaire» en 2010 n’a évidemment pas le même sens qu’en 1920, en 1950, en 1980, etc. «Public» non plus, et l’on voit bien qu’aujourd’hui certains voudraient le remplacer par «consommateur». Voilà au moins une raison pour laquelle le TNP a toujours pertinence à être, et ce n’est pas la seule motivation. Une troupe permet l’entrelacement des répétitions et des représentations, augmentant ainsi considérablement la proposition artistique avec, de surcroît, la constitution d’un répertoire. Enfin, elle est garante de l’identité du lieu où elle s’épanouit, générant autour d’elle des connivences et des solidarités. C’est ainsi qu’artistes, spectateurs et politiques peuvent se retrouver pour affirmer leurs souhaits, leurs volontés, leurs besoins. Les œuvres de l’esprit sont des trésors inestimables. |
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