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Journal d’un disparu

Ce cycle de vingt-deux chants pour ténor et mezzo-soprano, trois voix de femmes et piano, raconte l’histoire d’un paysan épris d’une jeune tsigane. Guidé par le feu qui le ronge, le jeune homme brave les interdits, rompt avec les siens et se défait de ses préjugés pour suivre cette femme incandescente qui «se promène à la tombée de la nuit.»

À propos

spectacle en tchèque, surtitré en français

Cette œuvre raconte l’histoire d’un paysan qui, épris d’une jeune tsigane nommée Zefka, s’exile de son village et disparaît dans « la nuit du désir ». Guidé par ce feu qui le ronge, le jeune homme brave les interdits, rompt avec les siens et se défait de ses préjugés pour suivre cette « noire tsigane », cette femme incandescente qui « se promène à la tombée de la nuit. » Il y a chez Leoš Janáček une résonance personnelle à cet amour : le compositeur reconnaît dans cette histoire sa flamme pour sa muse, Kamila Stösslova, une jeune femme de trente-huit ans sa cadette, pour laquelle il nourrit une passion dévorante. Mais le Journal d’un disparu est aussi une réflexion sur la liberté et l’identité : le narrateur et futur Disparu, happé par «l’abîme sans fond» des yeux de Zefka, offre le récit d’une émancipation face à l’ordre établi, d’un changement de point de vue sur une société qui rejette le peuple tsigane – ces étrangers associés à la nuit. En filigrane, Leoš Janáček s’affranchit de la peur et découvre un peuple stigmatisé, à la fois objet de fascination et de rejet, dont la culture est encore méconnue. Et la musique, qui touche à l’essentiel, donne à cette histoire intime, écrite en dialecte morave, une dimension étonnamment universelle.

Zápisník zmizelého, cycle de vingt-deux chants pour ténor et mezzo-soprano soli, trois voix de femmes et piano, 1921. Poèmes attribués à Josef Kalda.
Journal d’un disparu est complété par une pièce de Annelies Van Parys composée en réponse à cette œuvre.

En partenariat avec L’Opéra de Lyon

© Jan Versweyveld

Biographies

Leoš Janáček

Leoš Janáček, compositeur tchèque né en 1854 et mort à Ostrava en 1928, exerce d’abord le métier d’instituteur et de maître de musique puis étudie l’orgue à Prague et aux conservatoires de Leipzig et de Vienne. En 1887, il compose son premier opéra, Sarka. Il est nommé secrétaire du département des études folkloriques à Prague, rassemble et révise de nombreuses mélodies populaires et compose des œuvres inspirées de cette culture. Il s’intéresse aussi aux traditions russes et polonaises et s’engage contre la monarchie. En 1916, Janáček acquiert une renommée internationale grâce à la version remaniée de son opéra Jenufa. Il compose ses autres chefs-d’œuvre , les opéras Katja Kabanova, La Petite Renarde rusée, L’Affaire Makropoulos, De la Maison des morts.

Ivo van Hove

Ivo van Hove, directeur artistique depuis 2001 du Toneelgroep Amsterdam, l’une des compagnies théâtrales les plus inventives d’Europe, a mis en scène une centaine de spectacles, parmi lesquels figurent aussi bien des pièces du répertoire classique et contemporain que des opéras et des adaptations de romans et de films. Dans son répertoire, Shakespeare, Molière, Goldoni, Schiller, Ibsen, O’Neill, Camus, Miller, Koltès, Duras, Müller, Jon Fosse ou encore Tony Kushner côtoient Verdi, Wagner, Berg ou Mozart, mais aussi Visconti, Pasolini, Bergman ou Cassavetes. En 2012, il a créé Macbeth de Verdi à l’Opéra de Lyon. L’année passée, on a pu voir sa version pour la scène des Damnés au Festival d’Avignon, dans la Cour d’honneur. Pour son spectacle Vu du Pont de Arthur Miller, il a obtenu le Grand Prix de la Critique pour le meilleur spectacle de l’année 2016.

Distribution

avec
Hugo Koolschijn acteur
Marie Hamard mezzo-soprano
Ed Lyon ténor
Lada Valesova pianiste

scénographie Jan Versweyveld
dramaturgie Krystian Lada
costumes An D’Huys

production de Muziektheater Transparant
coproduction Klarafestival, La Monnaie / de Munt, Kaaitheater, Toneelgroep Amsterdam, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, Opera Days Rotterdam et Poznan Grand Theatre
en coréalisation avec le Théâtre National Populaire

création à La Monnaie de Bruxelles, mars 2017

Interview vidéo