Artistes associés

Pour faire vivre un théâtre de création, de transmission, ouvert à tous, Jean Bellorini s’entoure depuis plusieurs années d’artistes, compagnons de route.

Jean Bellorini met au cœur de son projet le travail quotidien avec des artistes. Pour faire vivre un théâtre de création, de transmission, ouvert à tous, il s’entoure depuis plusieurs années d’artistes compagnons de route, qui ont comme point commun d’allier une très grande exigence dans leur art à une volonté farouche de le partager humblement. Ils seront le fil rouge des saisons prochaines, habitants réguliers du théâtre et de ses environs, créateurs de spectacles, instigateurs de rendez-vous artistiques, peu à peu familiers du public.

Il s’agit d’une artiste associée, la metteuse en scène et autrice Tiphaine Raffier, d’une compagnie nationale associée, la compagnie Louis Brouillard dirigée par Joël Pommerat et d’un centre dramatique national associé, le Théâtre National de la Criée dirigé par Macha Makeïeff, et des artistes invités suivants : la metteuse en scène Lilo Baur, la metteuse en scène Margaux Eskenazi, le chorégraphe et metteur en scène Thierry Thieû Niang, la violoncelliste et compositrice Sonia Wieder-Atherton, l’auteur et traducteur André Markowicz, l’illustrateur Serge Bloch, le photographe Jacques Grison.

« Ce que je peux dire, c’est que j’aime l’univers de ces artistes, leur folie, mais aussi la maîtrise des dramaturgies qu’ils cisèlent au fur et à mesure des années. J’aime le mélange de joie, de gravité et d’impertinence qui se dégage de leur travail. J’aime leur façon de sonder les profondeurs du drame humain avec lucidité et en même temps, parfois, avec une certaine légèreté. J’aime la place qu’ils réservent à la musique, l’élégance de leurs esthétiques, toutes fortes et singulières, l’artisanat d’un théâtre où la machinerie, l’artifice et le décor sont des outils au service du rêve. Des artistes qui font un théâtre de récits, de fables, de fictions, de sensation. Quant aux textes, ces artistes savent les révéler, les raviver mais aussi les oublier et s’en affranchir. J’aime leur liberté. »
Jean Bellorini

 

Artistes associés

Le TNP met à leur disposition des moyens de productions pour soutenir leur processus de création.

Tiphaine Raffier, artiste associée

Tiphaine Raffier est autrice, metteuse en scène et directrice de la compagnie La Femme coupée en deux. Étudiante à l’ESAD dirigée par Stuart Side, elle présente au Festival Prémices son premier spectacle qui retient l’attention de Christophe Rauck, ancien directeur du Théâtre Gérard Philipe. Jean Bellorini l’invite en 2018 à présenter au TGP sa troisième création, France fantôme, programmée ensuite au Théâtre de l’Odéon. Il est frappé par la puissance de son imagination. Son écriture est solide, sa dramaturgie vaste, et elle parvient à mettre en scène une troupe. La technologie, l’actualité du sujet (le transhumanisme) ne noient pas l’humanité des acteurs sur le plateau. Pour lui, c’est une évidence : cette artiste va se déployer davantage. Lui donner les moyens d’un outil comme le TNP, c’est faire le pari qu’elle comptera parmi les grandes artistes de demain.

Joël Pommerat, Cie Louis Brouillard, compagnie à rayonnement national et international associée

Au-delà de l’histoire qu’il entretient depuis plusieurs saisons avec le TNP, Joël Pommerat est sans doute l’un des plus grands artistes français d’aujourd’hui. Associer une compagnie nationale (CERNI) à un centre dramatique national a tout son sens. À l’heure où nos maisons voient leur marge artistique diminuer de saison en saison, il semble nécessaire que des compagnies importantes et soutenues par l’État soient adossées aux lieux de création que sont les centres dramatiques nationaux. Pour un artiste de cette ampleur, le TNP offre un espace de travail dans le temps, permettant de mûrir des spectacles dont le mode opératoire passe par un travail documentaire préalable à la création, des stages de rencontres avec des acteurs, des improvisations et l’écriture au plateau.
Le TNP, grâce aux forces vives que sont ses ateliers de construction, son équipement et son personnel technique, abritera pour un temps ces artistes.

Macha Makeïeff, artiste et directrice du Théâtre National de la Criée, CDN associé

Jean Bellorini est un admirateur de longue date du travail de Macha Makeïeff. Aujourd’hui à la tête de deux grandes institutions, ils entretiennent depuis de nombreuses années un dialogue artistique fécond et singulier. Leur complicité, renforcée par la proximité de leurs équipes artistiques, s’établit grâce à la complémentarité de leurs pratiques : en 2014, lors de la création de La Bonne Âme du Se-Tchouan de Bertolt Brecht par Jean Bellorini, Macha Makeïeff signe les costumes. En retour, Jean Bellorini éclaire Trissotin ou Les Femmes savantes de Molière. En associant étroitement l’activité des deux CDN, ils rassemblent leurs forces, dans un apport en industrie intelligent et solidaire. Ensemble, ils inventeront de nouvelles collaborations, notamment des ateliers autour de la scénographie, des costumes ou des cartes blanches pour habiter les espaces d’exposition du théâtre. Tous les deux revendiquent un théâtre populaire et joyeux, dans un rapport direct au public.

Artistes invités, compagnons

Artistes au cœur de la vie de la maison, ils forment une constellation qui scintillera dans le théâtre au quotidien. Le TNP soutient leur travail et tisse avec eux une relation au long cours, entre création et transmission.

Lilo Baur, metteuse en scène

À l’occasion d’un stage pour acteurs au TGP, Jean-Yves Ruf, alors artiste associé du théâtre, propose à Lilo Baur d’animer un atelier autour des textes de Daniils Harms. Jean Bellorini rencontre ainsi cette metteuse en scène d’origine suisse qui a longtemps travaillé avec Simon McBurney et le Théâtre de Complicité. Intéressée par la physicalité des acteurs, Lilo Baur travaille sur le rythme, les ruptures, le langage du corps. Cette saison, le TNP produit la création de Two Old Women, récit du Grand Nord qui retrace l’histoire vraie de deux femmes âgées appartenant à une tribu nomade d’Alaska, abandonnées lors d’un hiver de famine…

Margaux Eskenazi, metteuse en scène

Directrice d’une compagnie montée il y a maintenant treize ans, Margaux Eskenzai travaille sur les questions de territoire et d’identité française. En tant que directrice de la Compagnie Nova, fortement ancrée en Seine-Saint-Denis, il était évident qu’elle rencontre Jean Bellorini, alors directeur du Théâtre Gérard Philipe. Conscient du manque de représentation des minorités sur les plateaux et de la dimension politique que revêt l’acte de programmation, Jean Bellorini a toujours eu à cœur de mettre en valeur des spectacles qui prennent en compte et respectent ces interrogations. Le travail de Margaux Eskenazi, qui mêle un propos politique à une recherche esthétique, retient particulièrement son attention. Au TGP, il accueille le diptyque « Écrire en pays dominé ». Arrivé à la direction du TNP, il décide de poursuivre sa collaboration avec cette jeune artiste passionnée et passionnante.

Thierry Thieû Niang, metteur en scène et chorégraphe

Impressionné par la liberté corporelle que Thierry Thieû Niang parvient à déceler chez tout un chacun, Jean Bellorini lui propose d’accompagner le travail mené avec la Troupe éphémère. Sa faculté à donner de la liberté aux artistes avec qui il travaille est exceptionnelle. De 2014 à 2019, Jean Bellorini et Thierry Thieû Niang ont ainsi dirigé une centaine d’amateurs au Théâtre Gérard Philipe. Tous ces projets et leur aboutissement – les représentations – révèlent la beauté des humains qui les font exister et la force d’être ensemble sur une scène de théâtre, face à un public. En 2018, Jean Bellorini et Thierry Thieû Niang créent ensemble Les Sonnets, un spectacle puisant à la source de la poésie shakespearienne, avec 23 jeunes, âgés de 8 à 20 ans, originaires de Saint-Denis et ses environs. Une alchimie particulière opère, les adolescents saisissent l’esprit et le souffle du poète. Quelque chose se produit, dans la clarté de leurs voix et de leurs corps dansants. En l’invitant à rejoindre l’aventure du TNP, Jean Bellorini entend poursuivre leur belle collaboration. Pour cette première saison, Thierry Thieû Niang rejoint l’équipe du Jeu des Ombres en tant que collaborateur artistique, et joue dans Two Old Women de Lilo Baur. Le TNP soutiendra également les projets personnels de ce chorégraphe à la sensibilité inouïe.

Sonia Wieder-Atherton, compositrice, violoncelliste

Il y a quelques années, Sonia Wieder-Atherton expérimente pour la première fois la conduction d’un atelier de pratique artistique au Théâtre Gérard Philipe. Elle crée avec un groupe de lycéens une bande sonore originale autour du thème de l’odyssée, mise ensuite en espace. Jean Bellorini remarque la grande délicatesse de son travail. Depuis, elle a renouvelé cette expérience auprès d’autres groupes, dans d’autres villes (Lille, festival international d’Art lyrique d’Aix-en-Provence, festival d’Avignon). Au TNP, Jean Bellorini l’invite à poursuivre son travail de transmission et bien sûr, à jouer. Elle est l’un des piliers de ce nouveau TNP sensible et musical.

André Markowicz, auteur, traducteur

André Markowicz est de ces personnes qui, par leur érudition et leur générosité, éclairent leurs proches. Pour Jean Bellorini, traverser les Frères Karamazov et Eugène Onéguine à ses côtés a été l’occasion d’une rencontre empreinte d’enthousiasme et de respect. Pédagogue, il mène des ateliers remarquables avec des lycéens vierges de toute connaissance de l’art de la traduction. Il peut les embarquer dans des univers littéraires aussi divers que ceux d’Ossip Mandelstam, de Tu Fu (poète chinois du VIIIe siècle !) ou d’Arthur Rimbaud. Les élèves se mettent à traduire, passionnément. Ils saisissent immédiatement ce que l’art permet de faire : exprimer un regard singulier sur le monde. Pour Jean Bellorini, sa présence au cœur de la saison est indispensable pour donner vie à son théâtre placé sous le signe de la transmission et de l’éducation.

Serge Bloch, dessinateur

Serge Bloch a dessiné les affiches du Théâtre Gérard Philipe pendant six saisons. Dès la saison 2020-21, Jean Bellorini lui demande de dessiner celles du TNP. En ajoutant l’illustration à la charte graphique du théâtre, Jean Bellorini souhaite s’adresser à un public plus large, rendre moins hermétiques, moins impressionnants les messages que le théâtre inscrit dans la ville et sur le web. Le trait de Serge Bloch est fin, percutant, souvent drôle et recèle en même temps une grande force poétique. Le graphiste Philippe Delangle, de l’agence Dans les villes, s’associera à Serge Bloch pour concevoir la charte graphique et la décliner sous tous ses aspects (print, web, réseaux sociaux, etc.). Serge Bloch et Philippe Delangle conservent l’esprit de l’identité graphique du TNP, notamment son célèbre logo, tout en donnant, par l’apparition des dessins, par une réflexion sur la typographie, les couleurs et les formats, un signe clair de renouveau.

Jacques Grison, photographe

En 2018, Jacques Grison se faufile entre les murs du Théâtre Gérard Philipe. Il travaille à une série de photographies qui rendent grâce aux petits secrets de ce lieu. Le mur de fond de scène abîmé par les années, le geste évanescent d’un comédien en répétition, le coup d’œil du metteur en scène sur la lumière qui se répand sur le plateau… Son regard plein de finesse se dépose sur des fragments, des instants qui échappent parfois aux acteurs du lieu eux-mêmes. Jean Bellorini l’invite à poursuivre cette recherche artistique au TNP. Dès ses débuts professionnels en tant qu’éducateur spécialisé dans une unité de pédopsychiatrie, Jacques Grison interroge le langage, les signes et « l’à peine perceptible ». Depuis, il mène un long parcours de photographe pour la presse magazine et les institutions, en observateur attentif des personnes les plus vulnérables. Il veut montrer qu’un autre monde existe, plus discret, plus fragile, parfois inquiétant pour celui qui le tient à distance.
Jacques Grison est actuellement en résidence dans l’ancien asile de Ville-Evrard « en compagnie » d’Antonin Artaud ; son travail est représenté par la galerie Lazarew à Paris, il est publié, exposé et collectionné en France et à l’étranger.