Jean Bellorini

 

Jean Bellorini est un metteur en scène attaché aux grands textes dramatiques et littéraires. Il mêle étroitement dans ses spectacles théâtre et musique et y insuffle un esprit de troupe généreux. Il défend un théâtre populaire et poétique.

Formé comme comédien à l’école Claude Mathieu, il crée en 2001 la Compagnie Air de Lune avec laquelle il met en scène : Un violon sur le toit de Jerry Bock et Joseph Stein, La Mouette d’Anton Tchekhov (création au Théâtre du Soleil, Festival Premiers Pas, en 2003), Yerma de Federico García Lorca (création au Théâtre du Soleil en 2004), L’Opérette, un acte de L’Opérette imaginaire de Valère Novarina (création au Théâtre de la Cité Internationale en 2008). En 2010, il monte Tempête sous un crâne, spectacle en deux époques d’après Les Misérables de Victor Hugo au Théâtre du Soleil. En 2012, il met en scène Paroles gelées, d’après l’œuvre de François Rabelais, puis en 2013 Liliom ou La Vie et la Mort d’un vaurien de Ferenc Molnár, au Printemps des Comédiens (Montpellier). En 2013, il crée La Bonne Âme du Se-Tchouan de Bertolt Brecht au Théâtre national de Toulouse. En 2014, il reçoit les Molières de la mise en scène et du meilleur spectacle du théâtre public pour Paroles gelées et La Bonne Âme du Se-Tchouan.

En janvier 2014, il est nommé à la direction du Théâtre Gérard Philipe, centre dramatique national de Saint-Denis. Il réunit des artistes complices et sa troupe autour de trois axes forts : la création, la transmission et le travail d’action artistique sur le territoire. Dans cet esprit, il tisse dès La Bonne Âme du Se-Tchouan une collaboration artistique avec Macha Makeïeff qui se construit dans le dialogue, le temps et la complémentarité : elle signe les costumes de ses spectacles, il signe les lumières des siens.

Il poursuit son travail de création théâtrale avec la mise en scène, en novembre 2014, de Cupidon est malade, texte de Pauline Sales pour le jeune public puis en janvier 2015 avec Un fils de notre temps, d’après le roman d’Ödön von Horváth. Le spectacle tourne plus d’une centaine de fois, dans des salles de spectacle ou des lieux non dédiés (lycées, maisons de quartier, etc.)

En juillet 2016, il crée au Festival d’Avignon Karamazov d’après le roman de Fédor Dostoïevski (nommé pour le Molière du spectacle de théâtre public 2017). Au fil des saisons du TGP, il reprend Liliom, Tempête sous un crâne et Paroles gelées, créant ainsi un répertoire vivant, et suscitant la venue de nouveaux spectateurs. En novembre 2018, il crée Un instant d’après À la recherche du temps perdu de Marcel Proust et en mars 2019, Onéguine d’après Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine.

Il invente la Troupe éphémère, composée d’une vingtaine de jeunes amateurs âgés de 13 à 20 ans, habitant Saint-Denis et ses environs. Le projet, né du désir de s’engager durablement auprès du public adolescent, fait l’objet de répétitions tout au long de l’année pour parvenir à la création d’un spectacle dans la grande salle du Théâtre. Avec cette troupe éphémère, il met en scène en 2015 Moi je voudrais la mer, d’après des textes poétiques de Jean-Pierre Siméon ; en 2016 Antigone de Sophocle ; en 2017 1793, on fermera les mansardes, on en fera des jardins suspendus ! d’après 1793, La Cité révolutionnaire est de ce monde, écriture collective du Théâtre du Soleil. Ce spectacle est invité par Ariane Mnouchkine au Théâtre du Soleil pour une représentation exceptionnelle le 30 juin 2018. En 2018, en collaboration avec le chorégraphe Thierry Thieû Niang, et pendant une période plus courte, il met en scène vingt-quatre jeunes amateurs dans Les Sonnets de William Shakespeare, et en 2019 il se penche sur un texte de Pauline Sales, Quand je suis avec toi, il n’y a rien d’autre qui compte.

Parallèlement à son engagement à Saint-Denis, il développe une activité avec des ensembles internationaux. En février 2016, il crée au Berliner Ensemble Der Selbstmörder (Le Suicidé) de Nicolaï Erdman. En décembre 2017, il met en scène la troupe du Théâtre Alexandrinski de Saint-Pétersbourg dans Kroum de Hanokh Levin. Il veille à ce que ces spectacles soient accueillis dans son théâtre dionysien.

Jean Bellorini est également invité à réaliser plusieurs mises en scène pour l’opéra. En octobre 2016, il met en scène La Cenerentola de Gioachino Rossini à l’Opéra de Lille. En juin 2017, il crée la mise en espace d’Orfeo de Claudio Monteverdi au Festival de Saint-Denis et en juillet 2017 celle de Erismena de Francesco Cavalli au Festival International d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence. Pour ces deux nouvelles créations, il collabore à nouveau avec Leonardo García Alarcón, chef d’orchestre qu’il avait rencontré en juin 2015 autour de La Dernière Nuit, une création originale autour de l’anniversaire de la mort de Louis XIV, au Festival de Saint-Denis. En octobre 2018, il met en scène Rodelinda de Georg Friedrich Haendel à l’Opéra de Lille.

Son théâtre se déploie aussi là où on ne l’attend pas. Ainsi, en 2016, il réalise avec les acteurs de sa troupe un parcours sonore à partir de textes de Peter Handke pour l’exposition Habiter le campement, produite par la Cité de l’architecture et du patrimoine. En 2018, il participe avec certains membres de la Troupe éphémère à l’exposition Éblouissante Venise au Grand Palais (Paris), dont le commissariat artistique est assuré par Macha Makeïeff.

Depuis le 1er janvier 2020, Jean Bellorini est directeur du Théâtre National Populaire.