TNP Villeurbanne

04 78 03 30 00

Victor ou les enfants au pouvoir

Victor, le jour de ses neuf ans, soupçonne son père d’avoir une relation adultérine. En multipliant les gags burlesques, la pièce donne à voir une série de mauvais tours fomentés par cet enfant d’une exceptionnelle lucidité, grand de deux mètres ! Alors qu’il mène rondement le jeu, pressé de faire jaillir la vérité et qu’il jubile, sûr de parvenir à ses fins, il est à mille lieues de soupçonner ce qu’il va apprendre…

À propos

Création

Le jour de ses neuf ans, Victor, qui soupçonne son père d’avoir une relation avec la femme de son meilleur ami, dénonce l’hypocrite comédie qui se joue quotidiennement dans le cercle familial. En brisant le précieux vase de Baccarat, il accomplit un geste prémonitoire. Son père cassera, peu après, un second vase, matérialisant ainsi l’éclatement de son couple. Malgré la mort, qui d’emblée plane sur les personnages, la pièce multiplie les gags burlesques et donne à voir une série de mauvais tours fomentés par Victor. Doté d’une exceptionnelle lucidité, cet enfant de « deux mètres et terriblement intelligent » mène rondement le jeu, pressé de faire jaillir la vérité. Chaque protagoniste devient sa cible. Alors qu’il jubile, sûr de parvenir à ses fins, il est à mille lieues de soupçonner ce qu’il va apprendre. Après avoir réglé ses comptes avec les autres, c’est à présent avec lui-même qu’il doit le faire. La farce vire au drame. Totalement déstabilisé par sa découverte, ce n’est ni dans l’exaspérante passivité d’une mère, ni dans l’irresponsabilité d’un père absent qu’il peut espérer trouver un appui. Le dénouement sanglant, annonce, avant l’heure, ce « théâtre de la cruauté » cher à Artaud qui en fut le premier metteur en scène. Pour lui, cette pièce fait preuve « d’un esprit d’anarchie profonde, base de toute poésie ».

Photo : Flaunter.com (DR)

Biographies

Roger Vitrac

Roger Vitrac, poète et dramaturge, est né en 1899 et décédé en 1952. Il publie sa première pièce, Le Peintre, en 1921 et rejoint la même année le groupe des surréalistes, duquel il sera exclu sept ans plus tard. C’est au sein de cette mouvance qu’il écrit ses trois recueils de poèmes, La Lanterne noire (1925), Cruautés de la nuit et Humoristiques (1927), ainsi que le récit poétique, Connaissance de la mort (1926). Bien qu’étant séparé du mouvement surréaliste, il n’aura de cesse de jouer avec les thèmes de l’inconscient et de l’enfance. Il se lie d’amitié avec Antonin Artaud, avec qui il fondera en 1926 le Théâtre Alfred Jarry. C’est en son sein que seront créées les pièces Les Mystères de l’amour et Victor ou les enfants au pouvoir. Cette dernière fait partie d’un cycle de pièces, avec Le Coup de Trafalgar et Le Sabre de mon père, inspirées de souvenirs autobiographiques et résolument à charge contre la société bourgeoise. C’est avec la mise en scène de Victor ou les enfants au pouvoir en 1962 par Jean Anouilh, que l’auteur obtiendra à titre posthume de la notoriété, la pièce devenant alors un classique.

Christian Schiaretti

Christian Schiaretti, metteur en scène, pédagogue, succède à Roger Planchon à la tête du TNP en 2002. De 1991 à 2002, il est directeur de la Comédie de Reims. Au TNP, il présente Mère Courage et ses enfants et L’Opéra de quat’sous de Bertolt Brecht, Père, Mademoiselle Julie et Créanciers de August Strindberg, L’Annonce faite à Marie de Paul Claudel, 7 Farces et Comédies de Molière, Philoctète de Jean-Pierre Siméon, trois pièces du Siècle d’or, les cinq premières pièces du Graal Théâtre de Florence Delay et Jacques Roubaud, Mai, juin, juillet de Denis Guénoun (Festival d’Avignon 2014), Le Roi Lear de William Shakespeare, Bettencourt Boulevard ou une histoire de France de Michel Vinaver, Ubu roi (ou presque) de Alfred Jarry, Électre, Antigone et Ajax, de Jean-Pierre Siméon, La Tragédie du roi Christophe de Aimé Césaire… Ses spectacles, Coriolan de William Shakespeare, 2006, Par-dessus bord de Michel Vinaver, 2008, et Une Saison au Congo de Aimé Césaire, 2013, ont reçu de nombreux prix. Pour l’inauguration du nouveau Grand théâtre, il crée Ruy Blas de Victor Hugo, le 11 novembre 2011. Christian Schiaretti, très attaché à un théâtre de répertoire, reprend régulièrement ses créations avec ses comédiens.

Distribution

Avec Olivier Balazuc, Olivier Borle, Philippe Dusigne, Ivan Hérisson, Safourata Kabouré, Clémence Longy, David Mambouch, Corinne Martin, Juliette Rizoud, en cours …

scénographie Fanny Gamet
lumières Julia Grand
costumes Mathieu Trappler
maquillage et coiffures Françoise Chaumayrac
assistanat à la mise en scène Yolanda Mpele

production Théâtre National Populaire

Interview vidéo

En lien avec le spectacle

  • Prélude « Subvertir la langue avec Vitrac »
    Vendredi 8 mars à 19h, la découverte d’une œuvre, de son auteur, de l’histoire sous une forme accessible à tous. Traduit en Langue des Signes Française.
    En savoir plus
  • Résonance « Victor, le cruel jeu surréaliste » Lundi 11 mars à 18h30 à l’Université Lumière Lyon 2, campus Berges du Rhône. En savoir plus
  • Disputatio
    Jeudi 14 mars à l’issue de la représentation. Un espace dans lequel chacun peut dire, entendre, questionner, objecter la lecture d’un spectacle animé par deux psychanalystes, membres de l’Association lacanienne internationale, Lyon.
    En savoir plus
  • Rencontre après spectacle
    Jeudi 21 mars à l’issue de la représentation, nous vous invitons à rencontrer des membres de l’équipe artistique.
  • Théâtromôme : Atelier philosophique puis goûter
    Dimanche 24 mars à 15h30. Pendant que les parents assistent au spectacle, les enfants sont accueillis dans un atelier en lien avec l’activité théâtrale.
    En savoir plus
  • Audiodescription
    Les personnes malvoyantes ou non-voyantes peuvent suivre en direct la description du spectacle au moyen d’un casque à haute fréquence. La représentation est précédée d’une approche tactile du décor.
    Pour bénéficier de ce dispositif d’accompagnement, il est nécessaire de se signaler lors de la réservation des places.
    Dimanche 24 mars 2019 à 15h30.
    En savoir plus