Résidences et projets de territoire

Pour permettre la rencontre entre une équipe artistique et un territoire, avec ses habitants, ses histoires et ses cultures, le TNP crée des projets artistiques qui sortent des sentiers battus !

À Villeurbanne

Le Turak Théâtre et l’atelier itinérant

À l’occasion de la candidature heureuse de Villeurbanne au label « Capitale française de la culture », la compagnie KomplexKapharnaüm et le TNP ont mené conjointement une réflexion sur la présence artistique en milieu scolaire. Ainsi est né l’atelier itinérant, un objet architectural installé au sein d’un l’établissement et capable d’accueillir une équipe artistique.
Pendant trois mois, de janvier à mars 2022, les artistes du Turak Théâtre pourront ainsi prendre leurs quartiers dans l’une des écoles de la ville. Ils feront connaitre aux enfants et à tous ceux qui les entourent les extraordinaires recoins de la Turakie… Des petits liens ou de grandes surprises s’inventeront en écho à cette rencontre insolite entre des artistes et des enfants.

 

La compagnie Nova au lycée Marie Curie de Villeurbanne

Margaux Eskenazi et Alice Carré entament une résidence autour du projet de création 1983, qui prend pour point de départ l’événement historique de la Marche pour l’égalité et contre le racisme de l’été 1983. Survenue suite aux violences policières dans le quartier des Minguettes à Vénissieux, cette marche insuffla l’espoir d’une reconnaissance sociale pour des générations d’immigration. Pour la compagnie Nova, c’est la source d’une réflexion sur les identités françaises et les transmissions mémorielles de notre société.
La compagnie mènera plusieurs semaines d’ateliers avec les lycéens. Entre ateliers d’écriture et de jeu, les élèves découvriront cette histoire avant de la transmettre à leur tour.
Parallèlement, Margaux Eskenazi travaillera avec de jeunes acteurs et actrices de la région afin de créer une courte variation du spectacle. Cette petite forme aura pour ambition d’être représentée dans les lycées ou d’autres lieux en dehors du théâtre.

 

Théâtre à St-Jean

Depuis deux ans, Pauline Coffre, comédienne et metteure en scène, accompagne un groupe de femmes du quartier de St-Jean à Villeurbanne. À partir d’improvisations, elles explorent leurs vies dans le quartier, en famille, entre familles, entre filles, mères, grand-mères, entre les époques et les générations. Il est question de numérique, de langue, de religion, de diner, du centre social…
Accompagnées par Wahid Chaïb, artiste et animateur du centre social du quartier, elles partageront leur expérience théâtrale.

Rendez-vous le samedi 30 octobre à 15h et 19h30.
Gratuit sur réservation auprès du Centre d’Animation St-Jean-Villeurbanne ou de Sarah Sourp

Cette semaine sera l’occasion d’un focus sur l’histoire du quartier et de ses habitants :
Mercredi 27 octobre 2021 à 19h30 – présentation du documentaire Histoires de Mémoires (26 mn) réalisé par Wahid Chaïb & Arnaud-Emmanuel Veron.
Production : Le centre d’Animation Saint Jean-Villeurbanne – Les Parrains Production

Ce film part du principe que la mémoire peut être le moyen de réunir et de mieux comprendre son territoire. Dans ce documentaire des seniors se livrent, nous parlent de l’histoire de leur quartier et de sa création, de leurs engagements dans les années 70. Ils nous donnent leur sentiment sur l’évolution depuis leur arrivée à nos jours. Elles nous fournissent des clés pour comprendre la vie des personnes âgées dans un quartier populaire. Des invisibles parmi les invisibles.

 

Mi/Parcours

Fort d’une riche expérience lors du projet « Lieux secrets de l’Occupation à Villeurbanne » (2015-2017) autour de paroles de personnes « ayant connu la guerre étant jeunes », le groupe constitué prolonge son action autour d’un nouveau projet collectif dédié aux paroles de personnes « ayant connu la migration étant jeunes ».
Chaque partenaire apporte au projet ses ressources, ses réseaux et ses savoir-faire : le Rize, l’Interquartiers mémoire et patrimoine, En acte(s), Tillandsia et Le TNP.

Entre septembre 2020 et avril 2021, trente-quatre Villeurbannais et Villeurbannaises âgés de 6 à 82 ans ont raconté leur arrivée à Villeurbanne après un parcours migratoire. Ils sont venus d’Albanie, d’Algérie, de Colombie, d’Espagne, d’Italie, du Kosovo, du Pakistan, du Soudan, de Roumanie, de Tchétchénie, d’Ukraine… Ils ont pour point commun d’avoir posé leurs valises à Villeurbanne durant leur enfance. Ils évoquent leurs premières sensations en découvrant ce nouveau cadre de vie, les joies et les peines liées à l’exil, la construction de leur avenir. À partir de ces récits, deux courtes formes théâtrales ont été écrites par deux autrices puis mises en scène. En savoir plus

 

Lâchés dans la nature
Résidence Ville Les Non-Alignés

en partenariat avec la Ville de Villeurbanne, le Centre Social de Cusset, et le théâtre de l’IRIS

Une résidence de quartier permet d’inscrire une expérience artistique dans la durée et au plus proche des habitants. Cette démarche expérimentale d’action culturelle favorise la rencontre entre les habitants, les artistes, une œuvre et un processus de création, en impliquant tous les acteurs de terrain (scolaires, sociaux, culturels, associatifs).
En 2020-2021, les ateliers menés sur le territoire par la compagnie Les Non Alignés ont été accompagnés par un processus d’enquête et d’écriture. D’un travail qui avait pour thème et pour mot d’ordre : « Lâchés dans la nature ! », la compagnie a tiré un spectacle épique écrit par Antoine Villard et mis en scène par Clémence Longy : Sophonibe. Il sera présenté au TNP en avril 2022. En savoir plus

Ailleurs sur le territoire

Présence(s)
La compagnie Le Doute est permis au collège Elsa Triolet de Vénissieux

À travers l’adaptation du roman Présent ? de Jeanne Benameur par la comédienne et metteuse en scène Claire Pouderoux, la compagnie Le doute est permis souhaite donner, par le biais de la pratique théâtrale, l’opportunité à des élèves de quatrième et troisième du collège Elsa Triolet de Vénissieux d’interroger et d’explorer ce que signifie être collégien en France en 2021. Des notions aussi diverses que celles de choix, de volonté, de limite, d’échec, d’apprentissage ou de métamorphose seront autant de points de départ aux situations de jeu.

Que vient-on faire à l’école ? Que vient-on y apprendre et comment ? Présent interroge notre rapport à l’école, à l’apprentissage, à la réussite. Alors on apprend pour avoir de bons résultats, sans parfois même comprendre. Comprendre, en latin, signifie « prendre avec soi ». Ça, c’est une professeure de français qui me l’a appris. Sinon, je n’ai presque rien pris avec moi. Pourtant j’étais une bonne élève.
Si je ne viens pas à l’école pour avoir de bonnes notes, je viens y faire quoi ? « On vient à l’école pour apprendre, pour avoir les félicitations, mais on apprend quoi ?
Qu’y a t-il à venir chercher au collège, en dehors des résultats sur le bulletin ? C’est la question qu’explore Jeanne Benameur avec ce roman. Il raconte aussi comment les rencontres peuvent nous forger, nous donner de la force. Est-ce que l’école ne pourrait pas être le lieu de l’émancipation, de la réalisation de soi ?

Projet accompagné par la Fondation d’entreprise Casino dans le cadre de son programme « Artistes à l’école ».

Que ma joie demeure
Résidence dans le Haut-Lignon
avec Clara Hédouin – Collectif 49 701

Poursuivant son exploration des formes épiques, Clara Hédouin initie un chantier autour du roman de Jean Giono Que ma joie demeure. La Communauté de Communes du Haut-Lignon et le TNP associent les habitants du territoire au processus de création, à travers une immersion des artistes du Collectif 49 701. Des temps de rencontres, de médiation et de transmission jalonneront cette résidence, avant la présentation de la création de la Compagnie.

Le texte original de Jean Giono fait écho à bien des égards au plateau Vivarais-Lignon : sa géographie, sa faune, sa flore, la tradition paysanne et agricole. Dans cette adaptation du roman, la marche des spectateurs alterne avec les scènes jouées par les acteurs – des « tableaux » directement extraits du roman de Giono. Les scènes sont chorales mais franchement incarnées, chaque acteur jouant plusieurs des personnages et changeant de costume en quelques secondes. Alternant actions et descriptions, les comédiens et comédiennes seront à la fois personnages et conteurs, faisant le lien entre l’histoire contée et les paysages qui se déploient aux alentours. Par ce dispositif, le Collectif 49 701 s’interroge : est-il possible, par la simple voix des comédiens, par la voie du théâtre, de fabriquer en direct une relation au monde vivant ? De pointer vers l’idée d’une cohabitation avec ce qui est parfois désigné comme « sauvage » ? Et inversement, est-il possible d’ensauvager la forme théâtrale ? Que ma joie demeure sera un laboratoire pour éprouver ces questionnements.

Contact

Sarah Sourp
+33 (0)4 78 03 30 83
s.sourp@tnp-villeurbanne.com

Cécile Le Claire
+33 (0)4 78 03 30 08
c.leclaire@tnp-villeurbanne.com